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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 06:45

Léa (ou Hala ?) Salamé, la nouvelle coqueluche de nos médias télévisuels et radiophoniques, ce n’est pas n’importe qui. Libano-française, elle est la fille d’un ancien ministre de la Culture libanais, par ailleurs professeur des universités en France. Sa sœur, chargé de communication à l’Agence France-Muséums Louvre Abou Dhabi, a épousé le comte Raphaël de Montferrand.

 

Ses études secondaires se sont déroulées à l’École Alsacienne. Pour ceux qui ont fréquenté le collège Pablo Picasso, cette excellente école privée non confessionnelle est, à l’origine, alsacienne et protestante. Essayez d’y inscrire vos enfants, je vous paye le champagne (un de mes amis, alsacien et protestant, avait réussi à y faire entrer son fils en le préinscrivant avant même la conception de l’enfant). Elle a ensuite fait des études supérieures à l’université Assas et à Sciences-Po, deux bastions intellectuels de la droite et de l’extrême droite. En 2001, elle réside à New York et elle est blessée lors des attentats du 11 septembre.

 

Elle est entrée en journalisme sous la coupe de Jean-Pierre Elkabbach à La Chaîne parlementaire. Elle est surtout connue aujourd’hui pour avoir succédé à Natacha Polony dans l’émission de Laurent Ruquier “ On n’est pas couché ”.

 

Elle définit ainsi sa démarche journalistique : « Contrairement à Natacha Polony ou à Aymeric Caron où on peut plus facilement prévoir ce qu’ils vont dire car ils sont dans un mode de pensée systémique, idéologique, je suis beaucoup plus nuancée. Dans un monde très manichéen, je revendique le gris, même si c’est moins vendeur, moins efficace. »

 

« Grise et nuancée », dit-elle.

 

Je ne regarde jamais “ On n’est pas couché ”. D’abord, à l’hospice, l’extinction des feux, c’est 20 heures 30. Et puis je suis, par principe, opposé au mélange des genres, donc à l’infotainment, où, comme le nom l’indique, on ne sait jamais si on est dans la politique, dans le spectacle ou dans la politique-spectacle.

 

En septembre dernier, un accrochage mémorable auquel je n’ai pas assisté en direct a opposé l’ancien ministre de gauche et de droite Bernard Kouchner au journaliste – dont il se dit qu’il est de gauche – Aymeric Caron. Bien que n’ayant guère de sympathie pour ce qu’est devenu Kouchner, je dois reconnaître que ce qu’il a exprimé le concernant était globalement juste. Mais j’ai surtout apprécié qu’il ait vu sous les sourires doucereux et la chevelure permanentée de Caron une machine à piéger l’autre et à se faire valoir soi-même. Avec des insinuations sur le fait que le fondateur de Médecins sans Frontières aurait organisé des trafics d’organes. Avec des phrases comme « On a souvent l’impression que votre image … ». C’est cela l’infotainment : des impressions et de l’image. Mais pour des vedettes de la médiacratie comme Caron, il s’agit du fin du fin du journalisme.

 

 Napoléon avait dit un jour à Talleyrand qu’il était « de la merde dans un bas de soie ». Derrière ses sourires policés, Caron cachait en fait une très grande violence (malgré ses « je ne fais que poser des questions ») à laquelle Kouchner a répondu par une violence encore plus grande : « Vous dites des saloperies, j'en ai marre ! Vous dites n'importe quoi. […] Il n'y a pas de question, il ne dit que du mal. Il m'emmerde ! Je m'en fous ! Il n'y a aucune valeur à ses questions, ce sont des clichés dégueulasses. »

 

Kouchner fit ensuite comme si Caron n’était pas là et demanda à Léa Salamé de lui poser une question. Ce qu’elle accepta derechef, sans le moins du monde exprimer en préambule sa solidarité avec son collègue :

 

« Comment vous trouvez les deux ans et demi de mandat de votre ami François Hollande, comment est-ce qu'on peut rater aussi franchement un début de mandat ? » Et elle ajouta : « comment un homme aussi intelligent peut-il rater … ».

 

La méthode Salamé, c’est ça. Est-il possible de se dépatouiller d’une question qui contient une réponse qui vous est hostile ? Que sous-entendait la référence à l’« amitié » de Kouchner pour François Hollande, et que venait-elle faire dans le débat ? Quid du QI de François Hollande ? Cela fait pourtant un petit moment qu’on n’a pas eu un chef d’État français complètement neuneu !

 

Kouchner s’en sortit par une réponse à mi-chemin entre les réunions mondaines et le café du Commerce : « Hollande ne pouvait pas tenir toutes les promesses du discours du Bourget, mais il n’a pas tout raté. » C’était suffisamment « gris et nuancé » pour Léa (Hala ?), qui n'est ni grise, ni nuancée.

 

53 minutes de pas grand-chose.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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