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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 05:36

Ce matin, comme presque tous les matins à la belle saison, je tournais à vélo pendant une bonne heure dans le parc de la Tête d’Or à Lyon. C’est le seul endroit de la ville où l'air n'est pas trop pollué. Un petit mot sur le zoo de ce parc de 105 hectares. Membre de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums, c’est un lieu voué (« dédié » comme disent les colonisés dans leur tête) à la biodiversité et à la conservation des espèces animales en risque d’extinction. Et, naturellement, il s’y vole régulièrement des plantes rares car dans notre monde de libéralisme financier débridé, tout se vole, se vend et s’achète.

 

À deux ou trois reprises, je croise deux jeunes filles (18/20 ans) qui roulent à un train encore plus de sénateur que le mien. L’une d’entre elles est vêtue d’un T shirt (autrefois, on disait « maillot ») portant une inscription qui me plait bien : « Bonkers ».

 

Le tour suivant, je leur fais signe de s’arrêter. Je demande à la porteuse du maillot si elle sait ce que signifie « Bonkers ». Non, me dit-elle, ça doit être de l’allemand. J’imagine qu’elle pense plus ou moins consciemment à « Bunker ». Je lui réponds qu’il s’agit d'un mot argotique anglais datant des années cinquante et qui signifie, plus au sens figuré qu’au sens littéral, « dingue », « fou » (« When I saw that girl, I went bonkers » : « Quand j’ai vu cette fille, je suis devenu dingue »). Comme elle ne manque pas d’humour, la jeune fille me dit espérer que ce T shirt n'est pas prémonitoire. Je lui réponds que je l’espère aussi mais que son inconscient semble avoir parlé. Nous nous quittons sur cet échange pétillant.

 

À l’origine, « bonkers » était un mot utilisé par les marins pour signifier « pompette » avec l’idée que l’intéressé avait reçu un coup (« a bonk ») sur la tête. Dans les années soixante-dix, le mot « bonk » prit le sens de « baise » : « this woman is good for a bonk » : « cette femme est bonne à baiser ». Je me gardais d’évoquer cette récente acception avec ma jeune congénère cycliste.

 

Que dire de ce manque de curiosité si ce n’est, ce me semble, qu’il est général ? Quantité de gens portent sur eux des inscriptions – quasiment toujours en anglais – dont ils ne connaissent pas le sens. Et cela surprend les étrangers de passage en France. Outre les anglophones de naissance, les Chinois en particulier.

 

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans Tranches de vie
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