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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 06:41

 

 

Parlera-t-on de la mort de Christophe-Gabriel-Jean-Marie Jacquin de Margerie, petit-fils d’un responsable pétainiste collabo pendant la guerre ? Peut-être, mais on évoquera d’abord, avec L’Humanité, la disparition du grand photographe suisse René Burri. Nous avons tous en mémoire son portrait de Che Guevara, fumant un cigare phallique, ou celui de Picasso, malicieux dans un tricot qui a dû inspirer Montebourg.

 

Le photographe qui vivait entre Zurich et Paris a légué, l’année dernière, toutes ses archives au Musée de l'Elysée à Lausanne, soit environ 30.000 photos, précise L’Humanité. En plus du Che, il a aussi immortalisé Fidel Castro, sa célèbre casquette vissée sur la tête et fumant le cigare également. Sa première photo,  René Burri la conservait dans son bureau, datée de 1946, quand il avait 13 ans. Elle représente Winston Churchill, de profil, dans une voiture officielle décapotable, alors qu'il effectuait une visite à Zurich.

 

« Il ne faut pas venir comme un bulldozer » quand on veut photographier une célébrité, avait-il aussi coutume de dire. De fait, il mit quatre ans pour décrocher un rendez-vous avec Picasso. Son mentor avait été Henri Cartier-Bresson, connu pour capter “ l'instant décisif ”. René Burri, lui, choisira une autre approche, plus axée sur le long terme.

 

 

Dans Le Grand Soir, Pierre Verhas analyse longuement la situation très préoccupante que connaît la Belgique où l’extrême droite est désormais au pouvoir : « Les sérieux accrochages entre l’opposition socialiste francophone et la nouvelle majorité qui comporte trois partis flamands – les nationalistes de la NV-A (Nouvelle alliance flamande), les chrétiens du CD&V, les libéraux thatchériens de l’Open VLD et un seul parti francophone, parti du Premier ministre Charles Michel, le MR – Mouvement réformateur, droite libérale – ont fait apparaître la présence au gouvernement de deux ministres proches de l’extrême-droite flamande, tous deux appartenant à la NV-A : le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jan Jambon et le secrétaire d’Etat à la Migration, Théo Francken. » Pour Verhas, la collusion entre les fascistes et le patronat est patente : « on en a déjà un élément : l’attitude de la direction de la chaîne de grandes surfaces Delhaize est symptomatique. En plus d’une restructuration qui entraînera 2 500 pertes d’emplois et la fermeture d’une vingtaine de magasins, les patrons veulent effectuer une retenue de 90 euros mensuels sur les salaires de tous les travailleurs et revoir à la baisse les augmentations barémiques à l’ancienneté. Ces mesures non concertées sont illégales. Il est évident que la venue au pouvoir de la droite ultralibérale n’y est pas étrangère : elle ne fera preuve d’aucun zèle pour défendre la légalité sociale. » Pierre Verhas conclut que « La lutte contre l’extrême-droite et pour le rétablissement de la démocratie et surtout des droits à la dignité doit être sans merci mais dictée par l’intelligence d’une stratégie à élaborer dans l’unité de celles et de ceux pour qui les principes de liberté et d’égalité sont inaliénables. »

 

Il ne faut jamais faire parler les morts, sauf quand ils étaient vivants. Alors, on terminera avec quelques citations du défunt Margerie. Sur le fait que Total ne paye pas d’impôts en France : « Je rêve de payer plus d’impôts en France » affirmait-il éploré. Et aussi : « Nous clouer au pilori est facile. Nous taxer ne résoudra rien. » Sur l’exploitation du gaz de schiste : « Ayons le courage de faire de l'exploration, et après ça on en discute ». Sur le prix des carburants (alors que le gouvernement venait de mettre en place une contribution financière de 115 millions d'euros de la filière pétrolière) : « Le super à 2 euros, cela ne fait aucun doute. La vraie question, c'est quand ? Il faut espérer que cela n'arrive pas trop vite. » Sur l’État : « En France, le vrai problème c'est l'État. 55 % du PIB est dans les mains de l'État, qui au passage a du mal à le gérer, et on ne s'occupe pas de l'entreprise, on est encore à papa-maman, à demander à l'État qu'il s'occupe de nous! »

 

Selon Valeurs Actuelles, publication objective bien connue, l’ami de Jean-Pierre Jouyet (qui n’a que des amis partout) était atypique, anticonformiste, iconoclaste, fiable et chaleureux. Pour Paris Match, « sous ses airs d’épicurien, Margerie, chaleureux, attentif, extraverti, dissimulait une résistance physique d’éléphant. »

 

Au fait, les médias ont complètement oublié de rappeler que, quelques semaines avant d’être nommé numéro un de Total, il avait été mis en examen par le juge Courroye (pourtant peu hostile aux patrons) dans le dossier irakien en octobre 2006 et avait passé soixante-quatre heures en garde à vue, sans ceinture, sans chaussures, sans lunettes.

 

Revue de Presse (103)
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commentaires

A
Dans la famille de Margerie, je préfère de loin Diane, spécialiste et traductrice de John Cowper Powys dans les années 70.
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A
Sur Margerie, il y a eu l'autre soir à l'émission on est pas couché un discours dithyrambique de Léa Salamé sur ce personnage. Ce que j'aime bien chez cette 'journaliste' ce sont ses certitudes qui sont à la hauteur de sa connerie. Bien évidemment sa modestie, également, qui est sensiblement égale à son ignorance. ça pourrait être du vide, même pas car c'est ce genre de personnage qui est en haut de l'affiche. Il va de soi que comme d'habitude il ne reste plus qu'à changer de chaîne
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