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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 06:51

Politis nous informe que les négociations pour un accord de libre échange entre l’Union européenne et les États-Unis se poursuivront du 2 au 6 février, sans tenir compte de la consultation publique européenne sur le règlement des différends entre investisseurs et Etats. Un signe que la Commission européenne a enterré ses résultats.

 

La Commission européenne agit comme si il n’y avait pas eu de consultation des citoyens européens sur une importante disposition du Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI, TTIP en anglais) en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Union européenne (UE). Le programme du huitième cycle de négociations, qui aura lieu à Bruxelles du 2 au 6 février, ne contient aucune réunion portant sur les résultats de cette consultation qui concerne les droits des investisseurs, particulièrement le très controversé mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats.

 

Pourtant, près de 150 000 personnes ont contribué à cette consultation publique organisée durant l’été 2014. Il s’agit du « nombre le plus élevé de réponses jamais reçu lors d’une consultation publique de l’UE. Une écrasante majorité (plus de 97 %) a rejeté la perspective d’un mécanisme de règlement des différends dans l’accord transatlantique comme dans ceux déjà conclus, tels que l’accord UE-Canada », relève Attac France.

 

 

Dans Res Publica, Henri Péna-Ruiz explique que pour lutter contre le fanatisme, la laïcité plus que jamais nécessaire :

 

Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinsky n’ont jamais confondu le respect de la liberté de croire, conquis par l’émancipation laïque, et le respect des croyances elles-mêmes. Ils ont su qu’on peut critiquer voire tourner en dérision une religion, quelle qu’elle soit, et que ce geste n’a rien à voir avec la stigmatisation d’une personne en raison de sa religion. Ils ont pratiqué la laïcité par la liberté de leur art, sans l’affubler d’adjectifs qui attestent une réticence hypocrite. Ni ouverte ni fermée, leur laïcité avait l’évidence nette de leurs dessins créateurs. Car ils savaient que l’indépendance des lois communes à l’égard de toute religion est la condition des libertés comme de l’égalité, mais aussi celle d’un cadre commun à tous, capable d’unir sans soumettre. Ils savaient qu’il n’existe de blasphème que pour ceux qui vénèrent la réalité dite blasphémée.

 

Ils savaient aussi, et montraient clairement, que les fidèles des religions ne peuvent être confondus avec leurs délinquants. Ni le christianisme avec Torquemada, ou avec les poseurs de bombe qui le 23 octobre 1988 firent 14 blessés graves en incendiant le cinéma Saint-Michel qui projetait La dernière tentation du Christ. Ni le judaïsme avec Baruch Goldstein qui le 25 février 1994 abattit à Hébron 29 Palestiniens ou avec Yigal Amir qui assassina Yitzhak Rabin le 4 novembre 1995 après avoir vu dans un verset de la Bible une incitation au meurtre. Ni l’Islam avec les fous de Dieu qui le 11 septembre 2001 précipitèrent des avions contre les Tours de New York, causant la mort de plus de 3 000 personnes, ou avec les tortionnaires de l’Etat Islamique qui violent les femmes et décapitent des journalistes.

 

Maryse Souchard, dans Politis, a écrit à notre nouveau héros national, Lassana Bathily. « Je te tutoie car je tutoie tous mes amis. Je viens surtout te présenter mes excuses les plus sincères pour la manière dont tu as été traité à ta sortie du supermarché. Si la presse a beaucoup vanté ton courage, j’ai lu bien peu d’excuses ou de regrets sur la manière dont la police t’a accueilli : plaqué au sol, fouillé, menotté, enfermé dans le fourgon de police pendant 1h30. Et j’imagine les paroles qui ont dû accompagner ces actes.

 

Je SAIS que cela est arrivé à cause de la couleur de ta peau. Si tu avais eu la peau blanche, l’accueil aurait très certainement été différent, moins méfiant, n’est-ce pas ?

 

Il s’agit bien de RACISME, ce racisme rampant, insidieux, hypocrite, lâche qui a toujours de « bonnes excuses », de « bonnes raisons ».

 

Alors, je te demande de bien vouloir accepter les excuses que je te présente en mon nom et au nom de tous ceux et toutes celles qui, comme moi, veulent vivre et voir vivre leurs enfants et leurs petits-enfants dans un monde différent où la couleur de la peau, la religion ou son absence, la fortune, l’origine, l’âge, le sexe ne porteront plus aucune discrimination.

 

Et je te remercie d’avoir accepté, malgré ce que tu viens de vivre, de rejoindre notre communauté nationale.

 

Post-scriptum : J’ai failli oublier ... Il faudrait aussi des explications pour comprendre pourquoi la nationalité française ne t’a pas été accordée plus tôt. Elle dépendrait donc désormais d’exploits, garantie d’un « bon citoyen » ?

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commentaires

A
Tout de même, je ne suis pas follement convaincu que Charlie Hebdo, avec son athéisme à tous crins et son rêve de voir toute trace de religion disparaître de la surface de la Terre, soit le mieux placé pour incarner l'exigence de laïcité au sens où l'entend la loi de 1905...
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G
A Larivière : regardez bien la vidéo : un type promène son chien (même pas policier) tranquillement à deux pas de notre nouveau héros.
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L
Le type en question ne sort pas, lui, du magasin, les mains en l'air comme Lassana au tout début de cette vidéo (et sur d'autres que j'ai pu voir...) il n'y a pas de raison qu'on s'intéresse à lui et son chien.. C'est un quidam quelconque, mais, quant à notre héros, pouvait-il se présenter autrement ? Il devait se faire reconnaître d'abord et donc affronter la méfiance des policiers... On ne peut pas leur reprocher de l'avoir pris pour un éventuel complice du tueur, à ce moment là ! Qu'est ce que le racisme vient faire ici ?
L
Au nom d'une l'idée préconçue qu'il y a un racisme automatique de la part de la police envers une personne de peau noire, M Souchard ne veut pas comprendre que quiconque sortait du magasin assiégé pouvait être aussi bien un innocent qu'un complice du tueur, auquel cas la police a agi, évidemment, comme il fallait de prime abord, c'est à dire avec beaucoup de méfiance... après quoi, Lassana ayant expliqué ce qu'il était, et fourni de précieux renseignements, le doute n'était plus permis ! Je trouve stupide cette charge de racisme, en l'occurence, et m'étonne B Gensane, que vous puissiez la cautionner ici, sans sourciller !
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A
Peut on encore s'étonner que la commission européenne ne tienne aucun compte de l'avis des citoyens? Démocratie est devenu un mot vide de sens.
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