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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 05:44

Bernard Cassen dans Mémoire des Luttes, nous dit qu’il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que l’acharnement de la « troïka » contre la Grèce obéit uniquement à des considérations de stricte gestion des fonds européens. Quand les représentants des trois institutions qui composent cet attelage – la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le FMI – multiplient, comme cela a été le cas ces dernières semaines, les exigences préalables pour verser au gouvernement d’Athènes la tranche de prêt de 8, 5 milliards d’euros qui lui a été promise, ils poursuivent implacablement une expérience de laboratoire entamée il y a six ans.

 Cette expérience a une ambition de portée historique : le dynamitage de l’Etat social, fruit de décennies de luttes, d’abord dans le pays le plus vulnérable de l’Union européenne puis, de proche en proche, dans les autres pays de la « périphérie » (Espagne, Chypre, Irlande, Portugal) avant d’étendre ce projet, avec la complicité de leurs gouvernements, à certains pays du « centre », dont la France de François Hollande et de Manuel Valls. Ce projet est multidimensionnel, à la fois économique, politique et social. Le président de la BCE, Mario Draghi, ne s’en est pas caché lorsqu’il a déclaré au Wall Street Journal [2] que « le modèle social européen était mort ». Nous voilà prévenus…

 

Sur son site, Jean-Emmanuel Ducoin évoque « l’atomisation du parti socialiste) :

 

Les dirigeants aux commandes n’ont pas cherché à faire bouger les lignes en faveur du progrès social, mais ils sont rentrés dans le rang des doctrines dominantes, quitte à passer en force, contre les militants socialistes eux-mêmes, réduits au rôle de spectateurs! 

 

 

Cerises, le site rouge aigre-doux, nous propose ce petit poème inspiré par les Solfériniens :

 

Le centriste Benhiamas remplace

le recentré Peillon qui remplace

l'excentré Désir, lui-même remplacé

par Cambadélis qui rejoint l'épicentre.

 

Bref, on tourne en rond !

 

Toujours dans Cerises : le site se demande ce qui caractérise les choix de Sanofi, une entreprise que les Toulousains connaissent bien :

 

Comme toutes les multinationales, la stratégie des grands groupes pharmaceutiques est orientée vers le profit maximal et la satisfaction des actionnaires. Les changements stratégiques sont travaillés par les cabinets conseil qui examinent les secteurs les plus rentables à court et moyen termes. Pour donner un exemple, les dirigeants tels ceux de Sanofi ne parlent plus d’industries pharmaceutiques, mais d’industries de santé, intégrant la santé grand public, le bien-être, produits à très forte rentabilité. C’est ainsi que Sanofi a développé avec Coca-cola une boisson beauté, ainsi qu’une solution (le lactacyl) visant le blanchiment de la peau et des parties intimes (très en vogue en Asie)… Ce type de produits rapporte beaucoup et ne nécessite pas d’investissement majeur en recherche.

 

Pour assurer une augmentation continue des dividendes, les stratégies des laboratoires s’accompagnent d’une réduction de l’ensemble des coûts internes, de la recherche à la production. L’externalisation des risques de recherches est à l’ordre du jour, les laboratoires espérant faire le maximum d’argent en récupérant l’innovation externe (les petites biotechs, la recherche publique…) pour n’assurer que le développement clinique. Cela conduit à un démantèlement des capacités internes, à l’abandon de certains axes thérapeutiques, un immense gâchis scientifique et humain.

 

Marianne s’étonne de la mansuétude des grands médias au sujet de Jean-Christophe Cambadélis, le nouveau premier secrétaire du parti socialiste :

 

Le profil de socialiste et d’acteur de premier plan de la vigilance antifasciste contre Le Pen de Jean-Christophe Cambadélis a intéressé dans les années 90 un ancien cadre du Front national, patron d’un organisme de gestion de foyers pour travailleurs immigrés qui offrait des conditions d’hébergement lamentables à ses pensionnaires : il proposa à Cambabélis, qui l’accepta, un salaire un peu trop fictif qui valut à ce dernier une condamnation à 100 000 francs d’amende et cinq mois de prison avec sursis.

 

Le procès, en 2000, permit d’apprendre que ce taulier marchand de sommeil, qui avait parfois des soucis avec des comités de résidents mécontents de ses prestations, avait ainsi, en recrutant le déjà apparatchik du PS, souhaité « s’attacher les services d’un homme d’influence », justifiant par « la position importante de Monsieur Cambadélis dans un parti politique » l’intérêt d’obtenir, à l’occasion de quelques déjeuners, les conseils d’un expert apte « à revaloriser son image et [à] lui ménager des appuis et son influence ». « Appuis » et « influence », deux raisons qui peuvent peut-être aussi expliquer pourquoi les journalistes ont aujourd’hui la mémoire si sélective quand ils écrivent sur Jean-Christophe Cambadélis.

 

 

Revue de Presse (90)
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commentaires

B
I love enjoy every minute spent reading this post. i am pride to say this blog is great. best desktop computers
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M
les défenseurs du "non, pas tous pourris" ont du mal à convaincre.
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