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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 05:25

 

 

Sur son blog, Matthieu Begbeider nous informe que, depuis le 30 mars, les Suisses peuvent voter sur Internet pour choisir un nouvel hymne national. Six contributions ont été retenues par un jury qui a étudié 205 propositions. Celle-ci, entre autres :

 

« Peuple solidaire, libre sur nos terres, nous louons notre Suisse que nous aimons. Entre nous faisons régner la paix, l’harmonie et la fraternité. Saisissons la chance de nos différences, engageons-nous avec ardeur pour que chacun ait part au bonheur. Du haut de nos cimes, du cœur de nos villes, nous louons notre Suisse que nous aimons. Dieu, éclaire-nous sur les chemins où déjà s’écrivent nos destins. Suisse, au cœur du monde, unie et féconde, sois notre force pour bâtir à nos enfants un bel avenir. »

Qu’en pense Begbeider ?

C’est la pire des propositions. Dans cette version remixée de l’hymne national actuel, on retrouve certes des mentions faites à ce que sont les valeurs de la Suisse : la solidarité, la paix, l’harmonie, la fraternité. Mais les clichés sont tels qu’on croirait les paroles écrites par un Français : les cimes, les chemins, la Suisse unie et féconde (alors que niveau fécondité, bon). Manque plus que la fondue et les montres.

 

 

 

Le Monde a fait ses comptes : Au moins 603 personnes ont été exécutées sur la planète en 2014.

 

Ce chiffre ne tient pas compte de la Chine, qui a exécuté « plus de condamnés que l'ensemble des pays du globe réunis » mais où le recensement des exécutions est « impossible », cette information étant classée « secret d'Etat ». L’ONG de défense des droits de l'homme, Dui Hua, avait estimé à 2 400 le nombre d'exécutions en Chine en 2013. La Corée du Nord est également absente de ces statistiques.

 

L'Iran arrive largement en tête avec 289 exécutions, loin devant l'Arabie saoudite (90), l'Irak (61) et les Etats-Unis (35).

 

Dans Le Monde Diplomatique, Serge Halimi offre une remarque frappée au coin du bon sens : « Dans une étude présentée en mars dernier, deux économistes issues du FMI, temple du libéralisme, relèvent « l’existence d’un lien entre la baisse du taux de syndicalisation et l’augmentation de la part des revenus les plus élevés dans les pays avancés durant la période 1980-2010 ». Comment expliquent-ils ce lien ? « En réduisant l’influence des salariés sur les décisions des entreprises », l’affaiblissement des syndicats a permis d’« augmenter la part des revenus constitués par les rémunérations de la haute direction et des actionnaires ».

 

 

Dans les colonnes du Grand Soir, Chems Eddine Chitour évoque « l’inhumanisme nouveau » de la guerre par les drones :

 

Brandon Bryant était pilote de drone au sein d’une unité spéciale de l’armée de l’air étasunienne. Depuis l’Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu’au jour où il a déclaré forfait. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un conteneur allongé de la taille d’une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu’un homme meure à l’autre bout de la planète. A l’intérieur du conteneur, des ordinateurs ronronnent. C’est le cerveau d’un drone. Brandon se souvient très précisément des huit que décrivait le prédateur dans le ciel afghan, à plus de 10 000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, « marque » le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. « Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-el Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l’écran : l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué. « On vient de tuer le gamin ? » demande-t-il à son collègue assis à côté. « Je crois que c’était un gamin », lui répond le pilote. « C’était un gamin ? » continuent-ils de s’interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s’affiche sur leur écran. C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : « Non, c’était un chien. »

 

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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