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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 06:30

Position que, globalement, je partage.

 

 

Grèce : Pas de sortie de l'austérité, pas de résistance et de conquêtes sociales sans rupture avec l'UE !

 

Ce qui se passe en Grèce, comme syndicalistes nous intéresse grandement.

 

Car ce qui est en jeu ce sont les politiques d'austérité et de régression sociale imposées par l'oligarchie.

 

Voilà un peuple qui de manière extrêmement claire a voté contre l'austérité, pour la dignité nationale et donc contre les diktats de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et le FMI coalisés (la fameuse troïka).

 

La réponse de cette coalition a été elle aussi très claire par la voix du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qui brandissant les traités contre le vote du peuple grec a osé dire : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. ».

 

 Dès le départ, nous avons refusé de procéder aux pratiques du procès d'intention considérant que la messe était dite, que l'histoire était écrite d'avance et que par conséquent Syriza allait plier devant la pression et l'adversité.

 

D'abord parce que nous avons partagé la joie d'un peuple debout et fier devant l'arrogance des puissants et décidé à se dresser contre le sort infâme qui lui était fait.

 

Et parce que la posture de donneur de leçons n'est une aide pour personne !

 

 Et parce que ce sont les peuples qui font l'histoire et qu'ils n'ont pas dit leur dernier mot quels que soient les obstacles et les pièges dressés par les forces de domination et d'exploitation. Et cela demeure.

 

Mais force est de constater que la réponse du nouveau gouvernement grec aux injonctions de l'Union européenne constitue un recul incontestable qui provoque approbation et contentement du côté des institutions européennes et de la finance : remboursement intégral de la dette, prévision de mener à terme le programme précédent, engagement de finaliser les réformes à négocier ultérieurement en « coopération étroite » avec les créanciers.

 

Autrement dit, il s'agit d’accepter d’être mis sous tutelle de la Troïka rebaptisée pour les circonstances les « institutions ».

 

 Cet accord initial ne peut donc être présenté comme une victoire du peuple grec !

 

Notre rôle :

 

Continuer à être auprès du peuple grec dans sa lutte pour se libérer de la dictature de la Troïka ET des « institutions » !

 

En dénonçant le rôle de notre propre gouvernement et des commissaires européens dont le socialiste Pierre Moscovici complices des diktats de Merkel et de la dictature des marchés financiers.

 

Tirer les enseignements de cette leçon de l'histoire en grandeur nature :

 

Il n'est pas possible dans le cadre de l'UE et de ses traités de mettre en œuvre une véritable politique en faveur du peuple, sans rupture avec ce cadre et avec ces traités! L’objectif d'une « Europe sociale » transformée de l'intérieur est une pure illusion !

 

 

 

 Le silence retentissant de la CES face à ce chantage éhonté de l'UE est la marque de la dépendance de cette centrale aux institutions européennes y compris financièrement et pose le problème de notre affiliation pour exercer effectivement notre indépendance d'analyse et d'action !

 

Continuer à laisser le monopole de la radicalité de la contestation du système à l'extrême-droite (contestation trompeuse et truquée) c'est continuer à faire son jeu, continuer à la laisser désigner des boucs émissaire et laisser le peuple et les travailleurs désarmés devant sa démagogie et ses mensonges !

 

 

Voir sur notre site les analyses et réflexions qui viennent de l'intérieur même de Syriza. [A lire également une déclaration commune, en octobre 2011, de Mikis Theodorakis et Manolis Glezos (député européen, héros de la résistance contre l'occupation allemande) contre les marchés].

 

Le Front Syndical de Classe (frontsyndical.classe@laposte.net)

25 février 2015

 

 

Ci-dessous, Manolis Glezos présente ses excuses aux peuple grec pour avoir participé à ce qu'il appelle “ l'illusion ” Syriza :

 

« Changer le nom de la troïka en "institutions"», celui du mémorandum en"accord"» et celui des créanciers en « partenaires », ne change en rien la situation antérieure.
L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple Grec aux élections du 25 janvier 2015.
Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis : abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi de celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.
Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.
Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.
Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.
Dommage et encore dommage.
Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.
Mais, avant que le mal ne progresse.
Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.
Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.
D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.
Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis. »
 
Manolis Glezos, Bruxelles, le 22 février 2015

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

kulturam 04/03/2015 15:11

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150225trib12bafc0cd/projet-de-reformes-en-grece-un-adieu-a-la-logique-de-la-troika.html

kulturam 04/03/2015 15:02

je viens juste de voir ce post et je ne suis pas d'accord , je trouve que devant cette adversité Tsipras et Varoufakis ont fait pour le mieux et que pouvaient t'ils faire d'autre dans cette Europe dominée par l'Allemagne et la droite et avec des socialistes qui n'en sont plus ? Malheureusement ils sont quasiment les seuls à s'opposer à ces diktats européens et ce n'est pas avec la chiffe molle Hollande que l'on pourrait voir ça , par ailleurs ils ont au moins préservés leur programme humanitaire et c'est déjà ça

Bourguignon 02/03/2015 00:20

"L’objectif d'une « Europe sociale » transformée de l'intérieur est une pure illusion !"
Il était temps d'ouvrir les yeux! C'est comme ça depuis le traité de Rome.

Dwaabala 01/03/2015 14:46

Qu'est-ce que la sortie de l'euro et de l'UE ont de plus «social» ?

Lyonnais 01/03/2015 09:42

Le texte de Manolis Glezos est très bien, mais que fait-il lui-même en siégeant à l'Assemblée Européenne si ce n'est reconnaître le rôle de cette dernière et par la même celui des autres institutions européennes ?
Pourquoi tous ces opposants à l'Europe qui dénoncent à juste titre le caractère anti-démocratique de cette dernière n'appellent-ils pas au boycott des élections européennes ?
Depuis le référendum de 2005 et les trahisons du PS la démocratie agonise, ce qui se passe au niveau des communes et départements le confirme :

https://democratiecommunes.wordpress.com/

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