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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 06:44

 

Hollandisme révolutionnaire

 

Il y a deux ans, un démographe donnait une interview choc dans les colonnes du Nouvel observateur. Contre la droite sarkozyste « inégalitaire » qui désignait des boucs émissaires (immigrés, jeunes, chômeurs) comme responsable de la crise, il saluait l’« appréciation très perspicace du sens de l’histoire » de François Hollande, ainsi que son plaidoyer pour une présidence « normale ». Il voyait un candidat socialiste « revenu au principe d’égalité », qui « prend le parti du peuple ». Il pariait sur un « hollandisme révolutionnaire » qui poserait la question du pouvoir de la finance une fois aux commandes de l’État, car les circonstances économiques et politiques du moment « l’amèneraient à se radicaliser ». [1]

 

N’accablons pas l’auteur de ces fortes paroles : le pronostic de notre démographe s’est en partie avéré pertinent : d’une part, les « circonstances » ont effectivement amené le président de la république à se radicaliser. Seulement c’est une radicalisation à droite, et non à gauche, qu’il a opérée. D’autre part, le hollandisme est effectivement de nature « révolutionnaire » dans le paysage politique français : Thatcher avait son ennemi de l’intérieur, les mineurs, Hollande a désormais le sien : la gauche de transformation sociale. Deux ans à peine après son élection, je propose une ébauche topographique du hollandisme présidentiel : où se situe-il et où nous amène-t-il ?

 

 À droite du New Labour

Le cap a été fixé dès le lendemain de l’élection présidentielle. Contrairement à la promesse de campagne, il n’y a eu aucune renégociation du pacte de stabilité germano-européen qui condamne virtuellement l’eurozone à des politiques d’austérité ad aeternam. La politique sociale et économique du gouvernement est uniquement au service des intérêts des possédants. Le monde de la finance et de l’actionnariat, vivement décrié dans le discours du Bourget, est choyé. Il n’est pas une semaine sans que le gouvernement ne lui a octroie de nouveaux abattements fiscaux au nom d’un surréaliste « ras-le-bol fiscal ». Les patrons du CAC 40 ou de start up menacent et leurs vœux sont aussitôt exaucés. Le pacte de responsabilité est la caricature de ce hollandisme antisocial : faire des milliards d’euros d’économie sur le dos des travailleurs, petits et moyens, pour les redistribuer aux patrons et actionnaires sans contrepartie économique et sociale. Le hollandisme révolutionnaire n’est vraiment pas l’adversaire de la finance. Il est, au contraire, son plus fidèle et dévoué allié.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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Lyonnais 10/04/2014 13:57

C'est facile de renvoyer à la face d'Emmanuel Todd cette bévue mais qui à cette époque a révélé la vraie nature de Hollande ? Ne pas oublier non plus qu'Emmanuel Todd a reconnu depuis sa stupidité !
Bien sûr on n'en attendait pas grand'chose mais de là subir une trahison sur toute la ligne, aggravée par un cynisme sans complexe ....
Personne ne connaissait la vraie nature du personnage ? Il est vrai qu'à l'époque on croyait avoir touché le fond avec Sarkozy !

Frédéric 12/04/2014 18:29

J'avais beaucoup apprécié cette analyse de de Todd...mais il est vrai qu'il y avait il y a deux ans des indices inquiétants sur la nature de Hollande : http://rupturetranquille.over-blog.com/article-fran-ois-hollande-le-vote-utile-102444373.html

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