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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 05:28

Très belle, comme toujours, photo de René Maltête (recadrée par moi pour des raisons techniques). Nous sommes en 1967. Ce sont les premières élections législatives auxquelles je me suis vraiment intéressé, même si je n'avais pas le droit de vote puisque la majorité était encore à 21 ans.

 

 

Souvenir des législatives de 1967

 

Les Gaullistes avaient inventé ce slogan tautologique un peu débile mais assez efficace. Le Canard Enchaîné l'avait détourné à qui mieux mieux : “ La majorité, c'est mou ”, “ La majorité, c'est flou ”. Effectivement, les sondages prédisaient une victoire de la droite d'extrême justesse, une possible victoire de la gauche. On imagine que De Gaulle aurait alors démissionné car il eût été inconcevable pour lui d'appeler Mitterrand à Matignon.

 

Sans parti pris, je peux dire que le désir de changement, mais aussi la vigueur politique était du côté de la gauche, avec un parti communiste aux alentours de 20%. L'électorat de droite était très divisé entre les Gaullistes purs et durs, les centristes atlantistes style Lecanuet, et une frange importante de nostalgiques de l'Algérie française qui vomissaient De Gaulle. Heureusement que l'UDR moutonnait pas mal, même si ses chefs mirent le paquet. Je me souviens en particulier d'un débat de haute tenue et très houleux, à Grenoble, retransmis en direct par Europe n° 1, entre Mendès France et Pompidou. Ce dernier savait que la victoire n'était nullement assurée. Pendant une heure et demi, il exprima une dureté qui masquait une haine réelle contre Mendès et qui trahissait la peur de tout perdre.

 

À la fin de la soirée électorale du deuxième tour, la gauche était victorieuse. Il manquait heureusement les résultats des DOM-TOM où le parti gaulliste avait manipulé les élections comme jamais. Le lendemain matin, la droite était majoritaire. Les moutons pouvaient continuer de moutonner sans imaginer, car personne ne l'avait prévue, l'explosion de Mai 68 quelques mois plus tard.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Adario 02/09/2014 19:49

Mais nous sommes des moutons attirés par les belles promesses du "gagner plus", par les espérances d'égalité, les espoirs de justice... (c'est selon chacun). Puisque nous sommes dans le souvenir, rappelons-nous les élections présidentielles de 1974 et celui qui "regardait la France dans les yeux", qui a gagné d'ailleurs d'une courte avance. Je me suis toujours demandé comment les choses auraient évolué si Mitterrand l'avait emporté cette fois-là. On peut toujours rêver pour ne pas sombrer !

Daniel 02/09/2014 11:28

Déjà, réduire les citoyens à des membres d'un troupeau

Adario 02/09/2014 11:09

Merci BM pour ce lien. D'1 seul coup, toute ma jeunesse, mes rages et révoltes remontent et me replongent dans 1 climat de violence qui est près de resurgir. Aujourd'hui mythifié, PMF, homme et politique hors du commun, fut honni, vilipendé. N'oublions pas le SAC (Service Action Civique) - civique tu parles avec des adhérents très agissants qui venaient en droite ligne de la rue Lauriston ! - que le Général n'a jamais renié avec à sa tête le sinistre Foccart. En 1967, le SAC était tout puissant et réglait les élections et manif. Pour faire court : aujourd'hui il y a la mondialisation, l'ultralibéralisme, le fric... et chez nous un sous-SAC, le MIL... qui, je pense, est tjrs actif ?

Gensane 02/09/2014 10:22

C'est vrai que le parti gaulliste à l'époque s'appelait l'UNR. Plus exactement UNR-UDT. UDT pour Union démocratique du Travail (ouaf !). Trois pelés derrière un juriste gaulliste de gôche, René Capitant, à qui Pompidou faisait avaler couleuvre sur couleuvre.

Gensane 02/09/2014 10:20

A BM. C'est vrai que le parti gaulliste s'appelait à l'époque l'UNR, plus exactement l'UNR-UDT. EDT pour Union Démocratique du Travail (ouaf !). Trois pelés réunis autour d'un juriste gaulliste de gôche, René Capitant, à qui Pompidou faisait avaler couleuvre sur couleuvre. Le Canard les appelait les "Zudétés".

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