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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 07:06

Les nazis eurent leurs médecins maudits. Les Étasuniens leurs médecins fous.

 

Né en 1910, Frank Olson travaillait pour l’armée des États-Unis dans un programme “ top secret ” (faute de goût). Il effectuait des recherches sur des armes biologiques et sur le contrôle mental par les drogues. En novembre 1953, il prend un verre avec deux autres scientifiques. Vingt minutes plus tard, les trois hommes apprennent que des apprentis sorciers ont versé du LSD dans leur Cointreau.

 

Olson souffre rapidement de dépression. On ne peut lui fournir d’assistance psychiatrique puisque le programme sur lequel il travaille n’a pas d’existence légale. Le 28 novembre, devenu fou, il se défenestre du neuvième étage de son hôtel à New York.

 

Les circonstances de sa mort ne seront révélées à sa veuve que vingt ans plus tard. En 1975, le président Ford s’excuse personnellement auprès de la famille. Le fils d’Olson a toujours pensé que son père avait été assassiné car il critiquait l’usage des armes biologiques.

 

En 1994, la famille obtient l’exhumation du corps d’Olson. Le légiste détermine qu'Olson a souffert d'un traumatisme dû à un coup avant de tomber par la fenêtre, preuve possible d’un homicide. Le procureur général ouvre une enquête pour homicide qui n’aboutit pas faute de preuve.

 

(Furor).

 

 

 

 

Takijirō Ōnishi inventa les aviateurs kamikaze. Lors d’une réunion dans une base militaire, il déclara : « Vu la faiblesse de nos forces, il n’y a qu’une seul manière pour nous d’être efficace, organiser des raids de chasseurs chargés de 250 kilogrammes de bombes. » Auparavant, il avait expliqué à l’empereur que le Japon gagnerait la guerre à condition d’accepter la mort de 20 millions de ses habitants.

 

La nuit de la capitulation, Onishi se trancha le ventre de gauche à droite et de bas en haut. Il laissa un message dans lequel il s’excusait pour la mort des 4000 pilotes kamikaze et il demanda aux survivants de cette guerre de reconstruire le Japon et d’œuvrer pour la paix. Pour que sa pénitence soit totale, il refusa le coup de grâce et endura de terribles souffrances pendant quinze heures.

 

Il écrivit un haïku d’adieu (pas fréquent, la poésie chez les militaires) :

 

Dans le ciel pur sans nuées

Maintenant la lune luit

La tempête est terminée.

 

(Pudor)

 

 

 

 

 

 

 

 

Né en 1920, le général marocain Mohamed Oufkir s’est suicidé d’athlétique manière : une balle en pleine poitrine, une balle dans les reins, une balle dans la nuque. Le roi Hassan II qualifiera ce suicide de contorsionniste de « suicide de trahison ».

 

Il est un vaillant combattant dans les rangs français durant la Seconde Guerre mondiale puis pendant la guerre d’Indochine. En 1956, il devient aide de camp du roi Mohammed V, puis directeur de la Sûreté, ministre de l’Intérieur et enfin ministre de la Défense du roi Hassan II, chargé des affaires « spéciales ».

 

Il est chargé de la répression contre le soulèvement du Rif entre 1957 et 1959, ce qui lui vaut le surnom de « Boucher du Rif ». Lors des émeutes de Casablanca en mars 1965, il tire à la mitraillette sur la foule à bord d’un hélicoptère.

 

En 1965, il est accusé par la justice française de complicité dans l’assassinat du militant de gauche Mehdi Ben Barka. Il est condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité.

 

En 1972, il organise une attaque aérienne contre le Boeing royal. Hassan en réchappe par miracle. Selon la version officielle, Oufkir se serait suicidé le soir même.

 

Selon Fatéma Oufkir dans son livre Les jardins du roi, son mari fut exécuté la soirée même du putsch avorté vers minuit par le colonel Ahmed Dlimi (qui avait aussi très vraisemblablement trempé dans l’affaire Ben Barka). Selon Gilles Perrault (Notre ami le roi), Oufkir fut tué en dehors du palais. Dlimi contacta le général en lui annonçant que le roi, grièvement blessé, était à sa merci dans une maison proche de l'ambassade du Liban. Oufkir s'y rendit aussitôt et fut abattu par Dlimi et Moulay Hafid Alaoui. Son cadavre fut ensuite transporté à Skhirat.

 

Oufkir était marié et père de six enfants. Après l'attentat, sa famille restera emprisonnée sans jugement pendant près de vingt ans dans une prison secrète dans le désert du Sahara. Sa fille Malika (qui épousera un Français et se convertira au catholicisme) en témoignera dans La prisonnière (2000), et dans L'étrangère (2006).

 

(Æquivocus).

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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Gensane 12/03/2014 09:34

Ce ne serait pas étonnant de la part de cet esthète.
Par ailleurs je tiens de source sûre (une de mes collègues à Abidjan qui fut son conseiller juridique) que, durant l'attaque du palais, il s'était caché dans des chiottes. Un mutin de base ouvrit la porte un peu par hasard et Hassan lui dit : "Je suis ton roi, baise moi la main". Ce fut le commencement de la fin de la rébellion.

BM 12/03/2014 08:49

Une rumeur veut que Hassan II se soit fait apporter la tête d'Oufkir sur un plateau...

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