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19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 06:00

Cette lettre ouverte résume à merveille les erreurs graves commises par un prétendu spécialiste de l'éducation qui n'a que mépris pour les enseignants et l'École de la République.

 

Repris du site Le Café pédagogique

 

 

Monsieur, le vendredi 14 janvier 2022, vous avez déclaré « je ne suis pas parfait, je fais des erreurs… ». En tant que triple vaccinée, et donc faisant encore partie des citoyennes selon votre président, mais contaminée en milieu professionnel et donc amplifiant le taux d’absentéisme selon vos critères, je note une volonté communicationnelle de contrition. Je profite donc de ces quelques heures de bon sens pour vous dresser la liste de vos erreurs.

 

Pour avoir sous-estimé l’épuisement des personnels avant même l’épidémie, lors du suicide de notre collègue directrice d’école Christine Renon, je vous demande de vous excuser.

 

Pour avoir accusé les grévistes qui alertaient sur nos conditions de travail,  « d’instrumentaliser» le suicide professionnel de notre collègue Christine Renon, je vous demande de vous excuser.

 

Pour avoir fait une réforme du bac, qui a mis nos élèves dans une situation de stress continu, je vous demande de vous excuser.

Pour, de ce fait, avoir plongé les enseignant.es dans un état de stress permanent et dans une surcharge de travail sans précédent, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir créé cette folie de « Parcoursup », dont toutes celles et ceux qui l’ont pratiqué savent que c’est un outil de consolidation des injustices sociales et scolaires, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir fait une réforme de l’enseignement professionnel catastrophique, réduisant les heures de Français et Histoire/ Géographie à 2.5 heures en Terminale, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir soutenu une réforme des retraites qui réduisait nos pensions et envisageait de nous faire travailler au-delà de 65 ans, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir soutenu une politique de répression violente contre les lycéens qui défendaient leur bac, je vous demande de vous excuser.

Pour vous être rangé du côté des policiers qui ont laissé des enfants de Mantes-la-Jolie à genoux et mains dans le dos quatre heures durant, je vous demande de vous excuser.

 

Pour vous être rangé du côté des policiers qui ont laissé des enfants de Mantes-la-Jolie à genoux et mains dans le dos quatre heures durant, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir organisé des réformes, sans jamais vous soucier du terrain, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir rendu depuis deux ans de l’argent à Bercy, alors que l’Ecole de la République est exsangue, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir annoncé qu’il n’y aurait pas de fermeture des écoles la veille de l’annonce de la fermeture des écoles, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir laissé les familles de nos élèves des quartiers populaires dans une situation sociale catastrophique durant le premier confinement et sans interlocuteurs à qui s’adresser, et pour votre inaction actuelle, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir expliqué que des enfants souffraient des violences intrafamiliales et du choc psychologique durant les confinements, et cependant, les avoir fait reprendre sans soutien psychologique, sans cellule de crise et surtout sans renforcement des services sociaux ou de santé scolaire, je vous demande de vous excuser.

Pour nous avoir fourni des masques dangereux d’abord, puis inefficaces ensuite, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir dit que l’école était le lieu le plus sûr, sans jamais relancer un service de médecine du travail à la hauteur ni améliorer le service de santé scolaire, je vous demande de vous excuser.

 

Pour avoir jeté l’opprobre sur les salles de profs « gangrénées par les islamo-gauchistes », alors que nous commémorions la mort de notre collègue Samuel PATY, je vous demande de vous excuser.

 

Pour avoir laissé croire que nous pouvions gérer le distanciel, le présentiel, alors que nos services étaient « hackés par une cybe-rattaque d’ordre mondial», je vous demande de vous excuser.

 

Pour avoir fait comme si tout était normal sans jamais mesurer les impacts de cette pandémie mondiale sur notre jeunesse ou sur les personnels administratifs, de vie scolaire, enseignants, agents, etc., je vous demande de vous excuser.

Pour avoir sous-entendu que nous étions une profession absentéiste, alors que nous nous échinons jour après jour à maintenir debout un service d’éducation à genou, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir jeté le discrédit sur les organisations syndicales qui vous alertaient, tout en finançant dans le même temps, aux frais du ministère, les petites fêtes de votre syndicat lycéen maison, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir annoncé une cinquantaine de protocoles sanitaires, dont dix-neuf depuis deux mois, dans la presse plutôt qu’à vos services, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir saboté mon cours d’enseignement civique, avec vos affiches sur la laïcité, annonçant que la laïcité c’est de  « rire aux mêmes blagues » ou de « lire les mêmes livres », alors que c’est exactement l’inverse, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir obligé les familles à jongler depuis trois semaines avec les tests et protocoles, jouant les usagers contre les personnels, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir réduit le nombre de postes d’enseignants et d’AED dans mon établissement (et dans tous les établissements d’ailleurs), alors que le nombre d’élèves augmentait, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir été dans un colloque sur les soi-disant dangers du séparatisme, afin de vous pavaner au milieu de vos courtisans, alors que les parents faisaient la queue dans les pharmacies, se retrouvaient avec leurs enfants sur les bras, sans possibilité de déposer des congés « garde d’enfants » et que je faisais cours à des élèves malades, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir laissé dans une situation catastrophique la question de l’enseignement des élèves en situation de handicap. Abandonnant les enseignant.es et les accompagnant.es, ainsi que les familles et leurs enfants à des comptes d’apothicaires, se répartissant les aides à la demi-heure, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir parlé de tenue républicaine pour nos lycéennes, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir laissé penser à l’opinion publique que vous étiez la fermeté et la rigueur alors que nous étions de dangereux fainéants plaintifs qui devions signer une charte de la confiance, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir mis en doute notre attachement aux valeurs républicaines, je vous demande de vous excuser.

Pour avoir continué à geler le point d’indice, nous laissant avec des salaires parmi les plus bas de l’OCDE mais malgré tout un peu meilleurs que ceux de nos collègues contractuel.les, je vous demande de vous excuser.

Pour tergiverser encore et encore sur la fourniture de masques chirurgicaux, masques FFP2 en nombre, capteurs de CO2, purificateurs d’air mais aussi sur les allègements de programmes ou le report des épreuves de spécialité en bac, je vous demande de vous excuser.

Pour poursuivre imperturbablement votre entreprise de casse du service public de l’éducation, quand tout démontre qu’il faudrait au contraire le développer et le renforcer, je vous demande de vous excuser.

 

Aujourd’hui, on vous reproche dans les médias « le ton et la méthode », mais la liste est trop longue des faits concrets que les personnels vous reprochent. Les excuses, comme les applaudissements des soignant.es, ne permettent ni de payer les factures, ni de remettre sur pieds un vrai service public d’éducation. Mais je doute que vous ayez été nommé pour cela. Et puisqu’il est de bon ton d’utiliser des gros mots, je pense qu’il est temps « d’arrêter de nous emmerder ».

Cordialement.

 

 

 

Lettre ouverte à un imparfait
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commentaires

A
C'est vrai qu'à la lecture de cette longue liste, l'épisode Ibiza paraît anecdotique. <br /> Sauf que cet épisode est significatif non pas de la désinvolture comme on voudrait nous le faire croire mais du mépris de cet homme - et de toute cette équipe - pour tout ce qui n'est pas eux et de leur incompétence.<br /> Et concernant ce dernier point - pardon de me répéter - il serait très instructif, pour ceux qui ne l'aurait pas fait, de lire " l'étrange défaite ". Toute proportion gardée on ne peut s'empêcher de trouver des similitudes entre l'incompétence et le mépris des chefs militaires qui ont conduit à la débâcle et celles de nos dirigeants coupables du désordre considérable d'aujourd'hui face à la pandémie. <br /> Ensuite ce qui est remarquable chez ces malfaisants c'est la banalisation du mensonge. Je n'arrive pas à m'y faire. <br /> "Nous savons qu'ils mentent. <br /> Ils savent qu'ils mentent.<br /> Ils savent que nous savons qu'ils mentent.<br /> Nous savons qu'ils savent que nous savons qu'ils mentent.<br /> Et pourtant, ils persistent à mentir." <br /> Alexandre Soljenitsyne<br /> Le spectacle qu'il a donné hier au 20H de TF1 est pitoyable. Nous avons eu droit aux regrets habituels du voyou dont on se demande ( pas vraiment) si ces regrets portent sur les faits condamnables ou sur le fait d'avoir été pris en faute. Ne nous y trompons pas ces regrets formulés n'auraient jamais été prononcés s'il n'avait pas été pris la main dans le sac car les voyous n'ont pas de ces regrets moraux. <br /> Quant à son épouse Anna Cabana, son histoire est intéressante. Elle tient ce nom de famille de son précédent époux qui était le fils de Camille Cabana, ministre de Chirac et dont le père " Étienne Cabana, un espagnol communiste et antifranquiste immigré en France, dans les Pyrénées-Orientales, dans les années 1920. Après avoir travaillé comme mineur à Batère et s'être marié à Baptistine Badie, il s'installe à Elne avec sa femme, comme maraîcher. "<br /> Y'a des évolutions régressives.
Répondre
M
Je souscris à 99,99 %<br /> Cependant, pour son non respect de notre langue, je demande à cet.te enseignant.e ? de s'excuser. Enfin, si ielle veut.Chacun.e, citoyen.ne prend.e se.s res.ponsa.bi.li.tés.<br /> Maxim.e Vivas, ex-vaillante sentinelle et gentille recrue.