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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 06:03

On connaît cette manie politiquement correcte qui pollue tout particulièrement les textes militants de gauche, et qui donne " Cher-e-s militant-e-s, cher-e-s ami-e-s". Il s'agit d'un intégrisme langagier idiot qui consiste à confondre le genre grammatical et le sexe des humains. Et je ne reviendrai pas ici sur "la rapporteure de la commission" alors que, dans les cours d'école, des filles cafteuses ne sont rien d'autre que des rapporteuses. J'ai traité de cette aberration ici. Pendant ce temps, aux Etats-Unis (pays du politiquement correct par excellence), on ne dit plus : "A good judge takes his job seriously". On ne dit même plus "A good judge takes his/her job seriously". On dit : "A good judge takes their job seriously". Deux fautes en trois mots. La grammaire d'une langue, c'est sa beauté, c'est la beauté. Au nom de l'égalité des sexes (un objectif parfaitement légitime), le pays le plus inégalitaire au monde (en trente ans,  les 1 % de foyers les plus aisés ont récupéré la moitié de l’accroissement des revenus aux Etats-Unis contre le quart au Royaume-Uni et un peu plus du dixième en France, en Espagne et en Italie) nous impose sa laideur.

 

Mon ami Maxime Vivas, journaliste, essyiste et romancier, amoureux de la langue française, a récemment poussé cette imbécillité jusqu'au bout de sa logique en réécrivant, pardon Aragon, "La rose et le réséda" :

 

 

La rose et le réséda


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Tous (toutes) deux adoraient la belle prisonnière (le beau prisonnier) des soldat(e)s


Lequel (laquelle) montait à l’échelle et lequel (laquelle) guettait en bas


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Qu’importe comment s’appelle cette clarté sur leur pas


Que l’un(e) fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Tous (toutes) les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras


Et tous (toutes) les deux disaient qu’elle (qu’il) vive et qui vivra verra


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Quand les blés sont sous la grêle fou (folle) qui fait le délicat (la délicate)


Fou (folle) qui songe à ses querelles au coeur du commun combat


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Du haut de la citadelle la sentinelle (le sentinel) tira


Par deux fois et l’un(e) chancèle l’autre tombe qui mourra


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Ils (elles) sont en prison Lequel (Laquelle) a le plus triste grabat


Lequel (laquelle) plus que l’autre gèle lequel (laquelle) préfère les rats (rates)


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Un(e) rebelle est un(e) rebelle deux sanglots font un seul glas


Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Répétant le nom de celle (celui) qu’aucun des deux ne trompa


Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il (qu’elle) aima


Pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat


Celui (celle) qui croyait au ciel celui (celle) qui n’y croyait pas


L’un(e) court et l’autre a des ailes de Bretagne ou du Jura


Et framboise ou mirabelle le grillon (la grillonne) rechantera


Dites flûte ou violoncelle (viole) le double amour qui brûla


L’alouette (l’allouetteau) et l’hirondelle (l’hirondelleau), la rose et le réséda.

 
La rose et le réséda, version bêtement féministe

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Alain Rousseau 08/05/2014 22:14

Et que dire des "ielles", "eulles", "celleux","chômeureuses", "chômeuseurs", et j'en passe...

à Lyonnais : 08/05/2014 09:20

Vous ai-je dit que j'habitais dans le 7ème, pile au métro Garibaldi ? Ca m'aurait chagriné d'habiter rue Thiers, Pompidou ou Mac-Mahon.

à Lyonnais : 08/05/2014 09:18

Il y a maintenant une entraîneure de foot en ligue 2. Les joueures (ou footballeures) trouvent déjà qu'elle est un peu emmerdeure. En tout cas, ce n'est pas une bourrelle des coeurs.
Sans-papière rime avec pousse-rapière, mon apéro préféré.

Lyonnais 08/05/2014 09:06

Lu à l'entrée d'un squat dans le 7e arrondissement de Lyon en 2001 ou 2002 : accueil des sans-papiers et sans-papières...
A propos, comment fait-on pour le refrain de La Marseillaise ?

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