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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 05:20

Début juin 2014, s’est tenue à Toulouse une conférence économique réunissant des spécialistes du secteur de l’énergie électrique. Son sujet principal, la dérégulation et ses effets sur les investissements de long terme et la capacité de production (en quantité et en qualité).

 

Dans les années 1990, un grand mouvement de dérégulation du marché de production et de distribution de l’énergie électrique a commencé en Grande Bretagne, puis s’est étendu aux Etats-Unis (Californie) à la Nouvelle Zélande, l’Australie, l’Amérique Latine (par le biais du F.M.I). Quelques années plus tard la vague de dérégulation toucha l’U.E et sous la pression de la commission européenne. Le marché français fut en partie dérégulé. A l’occasion de cette conférence toulousaine, certains enseignements furent tirés de ces expériences.

 

  • La production et la distribution d’énergie électrique demandent de gros investissements. En effet, la construction et l’entretien des lignes, la construction de centrales, mobilisent de grosses quantités de capitaux. Aussi, c’est la puissance publique qui en assume la charge (plus ou moins directement selon les pays.). En France, E.D.F fut nationalisée après la Deuxième Guerre mondiale par le ministre communiste Marcel Paul membre du gouvernement de Libération en application du programme du Conseil National de la Résistance « Les jours heureux ». S’en suivront 48 années d’investissement et de production publics.
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  • L’investissement public de long-terme permit de construire un système performant et de lisser les coûts. L’usager ne paya alors que le coût moyen de production. La mise en place de tarifs réglementés permit de lisser le coût de l’investissement et de construire des capacités de production légèrement excédentaires à même de répondre aux besoins de la population tout en limitant la volatilité des tarifs.
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  • La dérégulation fut rendue possible par cette légère surcapacité. La privatisation et la dérégulation de ces outils permirent à de grands monopole privés de détourner les profits à leur seul intérêt. Il est remarquable qu’aucune dynamique de dérégulation n’avait été lancée, dès lors que les capacités de production nécessitaient encore de l’investissement lourd !
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Comment se prépare la privatisation d'EDF
  • Une fois la dérégulation entamée, la mise en concurrence des unités de production conduisit à une dynamique de dégraissage des capacités de production qui entraîna une pénurie énergétique (rappelons-nous des Black-out en Californie) et une montée des prix. Puis un surinvestissement pour retrouver une capacité suffisante, surinvestissement qui ne déboucha pas sur une baisse des prix, le capital privé surinvestit demandant à être rémunéré.
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  • Ces cycles de destruction/réinvestissement de capital ne permirent nullement la réorientation de la production vers des énergies plus « vertes » : les besoins en capitaux étant trop importants et/ou demandant une rémunération difficilement acceptable par l’usager devenu client.
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Il faut toujours avoir à l’esprit que les mots « planification » et « nationalisation » ne sont pas des gros mots. Bien au contraire, ils sont l’expression d’un contrôle citoyen du développement au service de tous et des barrières efficaces au saccage de l’environnement au bénéfice de la rémunération de capital privé au seul profit de quelques-uns.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

michel barda 15/07/2014 22:36

aqu fait, on a lancé une enquête sur les conditions de la solution crédeit lyonnais-b tapie ainsi que de l'affaire du champ de course de compiègne. quid de la négociation des ventes des autoroutes ?

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