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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 06:46

Mon âge fait que j’ai connu des contextes multiples et variés. Je vais en décrire trois, en remontant dans le temps.

 

Il y a une vingtaine d’années, j’étais responsable d’un DEA à l’université de Poitiers. Je reçois un jour une demande de rendez-vous de la part d’une étudiante égyptienne qui souhaite poursuivre ses études en Poitou. À l’heure convenue, elle entre dans mon bureau, précédée par un homme très élégant, habillé à l’occidentale, la barbe bien taillée, qui se présente comme son mari. L’étudiante, quant à elle, est habillée à l’orientale, presque entièrement voilée : je distingue ses yeux, son nez et sa bouche. Ses mains sont gantées. Sous sa robe aux couleurs sobres, je devine un pantalon. Lorsqu’elle s'installe sur le siège que je lui offre, je découvre de grosses chaussettes grises. Nous sommes en juin, il fait bien chaud.

 

Je lui pose les questions d’usages dans ce type d’entretien : quel a été son cursus jusqu’alors, sur quel auteur envisage-t-elle de travailler, pourquoi, selon quelle problématique, etc. ? À chaque fois, c’est le mari qui me répond. À aucun moment ,je n’entendrai le son de la voix de cette dame qui m’avait salué d’un rapide signe de tête en entrant dans mon bureau. In pectore, je me demande ce qu’elle est venue faire dans une université française. Je suis hors de moi car – je vais y revenir – j’ai vécu et travaillé précédemment en pays musulman. Je lui dis calmement qu’il est exclu de poursuivre notre collaboration tant que je ne l’entendrai pas s’exprimer en français, éventuellement en anglais. Je la salue donc. Je ne l’ai jamais revue.

 

Dans les années 1980, j’ai vécu en Côte d’Ivoire et au Sénégal. À l’époque, la population ivoirienne était musulmane à 30-40%. Au Sénégal, les musulmans étaient très largement majoritaires (environ 90%). Dans ces deux pays, je n’ai jamais vu une seule femme intégralement voilée. Y compris dans des villes comme Odienné et son immense mosquée, ou encore Touba, en pays mouride, où l’islam est vécu de manière très intense. Je pourrais ajouter que je n’ai jamais rencontré de femmes intégralement voilées au Burkina Faso, au Mali (qui souffre beaucoup ces temps-ci) ou au Niger (85% de la population est musulmane). Dans les universités d’Abidjan et de Dakar où j’ai enseigné, les collègues et les étudiantes musulmanes étaient vêtues à l’occidentale ou à l’africaine (soit de manière permanente, soit en alternant), leurs cheveux étant couverts, ou pas (les tresses et autres parures capillaires n'étaient pas élaborées pour les chiens !). Les hommes étaient le plus souvent vêtus à l'occidentale, parfois d'un boubou africain. En plus des congés et fêtes « chrétiennes », ces deux pays célébraient le ramadan, l’Aïd el Kebir (dénommé Tabaski – mot wolof – dans cette partie de l’Afrique) étant chômé. Il n’y avait strictement aucun problème, aucune tension, aucun prosélytisme déplacé. Je me souviens qu’un adventiste du septième jour, qui nous avait dit ne pas vouloir composer le samedi, s’était fait rembarrer par le doyen (musulman pratiquant) pour qui aucune dérogation n’était prévue pour les adventistes, les mormons, les Témoins de Jéhovah, etc.

 

Je remonte jusqu’à ma prime enfance, dans la première moitié des années cinquante. Mes grands-parents habitent un village du Lot-et-Garonne où résident, depuis un bon moment, une petite dizaine de familles d’origine maghrébine, de nationalité française. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elles sont bien intégrées au reste de la population, composée, pour un quart, d’immigrés européens. Les femmes sont vêtues de manière « mixte », un peu à l’algérienne, un peu à la française. Le boucher est juif, fort peu pratiquant. De toutes façons, il n’y a pas de synagogue à des lieues à la ronde. Je ne l'ai jamais vu coiffé d'une kippa. Il fête la pâque juive en famille, en compagnie de sa femme et de ses beaux-parents (non juifs). Il a un nom allemand. Né vers 1925, il est le seul rescapé de sa famille. Il ne vend rien de halal ou de casher. Toute la population du village, lot-et-garonnais de souche (« comme on dit »), immigrés européens ou maghrébins, se fournit chez lui, au même étal. La viande est découpée avec le même couteau, le même hachoir. Il n’y a strictement aucun problème identitaire. Les enfants maghrébins, les enfants d’origine italienne ou espagnole parlent la même langue : le français du Lot-et-Garonne, pas cette construction complètement artificielle qu’on appellera le français des banlieues. D’ailleurs, ces gosses ne savent même pas ce qu’est une banlieue. Il y a trois familles originaires du nord de la France, dont mes grands-parents. Ils sont agnostiques et mangent de tout. Dans quelques mois débutera la Guerre d’Algérie. Cela ne changera strictement rien à rien.

 

Tout cela pour dire que le voile intégral, les burqas de Londres – et parfois de Lyon, les tentes Trigano noires qui rasent les murs, ne sont pas tombées du ciel, ni même du Coran. Elles relèvent du monde séculier, du prosélytisme, du militantisme, de la provocation. Le Pen père les adore car, comme il l’a exprimé à plusieurs reprises, « comme ça, on peut les compter ». Les extrémistes de droite de tout pays, comme les extrémistes religieux, ont un point commun : ils savent admirablement jouer avec – et se jouer de – la République qu’ils vomissent. Et plus cette République n’a à offrir qu’un ventre mou, plus ils savent s’en servir, la manipuler et la retourner comme une crêpe.

 

Étudiantes voilées tunisiennes

 

Se pose aujourd’hui le problème du port du voile intégral dans les universités. Lorsqu’il avait fait légiférer (à reculons), Lionel Jospin, par mollesse et paresse intellectuelle, avait écarté l’université du champ de la loi au motif que les étudiants étaient majeurs et qu’il ne fallait pas jeter de l’huile sur le feu. Aujourd’hui, on ne sait plus comment se saisir des patates chaudes et des bombes métaphoriques qui surgissent à tous les coins de rue. On se souvient de ce très bon film de Bertrand Tavernier L 627. Un flic de terrain (Didier Besace) est chargé de lutter contre un réseau de revendeurs de stupéfiants. Le film est moins un polar que la description réaliste du travail des policiers dans les quartiers délabrés, relégués hors du champ social. Alors que Besace est dans son bureau avec quelques revendeurs qu’il a coincés, un collègue entre sur un : « Il y en a marre de tous ces Arabes ! ». Besace lui répond : « Des Arabes, où as-tu vu des Arabes ? Moi, je vois des prolétaires, des pauvres. »

 

 

 

 

Les récentes et dérisoires incantations au « vivre ensemble » dans la « société commune » laissent soigneusement de côté la seule question qui vaille : un Arabe qui voile sa femme ou sa fille est, neuf fois sur dix, un prolétaire ségrégué (oui, l'apartheid social existe depuis longtemps !), même s’il est un monstre comme Coulibaly, notre symptôme, notre créature, la face cachée de notre société. Voiler les femmes ne contribuera certainement pas à les émanciper intellectuellement et socialement.

 

Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des Présidents d’Université s’est déclaré totalement opposé à l’interdiction du voile, dont il estime qu’elle violerait la loi de 1905 sur la laïcité : « Cette loi, à laquelle je suis particulièrement attaché, impose la tolérance, la liberté de pensée et d’expression. Pas seulement la liberté d’exprimer ses idées dans la presse satirique, mais aussi la liberté de culte, qui est tout aussi importante. Respecter la religion de l’autre, qu’elle s’accompagne ou non de signes ostensibles, fait partie intégrante de l’obligation de tolérance imposée par cette loi. » Salzmann ajoute par ailleurs qu’il ne sait pas « s’il y a aujourd’hui plus d’étudiantes qui portent le voile qu’il y a dix ans ». Cet universitaire à la vue basse en France devrait tenter sa chance outre-Manche. Dans Oxford Street, à Londres, il croiserait l'été des princesses saoudiennes légères et court vêtues. Preuve que, même chez les plus purs, des accommodements sont possibles. Mais c’est le mot « culte » qui me gêne surtout dans son propos : en quoi l’Université d’État devrait-elle être un lieu de culte ? Le problème est qu’elle le devient chaque jour davantage, avec des demandes de certains étudiants (pas les adventistes du septième jour, pour le moment) pour pouvoir prier dans des lieux consacrés aux dévotions, avec le refus d’amphithéâtres mixtes, d’interrogateurs du sexe opposé, des exigences de repas hallal au restaurant universitaire, etc. Il faut s’attendre à ce que, pour ne donner qu'un exemple, on trouve, à côté des meilleurs travaux scientifiques sur l’origine des langues, une version « coranique » du langage transmis aux hommes (aux femmes, peut-être) par Seth, le fils d’Adam. Vous savez, celui qui vécut plus de 900 ans. Interdire le voile, ajoute Salzmann, « aurait un côté sexiste ». Bêtement, j’avais toujours pensé que le sexisme était du côté de ceux qui l’imposaient. Vouloir le retrait du voile, estime également Salzmann, c’est saboter le rôle d’ascenseur social de l’Université pour les jeunes musulmanes. Je ne dirais pas que celle-là, c’est la meilleure, mais, venant d’un universitaire favorable à la LRU, loi dont l’un des objectifs est, justement, de détruire l’Université en tant que bastion de la République, cette appréciation est douloureusement amusante.

 

Le port du voile dans les enceintes universitaires, comme d’autres exigences mentionnées plus haut, relèvent du prosélytisme politique, d’une propagande oppressante qui laisse de nombreux enseignants désemparés. À titre personnel, j’avoue que, de manière pragmatique, je suis mal à l’aise face à une femme en burqa. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises dans les couloirs d’une piscine lyonnaise où elle et moi (et d’autres) attendions nos enfants. Je ne savais que lui dire, ne serait-ce que pour tuer le temps, mais surtout je ne savais pas quel code utiliser. Pour nous séparer physiquement et mentalement, cette tente de camping noire était plus efficace que le Mur de Berlin. Une étudiante lourdement voilée, un étudiant arborant une barbe non taillée, infligent aux autres – sans dire un mot, sans échanges, ce qui est tout à fait glaçant – une conception violente de leur utilisation politique et religieuse des institutions de la République.

 

Le “ Rapport Tuot ”, remis en 2013 à Jean-Marc Ayrault, solférinien encore plus mollasson que Lionel Jospin, semble avoir été remisé. Ce qu’il proposait ne sera vraisemblablement pas mis en œuvre à terme. Mais que le brillant haut fonctionnaire Thierry Tuot, pur produit de l’École de la République (petit-fils d’agriculteur, fils d’instituteur) ait pu proposer, au prix d’un anglicisme hideux, une société « inclusive », c’est renverser les perspectives. Ainsi, chaque service public eût été soumis à une obligation de repérage des discriminations qu’il produit. C’est bien connu : ce ne sont pas les jeunes femmes voilées qui se discriminent elles-mêmes, c’est l’université qui les discrimine.

 

Sourions un peu. Les 2 000 policiers sikhs britanniques sont autorisés à porter le turban et à rouler en moto sans casque. 

Le gouvernement fédéral canadien permet aux sikhs de conserver leur poignard (avec lame à double tranchant) à l’intérieur des ambassades et autres missions étrangères (les Québécois sont opposés à ce qui est pour eux une atteinte à la Charte de la laïcité).

 

 

Suivons les exemples anglo-saxons et laissons la République céder à toutes les pressions. Au nom des cultures et du respect pour les différences.

 

 

 

PS : Petite question pour le président Salzmann. En septembre dernier, vous accueillez une étudiante de première année. Voilée. Où était cette étudiante trois mois auparavant ? Elle était en terminale, au lycée. Non voilée, forcément.

 

Heureusement, il semble que, loin du président Salzmann, les choses bougent. Des hommes afghans ont défilé dans les rue de Kaboul en burqa jeudi 5 mars 2015. En solidarité avec les femmes qui ont eu l'obligation de porter ce vêtement à la fin des années 1990. Cette action rappelle celle de Turcs qui, au mois de février, avaient enfilé des jupes pour soutenir des femmes.

 

Plus d'information ici.

 

J'ajoute que si les ventres mous du style Salzmann l'emportent, il se passera dans les universités françaises ce qui se passe actuellement  à l'université de Glasgow.

Le voile islamique à l’université n’est pas une mode vestimentaire. Ni religieuse...

Mais en France il est des femmes musulmanes qui se battent pour la République laïque et la laïcité :

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L
Geneviève Rossier est spécialisée en gestion-médias, en gestion de marque et en innovation. Elle a été directrice générale du service internet de Radio-Canada de 2007 à 2012, et rédactrice en chef du Téléjournal quotidien de 2003 à 2007. Entre 1984 et 2003, Geneviève Rossier était journaliste, principalement aux collines parlementaires.<br /> <br /> <br /> J’ai passé trois mois en Arabie saoudite en 1990, envoyée spéciale de Radio-Canada pendant la guerre du Golfe. Voici ce que j’ai vécu comme femme.<br /> <br /> Dès mon arrivée, je suis allée marcher dans les rues en pantalon et chemisier à manches longues. On me regardait comme si j’étais flambant nue. Au bout d’une semaine, j’ai acheté un abaya (long et ample manteau noir) et un foulard islamique: je voulais me promener sans avoir l’impression d’être nue. De retour à l’hôtel, le concierge a complimenté mon nouvel habillement. Le lendemain matin, il m’a offert un petit sac de plastique: «Ceci vous rendra encore plus belle», m’a-t-il dit dans un anglais approximatif. À l’intérieur, j’ai trouvé deux masques noirs pour cacher mon visage, avec des fentes horizontales pour les yeux, des niqabs. Dans ma chambre, je les ai essayés. Je me suis obligée à le porter pendant 30 minutes. Et je peux vous dire que c’est invivable.<br /> <br /> Un jour, en déplacement avec deux collègues masculins, un restaurant au bord de l’autoroute a refusé qu’on entre parce que j’étais avec eux. Les femmes n’étaient pas tolérées dans les restaurants. On avait faim. Alors, mes collègues sont entrés et ont mangé pendant que je les attendais dans la voiture. Ils m’ont ramené une portion de poulet cachée dans un sac en papier. Je me souviens d’avoir eu une envie folle d’aller aux toilettes, mais c’était exclu. Une qualité essentielle pour être femme en Arabie saoudite, c’est d’avoir une vessie en acier: parce qu’il n’y a jamais, nulle part, de toilettes pour femmes.<br /> <br /> Un autre soir, je marchais dans une rue déserte de Riyad en écoutant de la musique sur un Walkman (le iPod de l’époque!). Mais les femmes n’ont pas le droit d’écouter de musique. En plus, mon abayaétait ouvert et flottait au vent alors qu’il aurait fallu le tenir bien fermé sur ma poitrine. Soudain, une camionnette s’est arrêtée à côté de moi et cinq hommes barbus en sont sortis, munis de petits fouets faits de corde nouée avec lesquels ils essayaient de me frapper les chevilles en criant des mots que je ne comprenais pas. C’était la police religieuse. Estomaquée, j’ai lâché un juron en anglais que je ne répéterai pas ici. Ils sont repartis, en voyant que j’étais une étrangère.<br /> <br /> Sur le toit de mon hôtel, il y avait une jolie piscine, interdite aux femmes. Un après-midi, des collègues journalistes féminines et moi avons défié les règlements pour nous étendre sur des chaises longues, en pantalon et manches longues. C’était bizarre, et on ne s’est même pas baignées, on s’est juste étendues au soleil, complètement habillées. Il a fallu cinq minutes pour que le gérant de l’hôtel nous oblige à quitter les lieux, sous prétexte que les pilotes d’avions de guerre qui survolaient l’hôtel pourraient être distraits de leur mission en nous voyant. Malgré toutes les représentations de la terre, on n’a jamais obtenu le droit de remonter à la piscine de l’hôtel. Personne ne nous a appuyées, les militaires et les journalistes masculins nous conseillaient plutôt de nous tenir tranquilles. Après tout, nous n’étions pas en Arabie saoudite pour faire évoluer le droit des femmes, mais pour couvrir une guerre, nous disaient-ils.<br /> <br /> Au début de mon séjour, j’ai voulu parler à des femmes saoudiennes. Je les abordais dans les magasins de vêtements, en me disant que peut-être elles s’y sentiraient moins observées. Mais elles fuyaient dès que j’essayais de croiser leur regard, avant même que j’ouvre la bouche. J’ai quand même parlé à trois femmes qui, au péril de leur vie, avaient donné rendez-vous à quelques journalistes. L’année précédente, ces femmes avaient eu l’audace de conduire des voitures, ce que la loi interdit. Résultat: le gouvernement avait retiré le passeport à tous les membres de leurs familles. La punition étaient encore plus sévère du fait qu’il s’agissait de femmes éduquées qui avaient les moyens et l’envie de sortir du pays à l’occasion. Une des raisons invoquées pour interdire aux femmes de conduire? Elles feraient exprès d’avoir des accidents pour parler à des hommes qui ne sont ni leurs maris ni leurs frères. D’ailleurs, une femme en Arabie saoudite n’a pas le droit de se trouver dans une voiture en compagnie d’un autre homme que son père, son frère ou son mari.<br /> <br /> Savez-vous comment les travailleurs étrangers appellent les femmes saoudiennes? Des BMO, une abréviation de black moving objects, objets noirs mobiles.C’est triste, mais vrai: en Arabie saoudite, les femmes sont invisibles, inexistantes et victimes d’injustice extrême.<br /> <br /> Cette expérience a fait en sorte qu’aujourd’hui je me désole quand je vois que peu de choses ont changé et que certains leaders sont prêts à justifier ce régime, qui, en plus, est notre allié dans la région.Ce n’est pas juste une question d’opinion ou de croyance, c’est une question de droits fondamentaux.<br /> <br /> — Article rédigé par Geneviève Rossier
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L
Ce qui nous attend ?<br /> <br /> http://www.ufal.org/feminisme-2/un-nouveau-cas-de-port-force-du-voile-et-de-segregation-sexiste-a-luniversite-de-glasgow/<br /> <br /> Mais sans doute connaissez-vous mieux qu'un simple internaute les tenants et aboutissants de cette situation dans les universités du Royaume Uni?
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G
J'ai écrit ce texte il y a deux jours. Je lis ceci aujourd'hui dans l'humanité.fr :<br /> <br /> "La Révolution des femmes, 
Un siècle de féminisme arabe" sur France 3 à minuit. La chaîne diffuse ce jeudi soir, malheureusement à une heure tardive, un documentaire qui retrace toute l’histoire du féminisme arabe, en remontant jusqu’à 1899.<br /> Lors des soulèvements de Tunisie et d’Égypte, en 2011, les femmes étaient en première ligne. Mais la lutte pour l’égalité des sexes dans le monde arabe a déjà une longue histoire, que nous propose de redécouvrir ce passionnant documentaire de Feriel Ben Mahmoud. Sait-on qu’un certain Kassem Amin, dès 1899, osait s’attaquer, en Égypte, au symbole du voile ? « Imposer le voile à la femme est la plus dure et la plus horrible forme d’esclavage », affirmait-il sans ambages. Quelques décennies plus tard, en Tunisie, la figure de proue du féminisme est encore un homme, Tahar Haddad. Comme son aîné égyptien, il s’en prend à l’obligation de porter le voile. Comme lui également, il ne s’oppose pas à l’islam mais à ses interprétations traditionalistes. Haddad se prononce, de surcroît, pour l’abolition de la polygamie et de la possibilité qu’ont les maris de répudier leurs femmes. Des revendications qui seront traduites en actes en 1956 par Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne. La Révolution des femmes revient aussi, bien évidemment, sur la « première féministe arabe », Hoda Charaoui. Un jour de 1923, celle-ci ôte son voile en public, à la gare du Caire, sous les applaudissements de nombreuses femmes. Elle fondera l’Union féministe égyptienne, luttant pour l’indépendance matérielle des femmes, l’égalité politique et sociale avec les hommes et la coopération entre féministes arabes et européennes. S’il analyse bien les avancées de l’émancipation des femmes au moment des indépendances, le documentaire n’omet pas non plus ses limites. Il montre, en particulier, comment le colonialisme occidental, en instrumentalisant la cause des femmes, a fait le jeu des conservateurs (un phénomène particulièrement patent en Algérie). Au total, Feriel Ben Mahmoud parvient à embrasser une diversité de situations et de pays (il est aussi beaucoup question du Maroc et de l’Arabie saoudite) sans jamais perdre son fil conducteur : l’égalité. Un petit voyage très éclairant, à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes.
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D
Bonjour, il n'est pas sûr que le port d'une tenue spéciale soit imposée par le père ou les frères.<br /> Que ce soit voile, ou foulard dans les cheveux, toujours accompagnés d'un ensemble vestimentaire tenant de l'uniforme, ce sont des signes affichés, ostentatoires, de la revendication d'une appartenance religieuse, et de prosélytisme.<br /> La religion, quelle qu'elle soit, est aujourd'hui un obscurantisme.<br /> L'enfant la tète dès le berceau. Comment ne pas voir que le baptême, ou la circoncision, se font dès le plus jeune âge et sans lui demander un avis qu'il ne peut avoir ?<br /> Dans le cas de la circoncision (des mâles !) elle le marque même de façon indélébile dans sa chair. Ces actes suffisent à condamner les religions pour ce qu'elles sont : de la barbarie.
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J
vous avez raison sur toute la ligne. Les politique font le lit de marine Lepen etet l'Europe aussi en exigeant une loi sur la féssée, d'augmenter la tva sur les livres etc., sans compter les lois liberticides qui sont votées. Nous savons que nous vivons pas en démocratie, mais en représentation parlementaire!!!!
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