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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 05:16

La prudence m'amène à utiliser un point d'interrogation. Je reproduis ici un article de Nicolas Maury, militant du parti communiste. Ici, son blog .

 

 

 

Peu avant 9 heures, un accord a été trouvé et adopté à l'unanimité des pays membres de l'Eurozone pour débloquer la situation en Grèce. Il permettra la mise en place d'un troisième plan d'aide

 
 
Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Selon les déclarations du président du Conseil européen Donald Tusk, la Grèce bénéficiera d'une aide du Mécanisme européen de stabilité (MES) en contrepartie de la mise en oeuvre par Athènes de réformes importantes. 

«A l'unanimité, le sommet de la zone euro a trouvé un accord. Tout est prêt pour un programme du MES destiné à la Grèce avec des réformes sérieuses et un soutien financier», a déclaré Donald Tusk sur Twitter. 


Si le texte soumis ne prévoit a priori pas de sortie temporaire de la Grèce de la monnaie unique, il risque d'être difficile à accepter en Grèce où le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras avait promis qu'il ne se laisserait pas imposer de nouveaux sacrifices. 
 
Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
L'humiliation du peuple grec 

Les créanciers exigent du premier ministre grec qu’il fasse adopter d’ici à mercredi une première série d’actions prioritaires, notamment sur un changement du régime de la TVA (et la hausse de cette dernière) ou sur la réforme des retraites (allongement de l’age de départ). 

Lors de ce premier vote se dessineront certainement les nouveaux équilibres politiques révélés par le vote de samedi au Parlement grec. Car, si une large majorité de députés avaient alors décidé de soutenir l’effort de négociation d’Alexis Tsipras, de nombreuses défections dans son propre camp sont apparues au grand jour. Dix-sept députés du parti de la gauche radicale Syriza avaient refusé d’accorder leur soutien au premier ministre (2 non, 8 abstentions et 7 absents). 

Il y a également de fortes pressions à Bruxelles pour que des changements politiques interviennent le plus rapidement possible. Alexis Tsipras doit, au minimum, opérer un remaniement ministériel pour se défaire des éléments les plus radicaux de son gouvernement. Notamment ceux issus de la plate-forme de gauche (un mouvement situé à l’aile gauche de Syriza) qui se sont désolidarisés ces derniers jours de leur premier ministre. Premiers visés, le ministre du redressement productif Panayiotis Lafazanis et le ministre de la sécurité sociale Dimitris Stratoulis, qui se sont tous deux abstenus lors du vote de samedi. 

Les créanciers, inquiets qu’un gouvernement Syriza refuse d’appliquer de nouvelles mesures d’austérité, même adoptées au Parlement, veulent aller encore plus loin. Et font pression sur Alexis Tsipras pour qu’il accepte de faire entrer dans son gouvernement des ministres issus d’autres formations politiques et notamment du parti centriste To Potami.
 
Grèce : Un "accord de Munich" adopté à l'unanimité #ThisIsACoup
 
Alexis Tsipras de nouveau au bord du gouffre 

Le chef du gouvernement grec n'a plus de majorité au Parlement. C'est grâce aux partis d'opposition, le Pasok (socialiste), la Nouvelle démocratie (droite) et La Rivière (To Potami, centre) que ses dernières propositions d'économies, pourtant jugées insuffisantes par l'Eurogroupe, ont été adoptées samedi 11 juillet (251 voix sur 300). Près de 32 députés de Syriza sur 149 ont fait défection ou ont juré de le faire bientôt.

Syriza, coalition hétéroclite, est au bord d'une implosion qui était largement prévisible. Parmi les "rebelles" abstentionnistes se trouve deux ministres, dont celui de l'Energie Panagiotis Lafazanis, adversaire déclaré de l'euro. Mais on compte aussi la présidente du Parlement, Zoé Kostantopoulou, passionaria de la gauche radicale et "épine" dans le pied du Premier ministre à cause de sa grande popularité, estime Kathimerini.

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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Lyonnais 14/07/2015 10:39

Sur le blog de Paul Jorion ( http://www.pauljorion.com/blog/ ) :


Nous espérions une nuit du 4 août, et nous avons eu un nouveau Munich, par Henri Chesnot

Billet invité.

Le parallèle peut être grossier, et je concède qu’il est volontiers provocateur, et pourtant, souvenez-vous :

Après l’Anschluss, l’Allemagne exige le retour des allemands des Sudètes, citoyens de la Tchécoslovaquie, république née du Traité de Saint Germain (signé en 1919, pendant pour l’empire austro-hongrois du Traité de Versailles) et qui est la cible des foudres allemandes depuis la disparition de l’Autriche.

La tension est extrême et a brutalement monté durant l’été 1938 jusqu’à l’ultimatum adressé par le chancelier allemand, compte tenu de la dégradation brutale de la situation des allemands des Sudètes dont le retour impérieux est exigeant immédiatement.

Les Français et les Britanniques ne sont pas prêts à la guerre, et vont donc tout faire pour l’éviter, avec une mention spéciale pour les Français qui sont directement concernés par la tension générée par les exigences sans cesse grandissantes des Allemands.

Les Allemands ne faisant plus confiance aux Tchèques, un sommet de la dernière chance est organisé par l’Italie à Munich le 29 septembre 1938, sans les Tchèques, exclus de fait.

Après quelques heures de négociation, un accord unanime est trouvé entre les quatre puissances :

– pour éviter à tout prix la guerre (Grexit)

– les allemands des Sudètes (les euros empruntés) sont rendus (remboursés) par la Tchécoslovaquie (Grèce) à l’Allemagne dans un délai très courts (avant le 10/10/1938)

– La confiance des Allemands dans les Tchèques étant nulle, ce retour (remboursement) se fera sous supervision internationale et contrôle étroit d’une commission internationale de représentants des 5 pays concernés (Troïka).

– La France a manqué à ses devoirs et a sacrifié ses intérêts et la souveraineté d’une nation amie dans le vain espoir de maintenir le statu quo et de ne surtout pas se heurter à l’Allemagne (comble de l’humiliation, c’est la France et le Royaume-Uni qui sont chargés d’imposer cet accord au gouvernement tchèque qui finit par l’accepter le 30 septembre 1938).

Bien évidemment, les tensions en Europe ne seront que très temporairement apaisées et dès 1939, les exigences de l’Allemagne et d’autres pays d’Europe du nord (Pologne) à l’égard de la malheureuse Tchécoslovaquie recommenceront jusqu’au démembrement et à la disparition complète du pays.

Si l’on remplace la peur de la guerre par la peur du Grexit (les deux peurs étant en soit parfaitement fondées).

Si l’on remplace le retour des tchèques germanophones des Sudètes par le retour/remboursement des emprunts d’euros allemands

Si l’on remplace l’annexion de territoires par la privatisation forcée, et sous contrôle étranger de richesses nationales,

Si l’on remplace la date du 10 octobre par celle du 15 juillet

Si l’on remplace l’annexion pure et simple par les réformes structurelles et les privatisations (sous contrôle d’un fond étranger)

On constate que le parallèle avec ce qui s’est passé à Munich est flagrant. La France une nouvelle fois s’est trouvée confrontée à sa peur de l’Allemagne née du traumatisme subi en 1870 (résurgences des mauvais souvenirs laissés par les occupations prussiennes de l’est de 1814 et 1815), et elle a une nouvelle cédé, espérant gagner du temps et maintenir une situation instable du fait même des déséquilibres liés à l’hypertrophie politique et économique de l’Allemagne.

Nous espérions tous une « nuit du 4 août », une de ces nuits magiques où les intelligences s’éveillent, où les dirigeants abandonnent le cynisme d’une realtpolitik à courte vue, pour s’élever à la générosité et de la grandeur dont l’Humanité est capable.

Et nous avons eu un nouveau Daladier, qui s’est couché devant ce qui devient le nouvel avatar de ce que l’Allemagne peut faire de pire en termes d’aveuglement et d’égoïsme.

« François Hollande s’est hissé au niveau de l’Histoire » a déclaré Manuel Valls.

Que ce matin ait été un moment historique c’est incontestable, et il est même difficile d’en imaginer aujourd’hui toutes les conséquences.

Si François Hollande s’est « hissé » jusqu’au niveau de l’histoire, cela a été si péniblement qu’il ne l’a atteint qu’en rampant.

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