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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 06:31

Dans l’éditorial du numéro de mars 2014, Serge Halimi demande une mobilisation contre l’APT (l’accord de partenariat transatlantique que les Solfériniens sont prêts à signer des deux mains :

 

Pourtant, le prétexte de l’accord, c’est l’emploi. Mais, enhardis par des « études » souvent financées par les lobbys, les partisans de l’APT sont plus loquaces sur les postes de travail créés grâce aux exportations que sur ceux qui seront perdus à cause des importations (ou d’un euro surévalué...). L’économiste Jean-Luc Gréau rappelle cependant que, depuis vingt-cinq ans, chaque nouvelle percée libérale – marché unique, monnaie unique, marché transatlantique – a été défendue en prétextant qu’elle résorberait le chômage. Ainsi, un rapport de 1988, « Défi 1992 », annonçait que « nous devions gagner cinq ou six millions d’emplois grâce au marché unique. Toutefois, au moment où celui-ci a été instauré, l’Europe, victime de la récession, en a perdu entre trois et quatre millions … »

En 1998, un accord multilatéral sur l’investissement (AMI), déjà conçu par et pour les multinationales, fut taillé en pièces par la mobilisation populaire. L’APT, qui reprend certaines de ses idées les plus nocives, doit subir le même sort.

 

 

Razmig Keucheyan  explique ce qu’il se passe quand « Quand la finance se branche sur la nature » :

Sécheresses, ouragans, inondations : aux quatre coins du monde, les catastrophes climatiques charrient leur lot de drames humains et d’images spectaculaires. Et posent une question prosaïque : qui paiera les dégâts ? Quand ils ont trop à perdre, les assureurs se défaussent sur les Etats. Mais ces derniers, étranglés par la dette, peinent à assumer. Ils se tournent alors vers les marchés financiers, leurs calculs glacials et leurs produits spéculatifs.

 

 

Emmanuel Dreyfus dénonce, en Ukraine, les ultras du nationalisme

Les extrêmes droites gagnent du terrain en Europe, même si nombre d’entre elles cherchent à se parer d’habits neufs De toute évidence, de tels mouvements jouent un rôle en Ukraine. Svoboda ou, plus radical encore, Praviy Sektor espèrent profiter de la révolte populaire contre le système corrompu du président Viktor Ianoukovitch.

 

 

Tandis que Jean-Yves Camus décrit les  « Extrêmes droites mutantes en Europe » :

 

Depuis une trentaine d’années, un peu partout en Europe, les extrêmes droites ont le vent en poupe. Si quelques partis imprègnent leurs diatribes de références néonazies, la plupart cherchent la respectabilité et envahissent le terrain social. Se présentant comme le dernier recours et comme un rempart contre une supposée islamisation de la société, ils poussent à une recomposition des droites.

 

Si l’on fait remonter l’émergence des populismes d’extrême droite au début des années 1980, plus de trente ans ont passé sans qu’apparaisse plus clairement une définition à la fois précise et opérationnelle de cette catégorie politique. Il faut donc tenter d’y voir plus clair dans la catégorie fourre-tout de ce que l’on nomme communément « extrême droite » ou « populisme ».

 

 

Éric Dupin dénonce la complaisance des journalistes français face au FN : « Le Front national sur un plateau » :  « Se prétendant un parti « hors système », le Front national se plaint d’être dédaigné par les journalistes. Pourtant, ses représentants, à l’instar de la plupart des dirigeants politiques, utilisent les médias, préparant les petites phrases qui seront reprises partout. La multiplication des sondages, souvent contestables, permet au parti de faire les gros titres des journaux, tandis que sa vision ethniciste de la société passe au second plan. »

 

 

 

Un petit détour par  la « passion rouge-brune » de Bernard-Henri Lévy (Benoît Bréville) ne fait pas de mal : Bernard-Henri Lévy est revenu tout ébahi de la soirée de gala donnée par l’ambassadeur de France à Copenhague début février (1). Le « pays de Kierkegaard », comme il nomme prosaïquement le Danemark, est aussi le « pays du roi Christian », qui refusa de faire porter l’étoile jaune aux Juifs pendant la seconde guerre mondiale, mais également celui « des aviateurs de la guerre de Libye » venus prêter main forte aux troupes de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) en 2011. Un Etat symbole de la « réconciliation de la liberté et de l’égalité ».

 

Frédéric Lordon prend à contre-pied les économistes de cour : « Les entreprises ne créent pas l’emploi »/ « Il ne se passe plus une semaine sans que le gouvernement socialiste français affiche son ralliement aux stratégies économiques les plus libérales : « politique de l’offre », amputation des dépenses publiques, stigmatisation du « gâchis » et des « abus » de la Sécurité sociale. Au point que le patronat hésite sur le cap à tenir. Et que la droite avoue son embarras devant tant de plagiats...

Il faut avoir sérieusement forcé sur les boissons fermentées, et se trouver victime de leur propension à faire paraître toutes les routes sinueuses, pour voir, comme s’y emploie le commentariat quasi unanime, un tournant néolibéral dans le « pacte de responsabilité » de M. François Hollande. Sans porter trop haut les standards de la sobriété, la vérité appelle plutôt une de ces formulations dont M. Jean-Pierre Raffarin nous avait enchantés en son temps : la route est droite et la pente est forte – mais très descendante (et les freins viennent de lâcher). »

 

Kostas Vergopoulos pense que les libéraux se mettent à douter : Dans la mare des débats sur l’avenir du capitalisme, le pavé proverbial n’a pas été lancé par un contestataire patenté, mais par l’un des plus ardents défenseurs du système : Lawrence Summers. Ancien président de Harvard, celui-ci s’est illustré par sa passion de la déréglementation bancaire lorsqu’il occupait le poste de ministre des finances de la seconde administration Clinton (1999-2001). Nommé par M. Barack Obama directeur du Conseil économique national (National Economic Council, NEC), un poste qu’il a occupé jusqu’en 2010, il prodigue désormais ses conseils au monde de la finance (le fonds spéculatif D. E. Shaw lui a ainsi versé 5,2 millions de dollars entre 2008 et 2009), notamment au cours de conférences rémunérées jusqu’à 135 000 dollars l’unité. Nul n’attendait donc de lui qu’il suscite le moindre clapotis contestataire.

 

Le pavé a touché la surface de l’onde lors de la conférence annuelle du Fonds monétaire international (FMI) à Washington les 7 et 8 novembre 2013. Et si le capitalisme s’était lui-même pris au piège d’une « stagnation séculaire » ?, a interrogé l’ami des banquiers. « Il y a quatre ans, nous sommes parvenus à interrompre la panique financière, l’argent du plan de sauvetage a été remboursé, le marché du crédit a été assaini. (...) Pourtant le taux d’activité n’a pas varié et la croissance reste faible. » Summers poursuit son raisonnement dans le Financial Times : constatant que, du fait qu’elle pratiquait déjà des taux d’intérêt voisins de zéro, la Réserve fédérale (la banque centrale américaine) n’avait guère de marge de manœuvre supplémentaire pour relancer l’activité, il suggère que les bulles sont devenues une béquille nécessaire de la croissance.

 

Certains s’efforcent de défendre l’école pour tous (Allan Popelard) : Redoutant l’enseignement dans les écoles d’une « théorie du genre », quelques parents d’élèves, abondamment relayés par la presse, ont préféré soustraire leurs enfants à leur obligation scolaire. Même si la chose est moins médiatisée, il arrive que parents et enseignants œuvrent au contraire à la défense commune des principes fondamentaux de l’école républicaine. Comme en Seine-Saint-Denis, depuis quelques années.

 

Le nucléaire est toujours fortement en débat au Japon (Rafaële Brillaud) : Malgré le soutien de deux anciens premiers ministres, dont le très populaire Koizumi Junichiro du Parti libéral-démocrate (PLD), à un candidat antinucléaire pour le poste de gouverneur de Tokyo, c’est un proche de l’actuel chef du gouvernement Abe Shinzo, également du PLD mais pronucléaire, qui a été élu. Dans l’île d’Iwaishima, les habitants s’opposent depuis trente ans à un projet de construction d’une nouvelle centrale.

 

Ali Kazancigil  voit dans le mouvement Gülen, une énigme turque : « Mis en cause dans diverses affaires de corruption, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a encore aggravé son impopularité par sa volonté de censure des médias et d’Internet. Il se retrouve d’autant plus en état de faiblesse qu’il a définitivement perdu un allié de poids : M. Fethullah Gülen, fondateur d’un mouvement d’inspiration soufie dont l’influence dépasse les frontières du pays. »

 

 

Un retour intéressant sur des ruines (Jens Malling) : « Des monuments de l’avant-garde soviétique glissent dans l’oubli » : Malgré les efforts de militants et de spécialistes pour sensibiliser la population, l’architecture soviétique d’avant-garde semble promise depuis quelques années à un délabrement généralisé, voire à la démolition. Parmi les élites de la Russie actuelle, la crainte existe de voir resurgir les valeurs incarnées par ces structures datant du début de l’ère communiste : le changement social, l’expérimentation et la volonté d’aider les groupes défavorisés. »

 

« On l’oublie un peu trop, mais le Sahara occidental est riche (Olivier Quarante) : La question du Sahara occidental recouvre de plus en plus celle du développement économique du Maroc. Car les territoires que Rabat appelle « provinces du Sud » contribuent largement aux recettes d’exportation du royaume. Les partisans de l’indépendance contestent la légalité de cette exploitation. »

 

 

Le philosophe Étienne Balibar se demande ce que l’Europe sera demain : « D’abord adossée à l’hégémonie américaine, puis incorporée au capitalisme financier mondialisé, l’Europe est dorénavant menacée d’éclatement. L’aggravation des disparités entre les pays et les régions qui la constituent, entre le Nord et le Sud, a en effet remplacé la division d’antan entre l’Est et l’Ouest. L’Allemagne trône au cœur de cet espace où chaque Etat devient le prédateur potentiel de ses voisins. Alors, que faire ? »

 

 

Les fondations d’utilité publique sont-elles d’utilité publique (Mathilde Goanec) ? « En 2010, avec le soutien de son groupe à l’Assemblée nationale, la députée socialiste Michèle Delaunay proposait de faire le ménage au sein des fondations reconnues d’utilité publique, qui bénéficient de dons défiscalisés. Une idée passée à la trappe dans la dernière loi de finances. Dans un contexte de chasse aux niches fiscales, la question mérite pourtant d’être soulevée. »

 

 

 

Au Mexique, la gauche est-elle au tapis (Jean-François Boyer) ? « Depuis 1938, l’industrie pétrolière mexicaine constituait un bastion national symbolique, que les bourrasques néolibérales (pourtant puissantes dans la région) n’étaient pas parvenues à mettre à terre. C’en est fini : alors que le pays « célèbre » le vingtième anniversaire de son traité de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada, le président Enrique Peña Nieto a décidé de livrer le secteur de l’énergie aux investisseurs. »

 

 

Pourrait-on être tous producteurs (Jacques Denis) ? « Viennoiseries et diapositives : bienvenue aux petits déjeuners d’Ulule, session d’information hebdomadaire pour les nouveaux convertis au financement participatif version Web 2.0. Au menu, un exposé sur le crowdfunding – littéralement, le « financement par la foule ». Cette solution alternative au prêt bancaire ou au mécénat des proches séduit de plus en plus ceux qui ont une idée, mais pas d’euros. Ce matin, ils sont sept. L’une souhaite installer un lieu voué à la culture tzigane en région parisienne ; l’autre cherche à créer un événement artistique ludique ; son voisin aimerait produire un clip vidéo... De tous âges, de toutes catégories sociales, ils sont réunis autour de cette table pour se donner enfin les moyens de faire aboutir leur projet. »

 

 

En Equateur, Chevron pollue mais ne paye pas (Hernando Calvo Ospina) : « D’un côté, l’Equateur, petit pays sud-américain de quinze millions d’habitants. De l’autre, Chevron, mastodonte de l’industrie pétrolière, dont le chiffre d’affaires a dépassé les 230 milliards de dollars en 2012. Combat inégal ? Qu’importe. Quito est déterminé à faire payer la multinationale pour la pollution dont elle est responsable. »

 

 

 

La Bosnie s’unit contre les privatisations (Jean-Arnault Dérens) : « Pauvreté, chômage, corruption, népotisme, incompétence de la classe politique... Presque vingt ans après la fin de la guerre, le désir de résoudre les difficultés communes transcende les clivages communautaires. Début février, après avoir longtemps été réduits au silence par un système clientéliste, les citoyens de Bosnie-Herzégovine ont laissé éclater leur exaspération. Ils s’essaient désormais à la démocratie directe. »

 

 

Finn Brunton nous explique d’où viennent les Spams : « Au moment de rédiger cet article, j’ai eu une pensée compatissante pour le traducteur qui le réécrirait en français. « Spam » renvoie à un assemblage hétéroclite de néologismes et de pur charabia qui emprunte à la fois à l’informatique, à l’ingénierie de la protection, au droit pénal, au crime (amateur ou organisé) et à la poésie d’une Toile polyglotte gavée de jargon anglo-saxon. S’y côtoient pêle-mêle des notions absconses comme « empoisonnement bayésien » (l’art de contourner ou de corrompre les filtres antispam), « botnets » (réseaux de « machines zombies ») ou « linkbaits » (des liens sournoisement conçus pour stimuler le désir de l’internaute de cliquer dessus). Souvent, ce langage hautement savant évoque davantage des onomatopées de bande dessinée qu’un redoutable fléau planétaire : « sping » (contraction de « spam » et de « ping », qui désigne une requête envoyée d’un ordinateur vers un autre), « splog » (contraction de « spam » et de « blog »), « lulz » (trait humoristique cruel)... Tenter de décrire l’industrie du spam revient au fond à importer l’argot des brigands et des coquillards dans la technosphère du XXIe siècle, à connecter la cour des miracles au très haut débit. Imaginez François Villon avec une souris à la main, et vous commencerez à avoir une idée de ce qui vous guette. »

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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