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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 06:35

Chez les “ gaullistes ”, il n’y a pas que le suicide du ministre Boulin qui pose problème. Souvenons-nous de l’étoile filante Aymeric Alain André Gérard Simon-Lorière. Il était né le 30 juin 1944 dans une famille aisée d’industriels parisiens. Études à la Faculté de droit de Paris et à Sciences-Po. En 1970, il intègre le cabinet de Michel Debré, ministre de la Défense.

 

À 29 ans, il est élu député RPR du Var. Il est le benjamin de l’Assemblée nationale. Il est alors victime d’un accident de voiture. Handicapé, il tente néanmoins de ravir au très puissant Maurice Arreckx la mairie de Toulon. Il échoue  dans sa tentative. Arreckx fera par la suite plusieurs années de prison pour abus de bien sociaux.

 

Le 21 avril 1977, il est retrouvé mort à son domicile, non pas d'une balle dans la t^ete, mais de deux !

 

(Pudor).

 

 

 

 

 

 

 

 

Les circonstances de sa mort sont bien connues, mais on y revient tout de même. Socrate fut accusé d’impiété et de perversion de la jeunesse (« ne pas reconnaître les mêmes dieux que l’État, […] introduire des divinités nouvelles et […] corrompre la jeunesse »). Sans parler de ses amours … socratiques. L’un de ses accusateurs n’est autre que Platon. Il est condamné par 280 voix contre 221.

 

Avant son exécution, il reste enchaîné pendant un mois dans la prison des Onze. Très serein : « Les dieux me préparent une mort paisible, la seule que j’eusse pu désirer. » Des amis lui proposent de le faire évader. Il refuse : il ne veut pas « montrer aux étrangers Socrate proscrit, humilié, devenu le corrupteur des lois et l’ennemi de l’autorité. » Et puis, surtout, il veut affirmer la primauté de la vertu sur la vie, le bienfondé de la philosophie en tant qu’apprentissage de la mort.

 

Le jour venu, il boit la ciguë. Avant que le poison fasse vraiment effet, environ trois heures, il discute avec ses disciples de l’immortalité.

 

Sa dernière recommandation est passée à la postérité : « Criton, nous devons un coq à Asclépios ; payez-le, ne l’oubliez pas. »

 

(Liberum mortis arbitrium).

 

 

 

 

 

 

On était ado et on chantait naïvement (elle aussi, semble-t-il) « Dominique nique-nique ».

 

Jeanne-Paule Marie Deckers (sœur Luc-Gabriel) naît à Bruxelles en 1933. Elle intègre les dominicaines en 1959 dans un couvent de Waterloo, gratouille une guitare et compose et interprète un des plus grands succès des années soixante : “ Dominique ” (six mois en tête des meilleures ventes aux États-Unis). Comme elle a fait vœu de pauvreté, elle renonce à ses droits d’auteur et d’interprète. Son ordre s’en mettra plein les fouilles.

 

Sa chanson est un hommage à saint Dominique :

 

Dominique, nique, nique


S'en allait tout simplement,


Routier pauvre et chantant.


En tous chemins, en tous lieux,


Il ne parle que du Bon Dieu,


Il ne parle que du Bon Dieu.

 

Le nom d’artiste de Sœur Sourire lui est imposé. Elle le trouve ridicule.

 

En 1966, après avoir suivi des cours à l’Université catholique de Louvain, elle renonce à ses vœux. Mais l’administration fiscale belge ne renonce pas à lui réclamer de l’argent sur ce qu’elle n’avait jamais touché. Sa maison de disques, Philips, ne lui vient pas en aide, malgré les sommes considérables que Sœur Sourire lui a fait gagner.

 

Elle poursuit sa carrière sous le nom de Luc Dominique. Elle écrit des cansons très engagées contre le machisme, l’Église catholique et en faveur de la pilule contraceptive. Ce qui lui barre définitivement l’accès aux scènes du Québec où elle était très populaire.

 

Elle tombe amoureuse d’Annie Pécher (sic), thérapeute d’enfants autistes. Vivant dans une grande précarité, les deux amies sombrent dans la dépression et l’alcool.

 

Le 27 mars 1985, les deux compagnes ingurgitent une bouteille de cognac et des barbituriques. Elles s’allongent en écoutant le concerto pour piano n° 1 de Tchaïkovski et elles meurent.

 

Le même jour, la SABAM (la SACEM belge) perçoit à l’insu de la chanteuse 571 658 francs belges, beaucoup plus que la somme de 99 000 francs qu’elle devait au fisc.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

M
&quot;Sa dernière recommandation est passée à la postérité : « Criton, nous devons un coq à Asclépios ; payez-le, ne l’oubliez pas. »&quot;<br /> Transmis à Angela Merkel qui doit des euros à la Grèce depuis 70 ans.
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