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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 06:55

Une bassesse d'Obama, une erreur de Google Traduction, un fantasme de Houellebecq, une interdiction dans le métro parisien.

 

Alexander Main, dans le site Mémoires des Luttes, explique comment la grande histoire s’accompagne souvent de petites bassesses. Le 18 décembre dernier, soit le lendemain de son discours annonçant une nouvelle ère des relations entre les Etats-Unis et Cuba, Obama promulguait une loi visant à imposer des « sanctions ciblées aux personnes responsables des violations des droits humains des manifestants anti-gouvernementaux » qui, de février à avril 2014, avaient occupé les rues et monté des barricades dans plusieurs villes du Venezuela.

Les promoteurs de la loi invoquent une quarantaine de victimes de la répression menée par les autorités. Ils oublient de mentionner qu’une bonne partie de ces victimes étaient des policiers et des militants chavistes et que le gouvernement avait fait arrêter au moins 17 membres des forces de sécurité contre lesquels il existait des présomptions d’actes de violence sur les manifestants. En fait, les ténors de l’opposition vénézuélienne avaient poussé leurs troupes à utiliser des méthodes insurrectionnelles pour provoquer le départ de Nicolas Maduro élu à la présidence en avril 2013 de manière parfaitement légale et transparente.

 

 

Dans le Monde Diplomatique de janvier 2015, Frédéric Kaplan et Dana Kianfar se demandent ce que valent les traducteurs automatiques de Google : « Au début du mois de décembre dernier, quiconque demandait à Google Traduction l’équivalent italien de l’expression « Cette fille est jolie » obtenait une proposition étrange : Questa ragazza è abbastanza, littéralement « Cette fille est assez ». La beauté s’était perdue en cours de traduction. Comment un des traducteurs automatiques fort d’un capital linguistique unique constitué de milliards de phrases peut-il commettre une erreur aussi grossière ? La réponse est simple : il passe par l’anglais. « Jolie » peut se traduire par pretty, qui signifie à la fois « joli » et « assez » (« It’s pretty good » : c’est assez bon). Le second sens correspond à l’italien abbastanza. »

 

 

Sylvain Bourmeau, dans Mediapart, nous parle du dernier roman de Michel Houellebecq, Soumission. Nous sommes dans sept ans et la France a peur. Le pays est en proie à des troubles mystérieux, des épisodes réguliers de violences urbaines surviennent sur le territoire national. Dans quelques mois, l’élection présidentielle verra triompher le leader de Fraternité musulmane, un parti créé quelques années plus tôt. Au soir du 5 juin 2022, au terme d’un troisième tour, le deuxième ayant été annulé du fait d’incidents dans de nombreux bureaux de vote, Mohammed Ben Abbes bat très nettement Marine Le Pen grâce au soutien du Parti Socialiste et de l’UMP et nomme très vite François Bayrou Premier ministre.

Du jour au lendemain, dans la rue les femmes ne s’habillent plus pareil et optent pour de longues blouses de coton par dessus leurs pantalons ; fortement encouragées par des allocations familiales désormais substantielles, elles quittent massivement le marché du travail, ce qui fait spectaculairement reculer le chômage ; dans les quartiers sensibles, la délinquance disparaît ou presque ; les universités deviennent islamiques et les enseignants non musulmans sont mis à la retraite d’office sauf à se convertir, se résoudre à la soumission.

 

Si Soumission n’est stricto sensu pas ce qu’on appelle un roman à thèse, il s’en approche lourdement en s’affichant comme un roman à (étrange) hypothèse. En choisissant de placer au cœur de sa fiction une hypothèse – la prise du pouvoir en France par un parti musulman en 2022 – qu’il sait lui-même proprement inimaginable, Michel Houellebecq dramatise. Mais il ne dramatise pas en choisissant d’imaginer une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2022 (ou dès 2017) – ce qu’on peut, hélas, considérer comme imaginable –, il dramatise dans une direction précise, choisissant d’agiter l’épouvantail favori des médias : l’islam.

 

 

Perline, dans Politis, s’est récemment aperçue qu’on ne pouvait pas prendre de photos dans le métro parisien : « lundi je vois  dans la station Villiers une publicité pour un salon post-bac. Avant de perdre l’information, je prends une photo pour l’envoyer directement par SMS à ma fille.

Soudain surgit derrière moi une voix, arrivée d’on ne sait où, qui me tance : « c’est interdit de prendre des photos ». Sidération de nouveau. Oui, la RATP met des personnes sur les quais pour leur dire qu’elles n’ont pas le droit de prendre des photos.

Oui, la RATP nous agresse de pubs sur l’intégralité des murs, de station et de couloirs, mais on ne peut pas en prendre des photos.

Oui, la RATP nous filme dans tous les coins, sans nous demander quoi que ce soit, sans nous dire où, ni ce qu’elle fait de ses images, mais nous, clients, on ne peut pas prendre de photo. »

 

Revue de Presse (112)

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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