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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 06:14

Bernard Cassen explique dans cet article de Mémoires des Luttes comment Hollande et son gouvernement viennent récemment de cautionner le dumping social généralisé en Europe.

 

À l’occasion de chacune des quatre élections au Parlement européen qui ont suivi le traité de Maastricht (1992), les candidats des partis socialistes et sociaux-démocrates avaient promis, la main sur le cœur, que, cette fois, l’Union européenne (UE) allait enfin devenir « sociale » et plus uniquement marchande. Nul doute que l’on entendra à nouveau cette litanie d’ici le scrutin du 25 mai prochain.

 

Il serait inexact de dire que l’UE ne s’est pas préoccupée de questions sociales. Le problème est qu’elle l’a fait à sa manière, dans la logique de traités ultralibéraux, par des mesures subordonnant les droits des travailleurs aux impératifs de la concurrence et des « libertés » – dites « fondamentales » – de circulation du capital, des biens, des services et des individus, (c’est-à-dire de la main d’œuvre). L’antisocial est aussi du social ! A cet égard, la directive sur les travailleurs détachés est un cas d’école. Elle en dit plus long que tous les discours sur le projet de société que propose la construction européenne dans sa forme actuelle.

 

 

Cette directive, qui date de 1996, comporte des dispositions relevant de la plus élémentaire justice, et donc sur lesquelles il n’y a quand même pas matière à s’extasier comme le font certains européistes : elle prévoit qu’un salarié d’une entreprise d’un pays A « détaché » temporairement pour travailler dans un pays B bénéficiera des mêmes droits que les travailleurs de ce pays B en matière de salaire minimum (quand il existe), de congés payés, d’horaires et de normes de sécurité.

 

Jusqu’ici rien à redire. Mais, rompant avec ce principe d’harmonisation au sein de chaque pays, la directive prévoit aussi que les cotisations sociales, indûment désignées comme des « charges » dans le lexique du patronat, et qui visent à financer la Sécurité sociale et les caisses de retraite restent celles du pays A. Et c’est par ce biais que se mettent en place les conditions d’un dumping social généralisé.

 

Lire la suite ici.

Les Solfériniens et le dumping social

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

Adario 07/01/2014 11:58

"la directive prévoit aussi que les cotisations sociales, indûment désignées comme des « charges » dans le lexique du patronat, et qui visent à financer la Sécurité sociale et les caisses de retraite restent celles du pays A."

Quand on passe en revue les pâles, médiocres et interchangeables "présidents" que les pays européens ont élus - à la botte de l'Allemagne, elle-même serviteur de l'ultralibéralisme - pourquoi et comment s'étonner du "dumping social" ?

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