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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 06:25

Marianne.fr évoque le dernier combat mené par Bernard Maris, un combat en surface technique, mais au fond très politique :

 

L’Association française d’économie politique fait l’amer constat que les thèses hétérodoxes ne sont plus retenues par les jurys composés presque exclusivement de professeurs formatés aux mathématiques. Le phénomène tient de l’éradication idéologique : l’âge et les départs à la retraite aidant, il n’y aura bientôt plus d’économistes iconoclastes dans nos universités.

 

D’où l’idée de la création d’une seconde section de recrutement au Conseil national des universités (CNU) qui enseignerait que l’économie tient d’abord à la sociologie, à la politique, à l’histoire… autant qu’aux mathématiques. Contre l’éco omnipotente et à prétention infaillible, l’Afep et Bernard Maris défendaient une discipline exigeante mais ouverte, au service des politiques. L’AFEP avait d’ailleurs convaincu l’éphémère ministre Benoît Hamon. Najat Vallaud-Belkacem, elle, avait fait savoir en décembre qu’elle viendrait l’annoncer lors de l’assemblée générale de l’AFEP le 13 janvier.

 

Halte-là ont crié les « Je-ne-suis-pas-Bernard » de France et de Navarre. Le conseil de la Ve section des sciences économiques du CNU a ainsi menacé la ministre… de faire grève. Un peu comme les taxis quand on leur parle d’UberPop… Et ils ont trouvé des porte-parole bien en cour, comme le prix Nobel [sic] Jean Tirole qui n’a sans doute pas digéré qu’Oncle Bernard écrive un jour : « Les théoriciens de l’économie économie industrielle (c’est la spécialité de Tirole) sont une secte, dont l'obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos. Il n'est pas difficile de repérer le taliban sous l'expert, et le fou de Dieu sous le fou de l'incitation ». Ou bien encore Philippe Aghion, ponte de Harvard, jongleur des équations et conseiller même pas occulte de l’Elysée et de Bercy.

 

D’après nos informations (recoupées avec celle de Christian Chavagneux d’Alternatives économiques), l’intervention de ces deux mandarins a réussi à bloquer l'affaire, le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem indiquant à André Orléan que toute décision est désormais repoussée !

 

Perico légasse, que je n’ai jamais cité, expose dans Marianne que la laïcité, c’est la République : La responsabilité de ceux qui définissent l’interdiction d’arborer ostensiblement un signe ou un vêtement religieux dans un lieu public, ou l’obligation pour un élève d’assister à un cours dont le contenu n’est pas conforme à sa croyance religieuse, comme un « intégrisme laïc », sous prétexte qu’il y aurait une discrimination de l’individu par discrimination des consciences, est immense dans la progression du fondamentalisme islamique au sein de la jeunesse de confession ou de culture musulmane. Nos concitoyens musulmans, dont la France a besoin pour être la France, ne doivent pas vivre cette laïcité comme un devoir mais comme un droit. De l’homme ! Ceux qui les en dissuadent sont précisément ceux qui refusent d’en faire des Français libres. La République n’est pas une religion, c’est une patrie, et elle est la leur à part entière. Le nier c’est la tuer. Il ne faut donc plus rien céder ni concéder sur la laïcité, jamais, nulle part.

 

 

Médiapart a retrouvé un long entretien avec Cabu. J’en extrais ses souvenirs de guerre d’Algérie :  Je suis parti à vingt ans en Algérie, en 58. Je ne connaissais rien à rien. Je suis revenu, j'avais quand même compris quelque chose de la vie politique, peut-être pas internationale comme vous le disiez mais je suis resté antimilitariste en tout cas. [...]  Je n'ai trouvé aucune camaraderie, sinon la camaraderie que procurent la boisson, la phallocratie. Tous les excès, tous les vices humains sont révélés et sont développés dans une caserne, alors ne venez pas me dire qu'à la caserne vous avez trouvé une amitié ! Vous avez trouvé des gens qui pensaient comme vous et c'était ça l'amitié, comme ça [...] On nous désigne toujours un ennemi. Parce que je n'étais pas sursitaire, je suis parti vraiment à 20 ans, en mars 58. Je suis parti en civil, on était tondus en arrivant et habillés en militaires, et là j'ai fait mon instruction civique si tu veux, là-bas. J'étais bête, parce que je dessinais dans l'Union de Reims mais ce n'était pas un journal engagé. Et c'est vraiment en Algérie que j'ai compris que malheureusement j'avais participé malgré moi à la dernière guerre coloniale, quand même, c'est vrai. Je n'ai tué personne, par chance.

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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BM 19/01/2015 17:26

@AF30

Dans son livre "Comprendre le pouvoir", Noam Chomsky dit qu'il a quitté le mouvement contre la guerre du Vietnam dès que ce dernier s'est mis à réclamer la fin de la conscription.

Chez nous, si le putsch des Généraux a échoué, c'est parce que l'armée française était une armée de conscrits.

AF30 19/01/2015 16:14

Je n'ai pas connu cette période de Cabu. Une autre bien après et ses remarques restaient tout aussi vrai. Mais on peut se demander si ces défauts sont consubstantiels à l'armée et s'il n'y a pas moyen d'y remédier. N'ayant aucune photo de cette période par antimilitarisme je me demande aujourd'hui si l'abandon du service militaire dans presque tous les pays est une bonne chose non pas pour les raisons aujourd'hui évoquées. En effet ne peut-on pas se demander si la guerre du Vietnam aurait été contestée si elle avait été faite par des professionnels ? On peut en tout cas en douter au regard de l'indifférence dans laquelle se déroulent toutes les guerres actuelles. Il est probable que les gouvernements regarderaient à 2 fois avant de se lancer dans ce type d'aventure.

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