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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 05:01

Serge Halimi revient sur le souhait du président Biden d’affaiblir la Russie, de la saigner, en fait:  « En février dernier, quelques jours avant l’invasion russe, le président Joseph Biden a intimé aux Américains de quitter l’Ukraine dans les quarante-huit heures. Depuis, les États-Unis sont revenus dans ce pays, mais autrement. Sans risquer la vie d’un seul soldat, ils profitent de la succession de catastrophes provoquées par le président Vladimir Poutine pour engranger les percées stratégiques : une Russie durablement affaiblie ; une Chine embarrassée par les déboires de son voisin ; une Alliance atlantique renforcée par l’adhésion prochaine de la Suède et de la Finlande ; une moisson de contrats pour les exportateurs américains de céréales, d’armes, de gaz ; des médias occidentaux qui reprennent en cadence la propagande du Pentagone. Pourquoi les stratèges américains souhaiteraient-ils qu’une guerre aussi providentielle s’achève ?

 

Ils ne le souhaitent pas. Depuis quelques semaines, on dirait même que la seule conclusion du conflit à laquelle les États-Unis consentiraient vraiment serait un triomphe romain des armées occidentales à Moscou, avec M. Biden à la tribune et M. Poutine dans une cage de fer. Et pour réaliser leur objectif désormais proclamé, « affaiblir la Russie », la saigner en vérité, les États-Unis ne lésinent plus sur les moyens : livraison d’armes plus offensives et plus sophistiquées à l’Ukraine, assistance probable à ce pays afin qu’il puisse localiser et liquider des généraux russes, voire couler le navire amiral de leur flotte. Sans compter que, depuis trois mois, le Congrès américain a déjà voté 54 milliards de dollars d’aide à Kiev, soit plus de 80 % du budget militaire russe. »

 

 

Aurélien Bernier dévoile la face cachée des sommets de la Terre : « Alors que les températures atteignent des records en Inde et au Pakistan, où le mercure a flirté avec les 50° C pendant plusieurs jours, les Nations unies organisent, les 2 et 3 juin en Suède, une vaste conférence internationale sur l’environnement. Son titre, « Stockholm + 50 », souligne le temps perdu depuis le premier sommet de la Terre, en 1972, pour engager la lutte contre le changement climatique. »

 

 

Le dossier du mois est consacré à la guerre de l’énergie. Avec un article de Mathias Reymond et Pierre Rimbert : « Impatients de renoncer aux combustibles russes pour asphyxier le Kremlin, les pays européens ont improvisé des solutions de rechange. Ils paient désormais leur impréparation : envolée des prix, ralentissement économique, nouvelles allégeances diplomatiques. Les États-Unis, eux, se frottent les mains… »

 

 

 

Evelyne Pieiller nous parle du bon usage de l’ennemi : « Qu’est-ce qu’une démocratie libérale ? L’histoire récente, marquée par ce qui est qualifié de « crise », a vu ce type de régime en appeler à la dénonciation des extrêmes, et utiliser la peur pour recourir à diverses modalités de l’état d’urgence. Ce penchant autoritaire n’est-il que conjoncturel, ou serait-il intrinsèque à un libéralisme à la fois politique et économique ? »

 

 

 

Anne Vigna  nous emmène au bout de la Transamazonienne : « C’est la troisième route la plus longue du Brésil : l’équivalent de la distance entre Lisbonne et Helsinki. Mais une route inachevée, dont une partie n’a jamais connu le bitume. Projet pharaonique lancé au début des années 1970, la Transamazonienne devait relier le Brésil à l’océan Pacifique. Elle a surtout apporté les flammes qui dévorent la grande forêt sud-américaine. »

 

 

Heikki Patomäki  estime que la Finlande et  la Suède ont brisé l’idéal nordique : « En attaquant l’Ukraine pour l’empêcher de rejoindre un jour l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), le président russe Vladimir Poutine vient de précipiter la Suède et la Finlande vers l’Alliance atlantique. L’abandon de leur neutralité, qui était encore plébiscitée par la population il y a six mois, conduit ces deux pays nordiques à renoncer à ce qui faisait une partie de leur identité. »

 

William Bourdon  se demande si on peut légiférer contre les invasions armées : « En quelques décennies, la justice pénale internationale a accompli de considérables progrès, ne laissant théoriquement aucun chef d’État ou dignitaire soupçonné de crimes de masse hors d’atteinte de son glaive. Immense ambition pour l’humanité, elle reste cependant entravée et sujette aux accusations de partialité. Les responsables de la guerre en Ukraine seront-ils jugés ? »

 

 

Quand la gauche russe se déchire sur l’Ukraine (Ilya Budraitskis ) : « Portée par de bons résultats aux élections législatives de septembre 2021, une nouvelle génération d’élus communistes espérait devenir la principale force d’opposition au Kremlin. C’était avant la guerre. Depuis, leur direction encourage les opérations armées en Ukraine tout en évinçant les dissidents. En dehors du Parlement, des militants de gauche continuent le combat. »

 

Pour Christelle Gérand, la Fondation Gates sème la faim : « Jugeant la crise alimentaire imminente en raison de la guerre en Ukraine, la Banque africaine de développement a approuvé, le 23 mai, un plan d’urgence pour augmenter la production continentale. Dicté par les circonstances, ce choix productiviste, à base de « semences et engrais améliorés », conforte le tropisme agro-industriel des grands donateurs, parmi lesquels la Fondation Gates. »

 

 

Khaled Al-Khaled et Adlene Mohammedi   évoquent, au Yémen, les si précieux Frères musulmans : « Le parti Al-Islah, souvent décrit comme la branche yéménite des Frères musulmans, est la force militaire indispensable au camp dit « loyaliste », qui combat les houthistes depuis 2014. Mais le vent tourne. La perspective d’un retour durable à la paix et la volonté des Émirats arabes unis de marginaliser cette mouvance la placent sur la défensive, tant sur le plan politique que militaire.

 

 

L’Irlande du Nord se dirige-t-elle vers l’indépendance (Daniel Finn) ? : « Depuis la victoire du Parti national écossais (SNP) aux élections législatives du 6 mai 2021, l’idée de l’indépendance écossaise préoccupe Londres. Les autorités d’Édimbourg ont promis un référendum avant 2023. Les logiques centrifuges s’accumulent également de l’autre côté de la mer d’Irlande, où, en position de force, le Sinn Féin promet de soumettre la question de l’unité de l’île d’Émeraude au vote avant dix ans. »

 

Ipour Yuta Yagishita, les yakuzas sont sur le déclin : « Longtemps, la mafia nippone a fait partie de la légende. Avec l’arrêté visant à les exclure de la société et le renforcement des contrôles de la police, le nombre de yakuzas a chuté de 70 % en quinze ans. Ils ont même de plus en plus de mal à subsister. En perdant leurs liens avec les dirigeants économiques et politiques, ils ont abandonné le « code d’honneur » qui faisait leur réputation. »

 

 

Selim Derkaoui met le doigt sur les cancers professionnels qui tuent en silence : « Si le scandale de l’amiante est désormais connu, d’autres, qui concernent également la santé des salariés, restent enfouis. Le patronat y veille. Ainsi, faire reconnaître un cancer professionnel relève souvent du parcours du combattant. Mais des médecins du travail, des oncologues, des chercheurs de Seine-Saint-Denis regroupent leurs compétences pour aider les malades. »

 

 

Le collectif de recherche citoyenne sur les cahiers de doléance dénoncent les cahiers de la colère : « Alors que M. Emmanuel Macron a été réélu après n’avoir attiré que 20 % des inscrits au premier tour du scrutin présidentiel, les institutions de la Ve République arrivent à bout de souffle. En 2019, la révolte des « gilets jaunes » avait été un coup de semonce. Mais les cahiers de doléances qui l’ont suivie sont restés dans les cartons. Des chercheurs et des citoyens les ont dépouillés. Qu’y trouve-t-on ? »

 

 

Pour Damien Lefauconnier, l’actuelle réforme sur le chômage est dévastatrice : « Nommée première ministre le 16 mai dernier, Mme Élisabeth Borne avait sept mois plus tôt mis en place une réforme de l’assurance-chômage qui entraîne une baisse importante des allocations pour de nombreux demandeurs d’emploi. Présentées comme un moyen de lutter contre les contrats courts, les nouvelles règles pénalisent d’abord ceux qui les subissent, a fortiori s’ils ont connu une baisse d’activité. »

 

 

Le Monde Diplomatique (274)

Pascal Corazza  nous parle du son au cinéma : « À l’heure où la fiction sonore « Calls » connaît un grand succès à la télévision, le son demeure le parent pauvre d’une création cinématographique qui privilégie l’image et la musique tout en redoutant le silence. Pourtant, des réalisateurs d’envergure ont compris l’importance du travail sur les intonations dans les dialogues, les bruits et les ambiances. Pour eux, le son d’un film se pense en amont. »

 

 

David Garcia analyse les approches des journalistes Vincent Hervouet et Pierre Haski : « Vingt avril 2022. Finalistes de l’élection présidentielle française, M. Emmanuel Macron et Mme Marine Le Pen débattent à la télévision entre les deux tours. « Vous parlez à votre banquier quand vous parlez à la Russie, Mme Le Pen ; vous dépendez du pouvoir russe », tance M. Macron, en référence au prêt bancaire accordé par une banque russe au Front national, en 2015. Atlantiste et militant de l’Union européenne, le chroniqueur géopolitique de France Inter, Pierre Haski, salue le lendemain la « punchline » du président sortant. Ce dernier aurait « réussi à jeter le doute sur l’autonomie réelle de Marine Le Pen vis-à-vis du pouvoir russe, malgré sa condamnation de l’invasion de l’Ukraine ». Conservateur et nationaliste, l’éditorialiste international d’Europe 1 Vincent Hervouët tient un discours opposé : « Alors est-ce qu’une dette implique une dépendance ? On peut y croire ou on peut balayer la calomnie comme l’a fait Marine Le Pen en relevant que les services de renseignement le sauraient et le diraient, si les Russes dictaient sa ligne politique au Rassemblement national. »

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