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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 05:37

Il y a longtemps que je voulais consacrer une chronique à l'expression “ capital humain ”. Cela a été fait récemment par Élisabeth Beague, beaucoup mieux que je n'aurais su le faire, sur le site Investig'Action :

 

Le « capital humain » fut précédemment appelé « ressources humaines » et, il y a plus longtemps encore, « personnel ». Pourquoi cette évolution ? Sans prendre le risque de se tromper lourdement, il est permis d’avancer que la transformation du lexique est au cœur d’un vaste travail politique de marchandisation de la relation salariale.

La définition du dictionnaire

 

Le personnel est l’ensemble de personnes employées dans une catégorie d’activités. La gestion du personnel est entendue dans une perspective opérationnelle, il s’agit de l’administrer selon ses différents niveaux de qualification. Les ressources sont les moyens matériels (hommes, réserves d’énergie) dont dispose ou peut disposer une collectivité ou une entreprise. La gestion des ressources humaines est l’ensemble des pratiques mises en œuvre pour les administrer, les mobiliser et les développer au bénéfice de l’activité d’une organisation. Et, dans certaines organisations, elle est considérée comme coresponsables de la production et de la qualité. Le capital est une richesse destinée à produire un revenu ou de nouveaux biens, c’est aussi l’ensemble des choses qui servent à la satisfaction de besoins. Plus spécialement, en économie, le capital est un instrument de travail employé à la production.

 

La dérive néo-libérale

 

Le capital humain est un réservoir de ressources au service de l’entreprise. Ce capital désigne des aptitudes, physiques ou intellectuelles, d’une main d’œuvre pouvant être exploitée avec profit dans la production économique. Dans ce sens, le capital humain est un investissement qui a un coût mais qui augmente la productivité et est censé rapporter un revenu bien supérieur au coût. Dans la dérive économique actuelle, le capital humain est un facteur de production au même titre que le capital physique et, comme les coûts de production doivent être « maîtrisés », la rémunération de ce capital, le salaire, évolue en fonction de la fluctuation des marchés, c’est-à-dire à la baisse. La suppression d’emplois devient alors un mode de gestion, une variable d’ajustement, une source d’économies, un agent essentiel du profit. Tous les séminaires organisés pour amener les managers à optimaliser la gestion du capital humain ont pour but de rendre ce « capital » responsable des aléas de son parcours professionnel. On fait donc appel à son principe de responsabilité et d’exemplarité, à son désir de reconnaissance et d’appartenance, à son souci du dépassement des limites et à l’exigence de sa mobilisation totale. L’assujettissement du salarié sera complet sauf quand, sans doute insuffisamment formaté et au risque de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins vitaux les plus élémentaires, celui-ci fera comprendre au capitaliste que le jeu ne l’amuse plus.

 

Donc, en réalité

 

L’employé est le plus parfait exemple du capital « circulant » : transformé ou détruit pendant le cycle de production. La gestion du capital humain confiée aux entreprises a pour but de diminuer progressivement ce capital qui est par trop aléatoire. Puisque l’employeur désire maximiser ses profits, il exigera beaucoup de son salarié et lui donnera peu en retour. L’individu aura la responsabilité du choix : soit être exploité au travail, soit être exclu du travail. Une situation très confortable pour l’employeur magnanime qui ne pourra qu’entériner la responsabilité du travailleur et, en fonction de la décision de celui-ci, faire rédiger par un de ses subordonnés une belle lettre de préavis. S’il n’est pas complètement dégoûté, l’individu s’inscrira alors à une « bourse de l’emploi » pour se remettre sur le « marché » du travail.

 

 

 

 

 

 

 

Chef du personnel, DRH, capital humain

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Adario 15/08/2015 19:30

Té, à propos de "ressource humaine", mais pas bon marché celle-là, paraîtrait que la Valérie se cherche un nouveau boulot ! Avez-vous lu "Merci pour ce moment" en ce WE du 15 août tour à tour pluvieux et orageux ? Je viens de le faire pour voir et... non pour lire (c'est pas de la lecture) ! + de 300 pages mal écrites et chiantes ou l'expression "première dame" revient toutes les 2 pages (entre autres : pp. 26,27,33, 47, 86, 187, 295, 296, 297, 301, 304, 310, 337, Livre de poche de la Biblio) qui montrent la prétention et... le contentement devenu du mécontentement. Surtout lire entre les lignes le misérabilisme affiché pour attendrir le lecteur et les coups de patte hargneux à Hollande et Royal ainsi qu'à Gayet et... leurs familles (qui, par ailleurs, ne font que nous conforter pour notre non-Président). Journaliste politique ou critique littéraire, elle confirme que Paris-Match est tombé bien bas et cela questionne à propos du niveau actuel du -de la- journaliste. Au secours Viansson-Ponté ou Poirot-Delpech tant pour la politique que pour la critique littéraire. Et si les médias évitaient d'en parler ! Elle n'est que vanité et hargne, en somme bien de notre époque. Bon fin de WE à vous.

Adario 15/08/2015 11:50

Oh oui nous sommes - mais un peu tard - convaincus ! Exact pour le "statut supérieur" d'un instit de 1950 comparé à celui actuel d'un universitaire ! Et c'est vérifiable pour bien d'autres !! mais tout cela n'est que bagatelles pour M. Hollande, Président de la République, qui se garde bien de faire un bilan :

"Il faudra un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature. Si une crise profonde se produisait, nous en tirerions toutes les conséquences en quittant la présidence." (Devoirs de vérité, 2006) avait-il déclaré sentencieusement. Avoir voté pour ce minable maringouin est désespérant. Que je suis c...n euh ! crétin et que je m'en veux. Au train où vont - ou plutôt ne vont pas - les choses, en 2017, je me flingue si la maladie d'Alzheimer, qui nous guette sournoisement, me laisse suffisamment de neurones pour agir !

Gensane 15/08/2015 13:36

Merci, grâce à vous, j'ai appris l'existence des maringouins!

Lyonnais 15/08/2015 09:30

A Gensanne. Vous prêchez à un convaincu ! C'est ainsi que de nombreuses communes rurales ont perdu la stabilité de leurs enseignants préférant vivre en ville plutôt qu'à la campagne puisqu'il fallait payer un loyer !
Et je ne parle pas de la retraite à 60 ans au lieu de 55 ...
Tout ça avec la bénédiction des syndicats inféodés au PS ! ;;;

Gensane 15/08/2015 10:41

"Tout ça avec la bénédiction des syndicats inféodés au PS ! ;;;"
Vous ne parlez pas de la CFDT et de la FEN, tout de même !

Gensane 15/08/2015 08:42

A Lyonnais. Les instits' ont beaucoup perdu à l'époque. Entre autre, le logement. Toujours préférer un avantage en nature à de l'argent. Je passe sur le fait (car cela dépasse le simple problème des instits') que lorsque mon grand-père a pris sa retraite d'instit' en 1950 à Hénin-Liétard, ville minière à des années lumière de Neuilly-sur-Seine,il jouissait d'un statut bien supérieur à celui d'un prof en Sorbonne.

Lyonnais 15/08/2015 08:35

Lorsque les socialistes décidèrent de recruter des "professeurs des écoles " au lieu de simples "instituteurs" j'eus la joie d'entendre de la bouche de Rocard, alors premier ministre, que je faisais partie du "stock" dont on allait étudier la suite de la carrière...

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