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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 06:23

 

J’ai toujours éprouvé une certaine affection pour le British Council. Même si, parfois, il a pu y grenouiller quelques agents du renseignement (dans les années trente et quarante, le Council était envisagé, par les officiels britanniques eux-mêmes, comme un outil de « propagande »). Il y a quelques années, il fournissait des cours de français au Vietnam, palliant ainsi les déficiences des services culturels français. J’ai fréquenté certains de ses personnels en Afrique de l’Ouest. Des gens dévoués, très attentifs au contexte, travaillant en permanence sous la menace des réductions budgétaires thatchériennes.

 

Dans quelques coins de la planète, le BC a organisé des cafés scientifiques sur le modèle des cafés philosophiques français. Mais les restrictions ont continué alors que les Instituts Goethe continuaient à se développer au point qu’en Écosse le « Goethe » fait de l’ombre au BC de Glasgow. L’établissement d’Oslo a fermé ses portes au public. Il n’y a plus qu’un établissement du BC en Allemagne.

 

Mais il faut continuer à attirer la clientèle, qui se compte tout de même par plusieurs centaines de milliers d’apprenants de par le monde. D’où une campagne par affiches, dans le métro de Lyon et ailleurs.

 

Le slogan est une habile trouvaille : « Adopter un anglais ». Anglais sans majuscule, donc il s’agit d’adopter la langue, pas un Rom anglais ou un vieux Cockney malade égarés en France. Faisant implicitement une critique de l’enseignement des langues en France – une démarche qui ne manque pas de fondement – l’affiche propose un anglais « plus fluide » (plus fluide que quoi, Omo lave plus blanc ?) et « plus précis ». Je ne défends pas mordicus l’enseignement de l’anglais en France mais je ne vois pas en quoi il peut être imprécis. Bien au contraire. Mais les deux adjectifs vraiment intéressants sont « adapté » et « international ». Adapté à quoi, je vous le demande ? Au commerce, peut-être ? Quant à « international », ne s’agirait-il pas de l’anglais de la finance, de la Cité de Londres ?

 

Récemment, de jeunes Étasuniens admirateurs de Kanye West se demandaient sur les réseaux sociaux qui était Paul McCartney. Macca est à ces jeunes ce que Shakespeare est au British Council : un Blanc, protestant, (presque) mort.

 

Un peuple qui ne se souvient pas de son passé se condamne à le revivre, disait Churchill.

Une réclame du British Council

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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BM 13/01/2015 18:46

Excellent article, mais je croyais naïvement que, par définition, les centres culturels d'un pays donné, établis hors de ses frontières, ont comme première raison d'être, et comme principale fonction, d'être une "berlue".

De plus, pour les Anglophones actuels, Shakespeare est devenu aussi incompréhensible que pour nous la Chanson de Roland :

http://nfs.sparknotes.com/

Maxime Vivas 13/01/2015 09:30

Un peuple qui ne se souvient pas de son passé se condamne à le revivre, disait Churchill.

Qui parodiait Marx

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