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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 05:41

Lui, c’est pour son nom qui me faisait rigoler quand j’étais gosse : Pichegru. Charles pour les dames. Celui qui pile le gruau. Traître à la République, traître à Bonaparte, factieux complice de Cadoudal. On lui promet 200 000 francs pour une première trahison. Il est condamné à la déportation à Cayenne d’où, paraît-il, il reviendra un peu basané. Il s’évade au Suriname et revient à Londres. Nous sommes en 1798. Il passe en Allemagne.

 

Il se rapproche du prince de Condé et des monarchistes. Il rejoint Cadoudal, mais il est à son tour trahit par d’anciens officiers.

 

Il est dénoncé le 28 février 1804 et incarcéré. Le 5 avril, il fait un tourniquet avec un petit bâton dans sa cravate en soie et s’étrangle. Certains avancèrent l’hypothèse que Napoléon avait impulsé ce suicide. Il s’en défendit : « Quant à l’inculpation relative à la mort de Pichegru, qu’on assurait avoir été étranglé par les ordres du premier Consul, Napoléon disait qu’il serait honteux de s’en défendre, que c’était par trop absurde. Que pouvais-je y gagner ? faisait-il observer. Un homme de mon caractère n’agit pas sans de grands motifs. M’a-t-on jamais vu verser le sang par caprice ?… Ceux qui me connaissent savent que mon organisation est étrangère au crime. Tout bonnement, Pichegru se vit dans une situation sans ressources ; son âme forte ne put envisager l’infamie du supplice ; il désespéra de ma clémence ou la dédaigna, et il se donna la mort. » (Mémorial de Las Cases)

 

Pichegru fut inhumé au cimetière des suppliciés. La Constituante de 1790 avait accordé aux suppliciés le droit d’être enterrés décemment.

 

(Pudor/Subtractio)

En finir ! (72)

Une très grand poétesse (ou « une très grande poète », pour écrire en  politiquement correct), un destin tragique : Sylvia Plath.

 

Maniaco-dépressive. Première tentative de suicide à 19 ans, à moto. « Mourir, c’est un art comme tout le reste. J’y réussis de façon exceptionnelle. » Son père meurt de la gangrène. « Je ne parlerai plus jamais à dieu », dit-elle.

 

En 1956, elle obtient une bourse pour étudier à Cambridge où elle rencontre le jeune poète Ted Hughes. Ils se marient, ont des enfants. Elle fait passer la carrière de son mari avant la sienne. Ils se séparent.

 

Le 11 février 1963, elle prépare le petit-déjeuner de ses enfants, elle ouvre le gaz dans la cuisine calfeutrée, tout en attendant les sauveteurs à qui elle laisse consigne de contacter son médecin. Ils arriveront trop tard. Ted ne s’en remettra jamais. Elle avait trente ans. Dans le poème “ Edge ”, très vraisemblablement son dernier, elle avait eut la prémonition de sa mort :

 

 

The woman is perfected.

Her dead
Body wears the smile of accomplishment,

The illusion of a Greek necessity

Flows in the scrolls of her toga,

Her bare
Feet seem to be saying:

We have come so far, it is over.

Each dead child coiled, a white serpent,

One at each little
Pitcher of milk, now empty.

She has folded

Them back into her body as petals

Of a rose close when the garden

Stiffens and odors bleed

From the sweet, deep throats of the night flower.

The moon has nothing to be sad about,

Staring from her hood of bone.

She is used to this sort of thing.

Her blacks crackle and drag.

 

(Impatienta doloris)

En finir ! (72)

Rien à voir, mais toutes les morts se valent, Georgica Popa condamna le 25 décembre 1989 les époux Ceausescu à mort au terme d’un procès où l’on entend sa voix mais où l’on ne le voit jamais. Est-ce parce que ce général estimait avoir conduit un procès très expéditif, est-ce parce qu’il fut lâché par les autorités roumaines, est-ce pour des raisons personnelles ? On ne sait trop. Il se tira une balle dans la tête dans le ministère de la Justice. Il avait 56 ans.

 

(Impatienta doloris)

En finir ! (72)

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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