Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 04:54

On glose régulièrement sur la baisse supposée du niveau des élèves. Je n'ai pas d'opinion bien arrêtée sur le sujet (alors que je ne suis pas le plus mal placé pour m'exprimer sur le sujet : je suis retraité de l'enseignement, fils d'enseignant, petit-fils d'enseignant et je suis né dans une école !). Une question toute bête : est-il important que ma petite dernière, qui va quitter le CM2 dans un mois, n'ait jamais entendu parler, en cinq ans d'études élémentaires, de Napoléon Ier ? Une réponse négative serait tout de même difficile à argumenter.

 

Autre question : est-ce qu'à son âge je possédais plus ou moins de vocabulaire que cette enfant qui aura passé comme moi les dix premières années de sa vie dans un foyer d'enseignants ? S'il est difficile de répondre, une chose est sûre : elle ne possède pas le même vocabulaire que moi au même âge.

 

Un abonné de Twitter a posté récemment un document qui permet de nous forger une opinion : une page du Club des Cinq qu'il lisait enfant, et la même page dans l'édition que découvre sa fille actuellement.

 

Enid Blyton a vendu plus de 400 millions d'ouvrages, les plus populaires étant justement la série du Club des cinq, publiée de 1942 à 1963, en France par la Bibliothèque rose.

 

Les choses sont claires et les carottes sont cuites. L'édition d'il y a trente ans comportait au moins un tiers de pages en plus que l'édition actuelle, mais surtout la langue a beaucoup perdu de sa richesse dans la version d'aujourd'hui (en va-t-il de même dans l'original et dans les 40 traductions de la série ?).

 

Qu'on ne me bassine pas sur l'absence de nivellement vers le bas de la culture pour tous !

Le Club des Cinq aujourd'hui

Partager cet article

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article

commentaires

HN 07/06/2014 17:55

Les syndicats de gauche ont fait beaucoup de mal, de même que les psychopédagogues et leurs théories à la noix.

Torsade de Pointes 04/06/2014 23:34

Quand on compare les deux versions sur la photo, on constate, outre le remplacement du passé simple par le présent historique, aussi quelques substitutions lexicales assez significatives : sidéré au lieu de stupéfait, c’est génial au lieu de c’est magnifique. Cette opération de réécriture amènera-t-elle des enfants à lire qui auparavant ne lisaient pas ? J’en doute. Une expression comme « c’est génial » me ferait plutôt fuir. Le plaisir de la lecture, c’est l’évasion, et un livre sera d’autant plus efficace à cet égard que le style, le vocabulaire s’écartent eux aussi du banal quotidien. Il est à espérer qu’on ne fera pas subir le même traitement aux œuvres de Jules Verne p.ex.

D’ailleurs, M. Gensane, qu’en pensent vos gamines ? Ont-elles une préférence pour l’une ou l’autre version ? Avez-vous fait le test avec elles ?

BM 04/06/2014 17:50

Je ne suis pas du genre "complotiste", mais la "baisse du niveau" résulte du démantèlement méthodique du système éducatif public depuis presque un quart de siècle.

Ce démantèlement a été décidé en très haut lieu dans les années 1980, très consciemment et très délibérément.

Le but final n'est pas forcément financier : ouvrir l'éducation au secteur privé ne rapporte pas forcément grand-chose à ce dernier.

Non, le but final est bien l'endoctrinement (Mme Fioraso l'avait récemment laissé échapper : il faut inculquer "l'esprit d'entreprise" "dès la maternelle"), oour que les futurs exploités acceptent leur exploitation.

Accessoirement, "fabriquer des crétins" est très utile pour les puissants (contrairement à ce que semble croire l'auteur de cette expression) : sans savoir, pas de conscientisation, et donc les futures révoltes (que l'on ne pourra malgré tout éviter) ne remettront pas en cause le pouvoir des maîtres, car elles feront long feu comme les Jacqueries du Moyen Âge à leur époque.

La plupart de ces éléments sont développés dans le livre de Nico Hirtt, "L'Ecole prostituée" de Nico Hirtt (2001).

Lyonnais 04/06/2014 15:30

En 1964, lorsque j'ai débuté dans l'enseignement, j'avais un CM1
En 2000, lorsque j'ai pris ma retraite, j'avais un CM2 et le programme, pardon, les compétences à acquérir, étaient bien en deçà de ce qui était demandé 36 ans plus tôt !

ORIEZ Sandrine 04/06/2014 08:27

Plus de passé simple, forme trop complexe les enfants...

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche