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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 06:47

 

 

Comme le patronat sait que les Solfériniens « aiment » l’entreprise et que le ventre mou de l’Élysée n’a plus prise sur grand-chose, il va continuer sa surenchère sans fin contre les salariés, contre les droits des travailleurs, contre les conditions d’existence de la majorité des Français. Ce que le Medef apprécie chez les Solfériniens, c’est que des « réformes » impossibles sous un gouvernement de droite sont désormais dans l’air du temps, parfaitement réalisables – et réalisées. L’objectif du Medef est, pour le long terme, d’arrimer les syndicats et le gouvernement sur son terrain.

 

En décembre prochain, l’offensive du Medef battra son plein. Gattaz, que ses amis appellent affectueusement le « bulldozer », va exiger les « réformes » suivantes :

 

  • le droit de licencier sans raison
  • la fin des 35 heures
  • la légalisation de l’emploi de salariés étrangers hors du droit français
  • le droit de payer des salariés au-dessous du smic
  • l’annulation de l’obligation d’un minimum de 24 heures par semaine pour les travailleurs employés à temps partiel
  • la remise en cause des seuils sociaux
  • la fin du compte pénibilité
  • l’annulation de l’obligation d’informer les salariés de la cession de l’entreprise dans les PME
  • l’annulation de l’impôt sur les dividendes.

 

« Bulldozer » Gattaz envisagerait même d’obtenir du bénévolat au service des patrons. Le Medef demande également à la France de sortir de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (la France est un des pays qui a ratifié le plus de conventions de l’OIT) qui, depuis 1985, réglemente la cessation de la relation de travail à l'initiative de l'employeur, par laquelle tout licenciement doit être motivé. Sortir de cette convention mettrait par exemple en péril les droits des femmes enceintes.

 

L’action militante patronale se traduira dans les semaines qui viennent par des conférences de presse et, peut-être, par des manifestations de rue !

Le patronat français à l’offensive

Le nouveau cadeau de 40 milliards promis par le gouvernement (baisse des cotisations, hausse d’impôts sur les salariés et les retraités) ne suffit pas à la voracité du patronat. L’augmentation de 30% des dividendes en 2013 (record du monde), non plus. Pourtant le gouvernement ferme les yeux devant les 80 milliards de fraude fiscale et les 25 milliards de fraudes sociales des entreprises.

 

Le Medef est à peine satisfait de la grande « réforme » – dans le cadre des mesures de simplification des entreprises – concernant la médecine du travail. Le gouvernement propose pourtant de transférer aux médecins traitants la visite médicale d’embauche et les visites périodiques (à l’exception des activités difficiles ou dangereuses). Le gouvernement propose également de supprimer pour le médecin du travail le droit de demander l’aménagement d’un poste de travail pour un salarié ayant des problèmes de santé. Pour Manuel Valls et François Hollande (qui « aime les gens »), les visites chez le médecin du travail sont « chronophages et peu ciblées ».

 

La CGC elle-même se dit « offusquée » par ces projets. Elle a bien compris que si l’interlocuteur du travailleur est son médecin traitant,  il sera isolé car les problèmes collectifs d’hygiène et de sécurité ne seront pas pris en compte. Dans un communiqué du 7 novembre 2014, l’association Santé et médecine au travail (une association d’employeurs au service de la prévention), a déclaré : « C’est la première fois, à notre connaissance, qu’un gouvernement se prétendant de gauche évacue si facilement son obligation constitutionnelle régalienne de préservation de la santé au travail des travailleurs, représentée par la médecine du travail.

 

Source : CGT Dieppe et L’Humanité 

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commentaires

M
Bonjour,
Je vous remercie pour cet article coup de poing. Je suis médecin du travail intérimaire depuis 5 ans et je ne comprends pas que l'on veuille remettre en cause cette activité qui permet pourtant d'assurer la santé des salariés.
C'est révoltant de devoir en arriver là et devoir se battre pour:
- maintenir les missions d'un professionnel de santé indispensable dans le bon fonctionnement d'une entreprise,
- préserver la protection médicale des salariés, qui rappelons-le, ne peuvent être productifs que s'ils sont en bonne santé et s'ils se sentent bien
J'espère que ces mesures assurément contre-productives ne seront jamais votées.
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