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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 09:32

Fils d’un joailler et de l’actrice Renée Saint-Cyr, qui tourna avec Jacques Tourneur, Sacha Guitry ou René Clair, Georges Lautner appartenait à la bourgeoisie parisienne très établie.

 

Élève du lycée Janson-de-Sailly, il avait quatorze ans à la déclaration de guerre. Il ne fallait pas s’attendre à ce que les circonstances fassent de lui un Jean Moulin, ou même un Guy Môcquet.

 

Voici comment la page Wikipédia qui lui est consacrée – et qui ne lui est pas hostile – parle de sa guerre :

 

« Durant la Seconde Guerre mondiale, il est scolarisé au lycée Janson-de-Sailly. Malgré cette période difficile, il essaie de préserver une jeunesse fêtarde, puis se sentant concerné par ce qui se passe en France, il n'hésite pas à venir observer de plus près les événements dans la capitale, ce qui ne manque pas de développer son sens critique. »

 

J’ai rarement lu quelque chose d’aussi tournant-autour-du-potesque.

 

À sa mort, la profession a dit de Lautner qu’il fut un grand cinéaste populaire. C’est parfaitement exact. Mais on n’est pas vraiment surpris de constater que cet artiste venait de la bonne bourgeoisie et d’un milieu idéologiquement pseudo dégagé. Cela pose le problème de la représentation de la société, des classes sociales, du monde ouvrier, sur laquelle je reviendrai dans ma prochaine note (ne zappez pas) sur la grève.

 

PS : Pour un film très sombre et très prenant de Lautner, voir ou revoir La Maison assassinée avec Patrick Bruel.

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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BM 24/11/2013 11:53

Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup d'intellectuels français ont eu une attitude, disons, douteuse, qui a pieusement été passée sous silence après 1945...

Dans beaucoup de cas (concernant les intellectuels français), il est difficile de faire la différence entre attentisme, et volonté de continuer à gagner sa croûte en s'accomodant au mieux des circonstances du moment (y compris en faisant preuve d'une bonne dose de lâcheté)...

Seuls les "collabos" les plus hystériques ont été poursuivis ; très peu ont été exécutés. Brasillach (ainsi que quelques autres) a été exécuté "pour l'exemple". (Je ne veux pas minimiser les crimes, réels et atroces, commis par Brasillach, mais "faire un exemple", c'était la véritable motivation de ceux qui l'ont fait exécuter. Ses crimes ne sont pas réellement entrés en ligne de compte.)

Parmi les condamnés à mort, beaucoup ont été "graciés" pour être ensuite discrètement relâchés quelques années plus tard (par exemple Rebatet). Le contexte avait changé ; c'était la "guerre froide" : ceci explique sans doute cela.

Quelques références :

http://www.latribunedelart.com/l-art-de-la-defaite-1940-1944

http://www.telerama.fr/idees/des-l-automne-1940-il-s-agit-bien-de-purifier-la-culture,56352.php

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