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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 06:34

 

Je reprends ici un article, sévère mais juste, de Philippe Marlière (professeur de sciences politiques à Londres) sur l'acceptation par Édouard Martin d'un mandat socialiste européen.

 

Édouard Martin n’a pas eu une enfance facile. Il est né en 1963 dans le village de Padul en Andalousie, où son père est journalier. Sa famille quitte l’Espagne alors qu’il a 7 ans. Il connaît l’injustice et le mépris social sous la dictature franquiste, mais également à son arrivée dans la France républicaine. A Amnéville, en Moselle, sa famille est fraîchement reçue. Les manifestations de xénophobie ordinaire s’enchaînent. Maîtrisant mal le français à l’école, ses camarades de classe le chahutent et tentent de le ridiculiser. Édouard ne se laisse pas faire et, en retour, il est victime d’une double injustice : on le punit à l’école et ses parents lui administrent des raclées à la maison car on ne veut pas « qu’il se fasse remarquer » [1]

 

Un réformisme assumé

 

Embauché chez Sollac à 18 ans, l’électromécanicien fait ses classes. Il est discipliné et bosseur. Il écoute, lit et s’instruit. Il est élu délégué du personnel à la Coulée en 1989, et exerce cette nouvelle fonction avec dévouement. Lutteur tenace et courageux, il prend naturellement la tête de la bataille contre la fermeture des hauts-fourneaux de Florange en 2009. La suite de sa trajectoire sociale et professionnelle est plus connue, jusqu’à l’annonce de sa candidature en tête de liste aux élections européennes dans la région Grand Est pour le Parti socialiste.

 

 

Édouard Martin est un réformiste qui, de tout temps, a voté pour le PS. Son engagement dans la CFDT, syndicat de compromis (mou et ambivalent), dont les cadres transfèrent aisément leur capital syndical en capital politique dans la firme PS, correspond aussi à ce qu’il est. D’un point de vue politique et syndical, Martin assume ce réformisme. Il a publiquement soutenu la campagne de Ségolène Royal en 2007, en s’engageant dans les clubs Désir d’Avenir. On ne peut certainement pas reprocher à Martin de rester fidèle à ses convictions politiques.

 

Déçu du hollandisme – en tout cas il l’a été officiellement jusqu’à une date récente – il incarne ce prolétariat qui vote socialiste, bon gré mal gré. Ce sont les Édouard Martin du monde ouvrier que le Front de gauche devrait avec pédagogie et patience convaincre de rallier à sa cause. Malheureusement, il se trouve des dirigeants dans la gauche radicale qui préfèrent un entre soi sectaire (donc voué à demeurer minoritaire), au combat unitaire des forces de gauche critiques du gouvernement. Par conséquent, les Édouard Martin de la classe ouvrière vont continuer de voter pour le Parti socialiste, faute de mieux, ou ils vont s’abstenir.

 

Lire la suite ici.

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

gege 26/12/2013 20:35

la lecture de SUperno est d'un autre niveau sur le sujet MARTIN
c'est un manipulateur de 1ere

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