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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 05:40
 

Par Daniel Gluckstein 

« Et si les salariés faisaient la révolution ? » : cette hypothèse est formulée dans une note de conjoncture publiée le 19 août par la banque Natixis* qui évoque «des inégalités de revenu toujours plus fortes, la déformation du partage des revenus en faveur des profits, la hausse de la pauvreté, la faible hausse du salaire réel depuis 2000 et la hausse de la pression fiscale ». Et le directeur de Natixis de s’inquiéter : « si les salariés se “révoltaient” », il en résulterait « une hausse rapide des salaires » pour les travailleurs, mais aussi « des effets très négatifs sur les détenteurs d’obligations ».

 

Inquiets, les banquiers ne disent finalement pas autre chose que ce que Karl Marx a établi en son temps : la lutte de classe est le moteur de l’histoire. Insensibles aux discours des prétendus Bonaparte « au-dessus des classes » et « fédérant le peuple» autour d’eux, les banquiers de Natixis savent qu’à force d’aggraver l’exploitation et de créer de plus en plus de misère il arrive un moment, un peu plus tôt, un peu plus tard, où la marmite explose.

 

Cette issue étant inéluctable, les travailleurs n’auraient-ils rien d’autre à faire qu’à attendre ? Certainement pas !

 

Car chaque jour qui passe, la situation s’aggrave. Chaque jour qui passe, le gouvernement frappe.

 

Il y a les ordonnances, les menaces sur la Sécurité sociale, l’austérité, les licenciements. Et maintenant, la suppression de 160 000 contrats aidés ! La Voix du Nord rapporte que dix-sept des trente agents de propreté urbaine de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), employés en contrat aidé, voient leur contrat non renouvelé. Ils touchent 680 euros par mois pour 20 heures de travail. 680 euros ? C’est trop ! Ces agents ramassent 50 tonnes d’ordures par mois ? Peu importe. Ils n’auront plus rien ? Peu importe. Supprimez, liquidez, ainsi le veut l’application des critères de Maastricht, la politique d’austérité.

 

La Voix du Nord note que « les petites grognes viennent en goutte à goutte s’ajouter à la rentrée sociale avec le risque de cocktail explosif ».

 

Mais ne nous le cachons pas, il y a aussi tous ceux qui s’arc-boutent pour que le couvercle reste en place, à coups de « dialogue social », de « concertation », de division, de journées d’action bidon.

 

Les banquiers s’inquiètent et disent aux actionnaires : préparez-vous, nous allons aux chocs les plus violents qui feraient peser une grave menace sur vos dividendes.

 

Travailleurs, préparons-nous lucidement, consciemment, aux combats qui viennent. Et organisons-nous pour surmonter les obstacles de ceux qui veulent maintenir coûte que coûte le couvercle sur la marmite.

 

 

Source

 

Natixis craint une révolution
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commentaires

A
M' est avis que Natixis n'a pas à se faire trop de mourant. Le système est bien verrouillé, efficace. La situation des plus défavorisés est maintenue à la limite de ce désespoir qui engendre les révolutions. Ainsi des lois sociales calibrées pour ne pas grever les plus riches, complétées par ces nouveaux bureaux de bienfaisance que sont toutes les associations caritatives. <br /> Quant au monde du travail, l'atomisation de la classe ouvrière via le recours, entre autres, à la soutraitance a supprimé les gros bataillons ouvriers qui faisaient la puissance de cette classe sociale. <br /> Preuves qui démontrent que le Capitalisme a retenu les leçons du passé.<br /> Ajoutons à cela le pilonnage non pas quotidien mais permanent du TINA et la déco alléchante et nous avons quelques raisons d' être pessimistes.<br /> Tout ça pour dire que le changement a peu de chance de venir de ce côté là. Cela évidemment n'écarte nullement la possibilité d'une étincelle imprévisible et indéterminée qui mettrait le feu aux poudres<br /> Évidemment j'espère me tromper.
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A
Mouron c'est mieux !