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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 05:49

Jusqu’à Nasville Skyline, les albums de Dylan renferment une logique interne indéniable : révolte dans Freewheelin, introspection dans Bringing it All Back Home, folk rock expérimental dans Highway 61 et Blonde on Blonde, résurgence de “ country ” dans Nashville, recherche du passé dans JWH. Ce ne sera pas le cas de Self Portrait (juin 1970) et New Morning (novembre 1970).

 

Dans les deux disques, le bon et le banal font bon ménage. Les innovations y côtoient les artifices commerciaux les plus éculés. Les vingt-quatre chansons de Self-Portrait où la contribution de Dylan en tant qu’auteur-compositeur est très mince (cinq nouvelles chansons) ne constituent en fait qu’un inventaire hétéroclite des goûts – à l’époque – du chanteur. On y trouve des redites (« Like a Rolling Stone », « She belongs to Me », de la chanson traditionnelle (« Days of “ 49 ” »), du “ folk-rock ” de bonne facture (« The Boxer »), du mauvais Presley (« Blue Moon »), une version guimauve de « Je t’appartiens de Gilbert Bécaud » (« Let it Be Me »), tout cela au son de guitares hawaïennes et d’un chœur féminin et susurrant.

 

Globalement, la critique rejettera cet “ autoportrait ” et respirera avec New Morning qui, n’annonce cela dit, en rien, une aube nouvelle. Dylan retrouve (reprend ?) sa voix nasillarde des débuts en abandonnant son timbre de faux crooner. La chanson la plus populaire du disque sera « If not for You », reprise par George Harrison. 

Pas inintéressant est « Father of Night », une interprétation de la prière juive Amidah. « Day of the Locusts » est un souvenir cynique du très court séjour  de Dylan à l’université Princeton quand il y reçut un doctorat Honoris Causa. À noter également « Sign on the Window », la chanson sans prétention d’un père de famille optimiste quant à son avenir :

 

 

Looks like a-nothing but rain . . .

Sure gonna be wet tonight on main street . . .

Hope that it don't sleet.

 

Build me a cabin in Utah

Marry me a wife, catch rainbow trout

Have a bunch of kids who call me “Pa”

That must be what it’s all about

That must be what it’s all about

 

On dirait un rien, mais la pluie. . .

Sûr que le soir va être humide dans la rue principale. . .

Espérons qu'il n’y aura pas de neige fondue.

 

Me construire une petite maison dans l'Utah,

Me trouver une épouse, attraper des truites arc en ciel,

Avoir une flopée d'enfants qui m'appellent « papa »,

Ça doit être ça la vie,

Ça doit être ça la vie.

 

Au final, l’expression de l’album est plutôt plate, avec un réel manque d’imagination, dans la forme plus que dans le fond.

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