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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 06:37

Dans L’Humanité, Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l’Homme (qui fut mon étudiant il y a bien longtemps) revient sur la profanation d’un cimetière juif en Moselle :

 

« S’en prendre aux sépultures, c’est très rare dans l’histoire moderne française. Il s’agit d’une transgression très forte symboliquement. Le fait qu’elle ait été aussi systématique (300 tombes saccagées), et qu’elle se produise dans une terre qui a particulièrement souffert de l’antisémitisme nazi, confère à l’acte une dimension spéciale. Dans le climat politique actuel, ce geste est désastreux. Comme le sont certains discours, marqués par la volonté de distinguer la France (d’un côté) des Juifs (de l’autre). Je pense notamment à la Une d’un récent hors-série de l’Express sur « Les Juifs de France ». Il y a dans cette distinction quelque chose d’inacceptable, aussi inacceptable que le discours de Benjamin Netanyahou qui affirme : « vous les juifs qui êtes en France, partez, ou restez, mais à vos risques et périls ». Même la réaction de Manuel Valls me semble discutable. Dire « la France à besoin de vous » ou « la France est blessée, comme vous, et la France ne veut pas votre départ », c’est pavé de bonnes intentions, certes. Mais quelque part, c’est aussi inscrire cette distinction, cette différence entre la France et les juifs. Et il faut dire encore plus frontalement à Benjamin Netanyahou : « un pays étranger n’a pas à inviter les citoyens français à quitter leur pays ».

 

 

Le Pôle de Renaissance Communiste en France explique dans les colonnes du Grand Soir comment les actionnaires se sont bien régalés en 2014 :

 

Les entreprises du CAC 40 se sont partagées en 2014 plus de 56 milliards d’euros de dividendes.

 

Les médias – ces assistés du système – aux ordres du CAC 40 répètent en boucle qu’il n’y a pas d’argent pour financer la protection sociale, la santé ou le pouvoir d’achat des travailleurs. Et qu’il faudrait donc se serrer la ceinture. Mais les chiffres ne mentent pas. L’oligarchie capitaliste, avec l’aide de la droite complexée (PS et Cie) et de la droite décomplexée (UMP/FN) fait les poches des travailleurs, travailleurs qui sont les seuls producteurs de richesses du pays.

 

Pour fixer les idées, 56 milliards d’euros de dividendes pour les actionnaires du CAC 40, c’est :

 

près de 4 fois le déficit du budget de la sécurité sociale ;

presque le déficit du budget de l’Etat en 2014 (67,3 milliards d’euros)
plus de deux fois le déficit primaire du budget de l’Etat (23,5 milliards d’euros). Le déficit primaire est le déficit du budget hors charge de la dette, dette que l’État est obligé de financer sur les marchés privés, en raison du statut de la banque centrale européenne ;

la rémunération totale de plus de 1,1 millions de salariés (en tenant compte d’une rémunération de 4000€/mois, soit un salaire net de plus de 2 000€ / mois) ;

une augmentation de 30% par rapport à 2013, correspondant peu ou prou au montant des aides accordées par l’Etat au patronat avec son « pacte de responsabilité » et son « pacte de compétitivité » (30 milliards d’euros). A comparer au 1% d’augmentation des salaires chiffré par l’Insee.

 

 

Dans Res Publica, Catherine Kintzler fait remonter les débats qui agitent le pays sur la laïcité au début des années 1980 :

 

« J’étais atterrée par la politique scolaire lancée au début des années 1980 et dont on voit aujourd’hui le succès ; elle a inspiré la plupart des réformes ultérieures. Cette politique consiste à renvoyer l’école à son extérieur, à la transformer en « lieu de vie », à l’aligner sur les demandes sociales et à négliger que son objet est l’émancipation des esprits par l’instruction. Loin de réduire les inégalités culturelles et sociales, on s’appuie sur elles pour élever les « différences » en dogme, on sacralise la proximité à laquelle il conviendrait au contraire de soustraire les élèves quel que soit leur milieu d’origine, on refuse la notion de sanction et l’exigence faite à chaque élève d’atteindre le plus haut niveau dont il ou elle est susceptible. Tout cela fut mis en place dès 1982. Et cette sempiternelle réforme a parfaitement réussi à disqualifier l’idée même d’École républicaine dont les réformateurs feignent de se réclamer. Le régime de la laïcité considère que toutes les croyances, incroyances et positions s’inscrivent dans un espace qui rend possible leur libre coexistence et que, pour construire cet espace, il faut supposer que le lien politique est étranger à tout autre lien, qu’il n’a pas besoin d’un modèle préalable de type religieux. »

 

 

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