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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 05:18

Je m’en souviens comme si c’était hier. Il avait mon âge. Jan Palach est mort trois jours après son geste le 16 janvier 1969, des suites de brûlures extrêmement importantes. Deux autres jeunes tchèques, suivirent son exemple. Une collègue étudiante de Palach se suicida par le gaz en écrivant qu’elle n’avait pas eu le courage de se suicider par le feu.

 

Palach voulait protester contre l’occupation, par les troupes du Pacte de Varsovie, d’une Tchécoslovaquie communiste qui essayait de se réformer. Ne me demandez pas ce qu’il serait advenu du communisme si les Soviétiques n’avaient pas envahi le pays, je n’en sais rien. Dans une note, Palach s’était intitulé “ Torche vivante n° 1 ” et avait réclamé la suppression de la censure.

 

Le 16 février 1989, Vaclav Have, est arrêté par la police pour avoir voulu déposer une gerbe de fleurs à la mémoire de Jan Palach.

 

Le 20 février, il est condamné pour ce geste à neuf mois de prison ferme. Quelques mois plus tard, la régime communiste s'effondre suite à la “ Révolution de velours ”.

 

Arte a récemment programmé le film Sacrifice d’Agnieszka Holland, qui raconte qui raconte la mort de Palach et ses suites.

 

(Jactatio)

 

 

 

 

 

Toujours ce beau visage triste, même quand elle riait. Quand on lui demandait de nommer son principal défaut, elle répondait : « le pessimisme ». Née en 1953 à Lyon, Christine Pascal se travestissait au cinéma « pour mieux se libérer de ses traumatismes ». Elle a toujours dit qu’elle mourrait en se suicidant « le moment venu ».

 

Bertrand Tavernier la remarque et l’engage dans L’Horloger de Saint-Paul  en 1973. Elle tournera avec lui dans cinq films dont Que la fête commence en 1974.

 

En 1979, elle réalise son premier film, Félicité, qui ne rencontre pas le succès populaire, ni l’estime de la critique.

 

En 1982, elle épouse le producteur suisse Robert Boner.

 

En 1992, elle signe et réalise Le Petit prince a dit (avec Richard Berry et Anémone, l’histoire d’une petite fille atteinte d’une tumeur au cerveau. Le film obtient le prix Louis-Delluc.

 

Alors qu'elle est en soins psychiatriques dans une clinique de Garches, durant l'été 1996, elle saute d’un troisième étage et se tue. Elle avait 42 ans.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

 

Mon Italien préféré. Combien de fois ai-je lu son ouvrage posthume Le Métier de vivre ou encore Avant que le coq chante ? Né en 1908, Cesare Pavese adorait les littératures anglaise et étasunienne, de Defoe à Whitman.

 

Dans son journal, il s’apitoyait sur ses éjaculations précoces. D’où, sûrement, un léger cynisme vis-à-vis des femmes : « Il arrive qu'une femme rencontre une épave et qu'elle décide d'en faire un homme sain. Elle y réussit parfois. Il arrive qu'une femme rencontre un homme sain et décide d'en faire une épave. Elle y réussit toujours. » Une nuit qu’il ne parvenait pas à ses fins, sa maîtresse – dont il était follement amoureux – la comédienne Constance Dowling, ancienne épouse d’Elia Kazan, rejoint un amant de rechange dans la chambre d’hôtel voisine. L’un des derniers poèmes de Pavese disait : « La mort viendra et elle aura tes yeux. »

 

Pavese est arrêté pour activités antifascistes et exilé en Calabre en 1935. Après la Seconde Guerre mondiale, il adhère au Parti communiste italien et travaille pour les Éditions Einaudi à Turin.

 

Il se suicide le 27 août 1950 dans une chambre d'hôtel à Turin en avalant seize somnifères. Ses derniers mots couchés sur le papier : « Plus de paroles. Un geste. Je n’écrirai plus ! »

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

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commentaires

G
Chaque fois que je le lis, je me dis que, pour finir, je suis d'une nature plutôt gaie.
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B
Il faut se souvenir de Cesare Pavese... Oser répéter que "Travailler fatigue", à l'heure où la "France qui se lève tôt" vote Le Pen, c'est un acte de résistance et de prophylaxie intellectuelle !
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