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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 06:25

 

Pour les Britanniques, qui célèbrent les cinquante ans de sa disparition, il est le personnage le plus important des deux millénaires. Il faut dire que sa résistance à Hitler, ce ne fut pas rien. Pour ma part, j’ai adoré son humour : « Une voiture vide s’arrête devant 10 Downing Street. [Le Premier ministre] Clement Attlee en descend. » Ou encore, dans un repas familial en présence de sa fille et de son gendre : « L’homme que j’ai le plus admiré pendant la Seconde Guerre mondiale fut Mussolini car il n’hésita pas à faire fusiller son gendre. » À Lady Astor qui le menace : « Si j’étais votre femme, je mettrais du poison dans votre thé. » « Et moi, répond-il, si j’étais votre mari, je le boirais. »

 

C’est peu dire que cet homme hors du commun, descendant du Malbrough qui « s’en va-t-en guerre », ayant passé son enfance dans l’un des plus grands et plus beaux châteaux d’Angleterre, fut tout en aspérités. Ainsi, il ne vouait pas un amour immodéré pour ce qui était à ses yeux des peuplades assez négligeables. « On n’a fait aucun mal aux peaux-rouges d’Amérique ou aux aborigènes d’Australie. Il s’est trouvé qu’une race plus forte, plus évoluée, plus sage a pris leur place. »

 

Durant la Première Guerre mondiale, il demande l’utilisation de gaz moutarde contre les Turcs.

 

En 1943, l’Inde est frappée par une famine historique. Trois millions de personnes meurent. Il exige que la colonie continue à exporter du riz pour contribuer à l’effort de guerre des Britanniques. Dans la foulée, il conseille aux Indiens de ne plus « se reproduire comme des lapins ».

 

Pour lui, les musulmans sont « imprévoyants », « mous » et « souillons ». Mais, en 1940, il fait débloquer une aide (considérable pour l’époque) de 100 000 livres pour la construction d’une mosquée à Londres en reconnaissance de l’engagement des soldats indiens musulmans pendant la guerre.

 

Pour Churchill, les grévistes étaient de la vermine. À plusieurs reprises, il enverra la troupe contre eux alors qu’il était ministre de l’Intérieur, au Pays de Galles, à Glasgow ou à Liverpool. Avec ordre de faire feu si nécessaire. Il était persuadé que ces grévistes constituaient l’avant-garde d’une révolution blochevique.

 

En janvier 1911, dans l’East End de Londres, 200 policiers assiègent une bande d’anarchistes lituaniens emmené par Yaokov Peters (dit Pierre le Peintre), dont on n’a jamais su vraiment qui il était et s’il a même réellement existé. Le mois précédent, ces anarchistes avaient tué trois policiers. Deux des anars moururent dans l’assaut. Churchill était présent, aux premières loges, coiffé de son haut-de-forme.

Winston Churchill : pas si rose

En Irlande, Churchill soutient les Black and Tans, cette milice de policiers supplétifs, extrêmement violents, casseurs de militants de l’IRA. Mais dès 1912, Churchill avait accepté le concept d’autonomie pour le pays (Home Rule).

 

En 1923, alors que sa carrière politique connaît des hauts et des bas, il reçoit 5 000 livres de deux compagnies pétrolières qui lui demandent d'intercéder en leur faveur auprès du gouvernement britannique.

 

Reste l’éternelle et grave question à laquelle il n’est pas simple de répondre, même 70 ans après : Churchill aurait-il dû bombarder, dès 1942, alors qu’il en avait la possibilité, les camps de concentration ?

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commentaires

A
Il n'était pas nécessaire de bombarder les camps mais seulement les voies de chemin de fer amenant les prisonnier aux camps, ces bombardements auraient complètement désorganisé le transport vers les camps de la mort mais ça n'a jamais été le cas. Pourquoi ? Poser la question c'est y répondre.
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L
Donc en 1943 Churchill a agi avec les Indiens comme Staline avec les Ukrainiens dans les années 30 ( lui c'était pour avoir des devises étrangères en exportant le blé...)<br /> Bizarrement ce dernier est le seul qui soit régulièrement vilipendé pour avoir appliqué à son propre pays les méthodes en usage dans les colonies, qu'elles soient anglaises, françaises, hollandaises....
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B
Certains Britanniques ne sont pas confits en dévotion devant le natif du château de Blenheim :<br /> <br /> http://www.counterpunch.org/2015/01/28/winston-churchill-the-imperial-monster/
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