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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 05:07

Ce coup-ci, deux en un : mépris de la langue française, et aussi de la langue anglaise. J’ai repéré quelques mots anglais qui sont passés dans la langue française et qui sont mal prononcés sans qu’on sache vraiment pourquoi. Un peu l’inverse du problème que j’exposais ici.

 

Il y a une trentaine d’années, alors que je me débattais avec mon Mac+ qui n’arrêtait pas de faire des bombes, un ami chimiste me dit : « il faut faire un risette ». Pensant qu’en souriant à l’ordinateur il se calmerait, je répondis : « tu veux dire une risette ». Non, dit-il un risette, c’est un mot anglais. D’accord, d’accord ! À l’origine, on utilisait le verbe « to reset » quand on remettait une pendule à l’heure ou un chronomètre à zéro. On utilisait également ce verbe dans le cadre de la réduction d’une fracture. Ce mot se prononce /ɻi:'sεt/  (wrissette, en gros), avec l’accent tonique sur la deuxième syllabe.

 

Ceux qui pratiquent les jeux vidéo connaissent tous la célébrissime série Metal Gear. Ce qui devient en français Métal-Jire. Ce « gear » est une arme de destruction massive. Le mot signifie tout simplement « matériel », « équipement », « harnachement », « vêtements » (tennis gear » = « tenue de tennis »). Il a aussi le sens d’embrayage (« into gear » = « en prise ») Le mot se prononce  /ɡiʁ/.

 

Ah, les blue jeans Levi’s. Une société fondée par Levi-Strauss (['li.vajstraus]), un allemand juif, émigré, qui avait créé des pantalons très solides pour les orpailleurs. Avec la teinte du célèbre « bleu de Gênes » qui partait très lentement au lavage. Donc, pas « lévisse » mais quelque chose comme « livaïsse ».

 

Un  qui me fatigue tout particulièrement : « j’enfile un swite ». De « sweater », qui vient de « sweat », la sueur, et « to sweat », suer. Se prononce [swet]. « Swite », c’est des bonbons (« sweet »). J’enfile un bonbon. Si c'est votre fantasme.

 

Au panthéon des Grecs vivait la déesse ailée Niké. La marque d’équipement sportif étasunienne Nike en fit son emblème, avec la célèbre « swoosh » (le premier qui dit « svoche » a deux claques), la célèbre virgule inversée. Les Grecs anciens prononçaient [Nikê]. Pour des raisons parfaitement légitimes, les Étasuniens restèrent proches de l’origine avec quelque chose comme Naïlleki. Allez dans une grande surface demander des Naïlleki, on vous taxera de snobinard intégral.

 

En 2005, Adidas achète Reebok pour 3,8 milliards de dollars. À l’origine (1895), la société s’appelait Foster. En 1958, les héritiers la renommèrent Reebok. Du nom de l’antilope sud-africaine « reebok » (d’où le nom afrikan de l’équipe de rugby, les « Springboks », les antilopes à ressort). Est-ce par contamination du mot anglais « book » (« livre »), le fait est que beaucoup de gens prononcent « ribouque » ? Alors que les Anglais disent « ribok ».

 

 

On ne dit plus de nos jours « pseudonyme » ou « alias », mot latin ringard. Il faut dire « aka » ou pire « a.k.a. ». Voilà du bon globish : acronyme de « also known as » = « également connu sous le nom de ». En ce cas, il faudrait prononcer quelque chose comme [eïka] ou mieux : [ei/kei/ei]. Foskifo ! Pour la bonne bouche, « aka » signifie également « above knee amputed », opéré au-dessus du genou.

 

On pourrait également évoquer la « soul », prononcée [saol] alors qu'il s'agit de [soul], le cross « caountry » (au lieu de /kun.tʁi/).

 

Une pensée émue pour le célèbre John Maynard Keynes, prononcé par beaucoup de Français /ˈkiːnz/ alors qu'il faut dire  /'keɪnz/. Mais il est vrai que la ville nouvelle de Milton Keynes se prononce /'mɪltən ˈkiːnz/ (dans les deux cas, l'origine semble la même : l'anglo-normand Cahaines ou Cahagnes).

 

Oh, perfide Albion !

 

Où sont les wassingues de mon enfance en pays chti ? Ces serpillères empruntées à l'anglais vers la fin du XIXe siècle (washing). En ce temps, on ne se gênait pas pour s'approprier en déformant pour les nécessités et besoins des palais autochtones.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Alain Rousseau 21/04/2015 23:08

Très agaçants également :

-"low cost" prononcé "locauste"

- "Joe Cocker" prononcé "Joe Couqueur"

-"Yorkshire" prononcé "Yorkchailleur"

-"steward" prononcé "stiward"

-"Mitchum" prononcé "Mitchoum"

Gensane 20/04/2015 11:04

A BM. C'est dingue. Sans parler de Bwana Rotty, Archim Boldow, The Tint Orettow, The Tishun.

BM 20/04/2015 09:29

Mal prononcer les mots étrangers, ce sont là des manières de faquin. "Facchino", en italien. Dans notre beau pays, il fut un temps (depuis Catherine de Médicis jusqu'à Mazarin), où l'italien était ce que le "globish" est devenu de nos jours. Preuve s'il en était besoin que les modes linguistiques découlent toujours d'une domination politique.

Quant aux jeans, il ne s'agit point là d'une décadence récente :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maestro_della_tela_jeans

Ida 20/04/2015 09:25

"Wassingue" , vous vous doutez bien que j'ai frétillé de joie en lisant ce mot . Quand je "wassingue" le carrelage, je me remémore les ménagères de mon enfance qui finissaient régulièrement leur ménage en lavant seuil et trottoir .Elles faisaient le trottoir pour la bonne cause , quoi !

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