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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 06:17

Y a-t-il une entreprise plus française que Christofle ? Pas sûr. Cette orfèvrerie fut fondée par Charles Christofle en 1830. Très vite, elle se spécialisa dans l’argenture et la dorure. Ses successeurs introduisirent la galvanoplastie. Depuis Christofle est synonyme de qualité, d’excellence française, de l’époque où l’on ne travaillait pas plus pour gagner plus mais où l’on avait le culte du travail bien fait.

 

Ces temps-ci, la société Christofle s’est lancée dans une campagne de pub avec un slogan, je vous le donne en mille, mâtiné d’anglais. Avec Christofle, on vit des « Silver Moments ». « Instants Argentés » ? C’était l’horreur ! En plus, en français, on pouvait jouer sur le double sens d’« argent » (le métal et la monnaie), ce qui n’est pas possible avec l’anglais. Faut tout leur dire à ces concepteurs neuneux.

Méprisons la langue française (33)

PS : deux petites remarques qui n’ont rien à voir sur des faits de langue qui me hérissent. Il semble que les cadres dynamiques, du privé comme du public, affectionnent les mots qui se terminent en « du ». On ne dit plus les « attentes » (« nos attentes en matière de résultat ») mais les « attendus ». On ne se contente plus de la « remise » (d’un dossier ») mais du « rendu » de ce dossier. Quand on remplace un bon mot par un faux mot, cela cache quelque chose. Je ne sais pas trop quoi, mais je trouverai.

 

On sait que l’université française est de moins en moins républicaine et de plus en plus managériale, tant elle se décroche le cou en regardant du côté des States. On en veut pour preuve les nouveaux noms d’établissement universitaire qui fleurissent actuellement. Plusieurs établissements normands se sont récemment regroupés. Ils auraient pu appeler leur nouvelle communauté universitaire « Université de Normandie ». Pas assez Wall Street. Ils ont préféré « Normandie Université ».

 

Avec ce symbole de toute beauté :

Méprisons la langue française (33)
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commentaires

P
L'emploi abusif de l'anglais (ou, plutôt, du globish) à propos de tout et de n'importe quoi n'est jamais qu'une marque de distinction. Au XVIIIe siècle, en Europe (de 1715 à 1789), on parlait français. Mais avec une différence de taille : d'une part cette connaissance était confinée aux cours (y compris aux cours des petits Etats du Saint Empire), et, d'autre part, cette connaissance était parfaite : le roi Frédéric de Prusse parlait français parfaitement.<br /> <br /> A la fin du siècle, avec les débuts du pré-romantisme (en Angleterre et en Allemagne), il y eut une réaction en faveur des langues nationales, des traditions nationales, réaction bien entendu amplifiée par la Révolution et par l'Empire, où le français fut perçu (bien évidemment) comme la langue de l'envahisseur, de celui qui faisait la guerre.<br /> <br /> Mais, après la défaite de Napoléon, les élites nobles (suivies de la haute bourgeoisie) se remirent à parler français et ce jusqu'à 1914. Lors de la &quot;dictée de Mérimée&quot;, en 1857, Napoléon III aurait fait soixante-quinze fautes, et le prince de Metternich, trois...<br /> <br /> Durant la guerre de 1870, voici par exemple ce qu'écrivait (en français) au général Trochu, gouverneur de Paris (alors assiégé), le commandant en chef de l'armée allemande :<br /> <br /> &quot;Il pourrait être utile d'informer Votre Excellence que l'armée de la Loire a été défaite hier près d'Orléans et que cette ville est réoccupée par les troupes allemandes.<br /> Si toutefois Votre Excellence jugeait à propos de s'en convaincre par un de ses officiers, je ne manquerai pas de le munir d'un sauf-conduit pour aller et venir.<br /> Agréez, mon général, l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être Votre très humble et très obéissant serviteur&quot;.<br /> <br /> Et cet exemple n'est pas le seul...
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B
Le &quot;globish&quot; actuel est le lointain descendant du latin du temps de Rabelais :<br /> <br /> http://www.champfleury.org/litterature_francaise/siecle16/etude16/renaissance/5,3.htm
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