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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 05:53

Issu d’une famille noble de Gaule, Julius Sacrovir était né vers 10 avant Jésus-Christ à Autun (Augustodunum). En 21, la colonisation romaine devient franchement insupportable. À la tête d’une armée de 40 000 hommes, Sacrovir s’attaque à l’occupant. Mal lui en prit, comme le raconte Tacite :

 

« …Sacrovir, monté sur un superbe cheval, rappelle en vain les anciens triomphes des Gaulois, des désastres dont ils avaient accablé les Romains, combien leur liberté serait accrue par leur succès et leur servitude par la défaite? Néanmoins, l'inquiétude s'était glissée dans les rangs. Aux légions frémissantes, Silius se borne à rappeler les faciles victoires remportées sur les Trévires, les Séquanes, et à ces cités encore redoutables d'opposer les milices qu'une richesse et une civilisation plus raffinées rendait impropre à la résistance. Un instant retardée par les crupellaires [gladiateurs] mis en première ligne contre lesquels s'émoussait le fer des javelots, l'action devint générale. Les légionnaires s'armant les uns de haches et de marteaux, les autres de crocs et de fourches coupées dans les forêts voisines, enfoncent avec entrain cette muraille d'hommes qui, une fois à terre, ne pouvaient plus se relever… »

 

Les gaulois furent écrasés. Caché dans une habitation isolée dans la campagne près d'Autun, il se suicida en se poignardant; ses compagnons firent de même après avoir mis le feu à l'habitation qui leur servit de bûcher.

 

(Subtractio)

 

En finir ! (78)

 

Né en 1827, Takamori Saigo était issu d’une modeste famille de Samouraïs. Par hostilité à l’Occident, il s’oppose au shogunat. Quand les Occidentaux débarquent au Japon en 1868, il provoque un coup d’État qui restaure l’autorité impériale avec Meiji. Las ! Le nouvel empereur est encore plus favorable aux étrangers.

 

Saigo fonde une école privée. Lui et ses disciples prennent le contrôle de la région de Kagoshima. Les conseillers impérieux lui proposent de rentrer dans la capitale. Il refuse et se rebelle avec 40 000 hommes qui, avec leurs seuls sabres, vont s’attaquer aux 70 000 soldats de l’armée munis de pièces d’artillerie et de fusils. C’est un massacre (15 000 morts, 25 000 blessés). Saigo est lui-même blessé et décide de se faire seppuku le 14 septembre 1877. Cette fin inspira à Mishima son roman Chevaux échappés.

 

Le militaire français Henri Rieunier raconta ainsi la fin du samouraï : « Cerné sur une montagne isolée avec 400 de ses partisans, par 7000 impériaux qui les ont traqués comme des bêtes fauves, et bombardés à outrance, il a péri avec ses plus fidèles serviteurs. On dit que Takamori Saïgo déjà aux mains de soldats impériaux qui le garrottaient, avait été, selon ses instructions, décapité par les siens, avant qu’on ait pu l’enlever vivant. Takamori Saïgo a été si vite surpris qu’il n’a pas eu le temps de se brûler la cervelle. »

 

La tête de Saigo fut envoyé à l’empereur comme preuve de la victoire sur la rébellion. Les aides Saigo furent massacrés dans la prison de Nagasaki.

 

(Pudor)

 

En finir ! (78)

 

Richard Chanfray, dit comte de Saint-Germain, défraya la chronique dans les années 70, faisant les choux gras de la presse à sensation de l’époque (on ne disait pas encore people) : France-Dimanche, Ici-Paris etc.

 

Il fait d’abord croire qu’il est la réincarnation d’un comte du XVIIIe siècle. Ce qui bouleverse la chanteuse Dalida (future suicidée), dont il devient l’amant. Pendant leur relation de huit années, Dalida va tenter de faire reconnaître les immenses dons cachés de Richard. Il enregistre en duo avec elle deux ou trois disques qui passent largement inaperçus. En 1980, il est l’un des interprètes du téléfilm de Roger Hanin Le Coffre et le revenant. Il rédige également des horoscopes dans des revues pour adolescentes.

 

Lui qui se prétend immortel se suicidera le 13 juillet 1983 en s’asphyxiant dans sa voiture en compagnie de sa dernière fiancée, Paula Guillez-Loos.

 

En 2005, France 2 programme un téléfilm consacré à Dalida, Dalida, le film de sa vie. Christophe Lambert tient le rôle du comte, qu’il évoque ainsi en marge du film :

 

« Richard Chanfray est issu d’un milieu modeste. Sa mère, femme de ménage, et son père, camionneur, il préfère les oublier. Tout comme il préfère enterrer l’adolescent délinquant qu’il a été. C’est un personnage paumé, excessif qui souhaite transformer sa vie misérable en un conte de fée. Ça, c’est admirable ! Tout le monde devrait cultiver ses propres rêves, même inatteignables ! Cet homme croit tellement en ses illusions qu’elles en deviennent réelles. Orlando [le frère de Dalida] m’a confié qu’il était doué en tout : capable d’apprendre le piano en un mois et d’en jouer comme un pro. Il passait aisément de la peinture à la sculpture… mais ne se donnait jamais vraiment à fond. Sauf lorsqu’il séduit Dalida, là il est à 1 000 %. On dit qu’il a été celui qu’elle a le plus aimé. Certainement celui qui lui a fait découvrir sa féminité. Il vendait la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Tout le temps ! C’était sa forme de mythomanie. Il inventait sa vie, entrait dans la peau d’un autre : le Comte de Saint-Germain, comme le ferait un comédien. Mais il souffrait d’un terrible manque de confiance qu’il masquait par un excès de vantardise et d’assurance. Ainsi, il pensait que tout lui était acquis. Il se mentait à lui-même. C’est un peu pathétique. Quand on veut jouer au play-boy, il faut en avoir l’humilité ! Cette insécurité l’angoissait tant qu’elle a fini par l’éloigner de tous et surtout de Dalida. »

 

(Pudor)

 

 

En finir ! (78)
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commentaires

P
Pour revenir sur Takamori Saigo, un très bon film "Le dernier Samouraï " reflète magistralement (même romancé) cette histoire. Et cela malgré le premier rôle attribué à notre scientiste préféré (g nommé Tom Cruise).
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