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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 07:04

 

Luis Ocaña fut le premier a vraiment terrasser Eddy Merckx. Il était né en 1945 en Espagne. Durant le Tour de France 1971, il prit huit minutes au champion belge dans l’étape d’Orcières-Merlette. Il gagna la grande boucle en 1973, avec six victoires d’étape en un quart d’heure d’avance sur Bernard Thévenet.

 

Il remporta 110 victoires chez les professionnels. Il fut ensuite directeur sportif de l’équipe nationale espagnole et se reconvertit en exploitant agricole dans le Gers. Suite à une transfusion sanguine, il contracta une hépatite C qui dégénèra en cancer du foie. Il se logea une balle dans la tempe, chez lui, le 20 mai 1994.

 

La presse titra : « La mort d’un seigneur ».

 

(Valetudinis adversæ impatienta)

 

 

 

 

Né en 1940, Phil Ochs fut surnommé « le troubadour de la nouvelle gauche ». Il chante contre la guerre du Vietnam, contre la société étasunienne du babyboom. En 1966, il se produit seul au Carnegie Hall de New York. Très prolifique, il écrit de nombreux articles (Bob Dylan dit de lui qu’il n’est pas un chanteur mais un journaliste) et de nombreuses chansons qu’il n’aura pas le temps d’enregistrer.

 

Il organise des manifestations de masse contre la guerre du Vietnam. Il consacre à cette guerre de très bonnes chansons, parmi lesquelles “ The War Is Over ” et “ White Boots Marching in a Yellow Land ”. Autre grand succès “ I Ain’t Marching Any More ”.

 

Mais il s’enfonce dans la dépression et l’alcoolisme.

 

Comme le résume son biographe Michael Schumacher, « on s'était fait casser la tête à Chicago ; on avait vu des étudiants mitraillés à l’université de Kent State ; on avait eu des gens poignardés à mort au concert des Rolling Stones à Altamont – en quoi pouvait-on encore croire ? Malheureusement pour Phil Ochs, il n'avait pas de réponse à cette question. Il a perdu la foi.

 

Le 9 avril 1976, il se pend chez lui, à New York.

 

(Impatienta doloris).

 

 

 

 

Juan O’Gorman, né en 1905, fut le père du muralisme moderne. Il était le fils d’un peinte irlandais et d’une mère mexicaine. Architecte, il participa à la reconstruction de la Banque de Mexico. Influencé par Le Corbusier, il fait construire la première maison fonctionnelle du Mexique.

 

Mais il devient célèbre pour ses fresques murales : mosaïque de la tour de l’université qui offre un résumé de la culture mexicaine, fresques du musée d’anthropologie, de l’aéroport international (jugées trop subversives et déplacées) etc. En 1956, il construit une nouvelle maison inspirée du palais idéal du facteur Cheval avec des ornements aztèques.

 

En 1976, diminué par des problèmes cardiaques et souffrant atrocement, il se pend avec un cable électrique et se tire en même temps une balle dans la bouche. Il laisse ce billet : « Je me tue de ma propre main, de ma propre volonté et pour mon propre bénéfice. »

 

(Valetudinis adversæ impatienta).

 

 

 

 

 

Né en 1885, Rudolf Olden appartenait à une grande famille d’intellectuels de la République de Weimar. En 1926, il devient avocat et membre du conseil d’administration de la Ligue allemande des Droits de l’homme. Le 4 août 1931, Kurt Tucholski écrit dans Die Weltbühne « Les soldats sont des assassins ». Le rédacteur en chef Carl von Ossietzky est accusé d'“ outrage au Reichswehr ”. Rudolf Olden prend la défense d'Ossietzky et obtient son acquittement.

 

En 1933, il dénonce l’arrivée au pouvoir des nazis.

 

Le lendemain de l’incendie du Reichstag, prévenu par des amis, Rudolf Olden échappe à l'arrestation. Il fuit à Prague et publie de manière anonyme un essai “ Hitler der Eroberer – Die Entlarvung einer Legende ” (Hitler le Conquérant – Le démasquage d'une légende). Il s'installe à Paris en 1934 où il sort son document “ Schwarzbuch über die Lage der Juden in Deutschland ” (Le livre noir sur la condition des Juifs en Allemagne). Il prend aussi la direction du journal de Sarrebruck Das Reich et s'oppose à l'annexion de la Sarre par le Troisième Reich.

 

En 1935, Olden écrit une biographie d’Hitler en anglais, Hitler the Pawn (Hitler le pion).

 

En 1936, Rudolf Olden est déchu de sa nationalité allemande. Lors de l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Olden tombe malade et est interné ; il accepte néanmoins un poste de professeur à New York. Olden et sa femme confient auparavant leur fille pour un transport d'enfants au Canada. Ils s'embarquent ensuite sur un paquebot qui fait route vers le Canada. Mais le navire est coulé le 18 septembre 1940 par un sous-marin allemand. Rudolf Olden et sa femme meurent dans ce naufrage car ils refusent d’évacuer sur une chaloupe de sauvetage.

 

(Pudor).

 

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