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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 05:40

Simon Gouin, du site Bastamag, revient sur la France et la misère du monde : « A chaque fois que l'on entend jusqu'à la nausée cette sempiternelle phrase : "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle a à prendre sa part" on doit répondre que la France est une des principales responsable de toute la misère de monde.

 

Pollution des eaux et des terres, manque de consultation des populations, appauvrissement des ressources alimentaires, division des communautés indigènes : un nouveau rapport du CCFD et du Secours Catholique critique les activités de deux entreprises françaises, Perenco et Maurel et Prom, en Amazonie péruvienne. Il met en évidence les conséquences désastreuses de l’industrie pétrolière sur les peuples et l’environnement de la région. Les responsabilités des entreprises et de leurs actionnaires, dont la Macif, sont mises en avant, au côté de celle de l’État français accusé de privilégier la défense de ses intérêts économiques au détriment des droits humains et environnementaux. »

 

Dans Le Grand Soir, Jean Ortiz nous rappelle comment la France accueillit les réfugiés républicains espagnols :

La « grande presse » française se déchaînait contre ces « hordes d’envahisseurs » espagnols. La semaine même où des milliers de combattants de la liberté, de femmes, d’enfants, épuisés, affamés, bombardés en permanence, arrivaient à la frontière de ce qu’ils croyaient « le pays des droits de l’homme », l’éditorialiste du « Patriote des Pyrénées » écrivait : « En un siècle où ne règne que la force, où la moindre faiblesse se paie par le sang, il est déjà bien que nous n’ayons pas refoulé la « horde wisigothique ». Pagès dénonçait « le danger de contagion morale et physique, sans compter les femmes, plus indésirables que leurs compagnons, qui vont rôder dans tout le sud-ouest ». La France vit les événements d’Espagne par procuration. La guerre idéologique fait rage. L’opinion publique, chauffée à blanc, est majoritairement hostile à « l’invasion », avale la xénophobie officielle et l’austérité pour les « classes dangereuses ». Seules la CGT, beaucoup de mairies de gauche, le parti communiste, des militants d’autres partis de gauche, le Secours Rouge, le Comité international pour l’aide à l’Espagne républicaine, des intellectuels comme Paul Langevin, le libertaire comité « Solidarité internationale antifasciste », etc. sauvent l’honneur de la France en organisant, par solidarité de classe ou simple humanisme, un accueil solidaire.

 

 

Dans Libération, Thierry Leclère réfléchit au concept du « Blanc » :

Définir le Blanc – comme le Noir ou le Jaune – se révèle un casse-tête sur lequel sont venues se heurter toutes les théories des races du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Après la victoire sur le nazisme, le problème semblait réglé : plus aucun scientifique n’osait utiliser le mot race, qu’elle soit blanche ou pas. Les dernières découvertes de notre XXIe siècle sur le séquençage du génome confirment d’ailleurs l’ineptie du concept de race : des biologistes ont démontré que la couleur de peau ne concerne qu’une infime part de notre patrimoine génétique, quelques gènes sur quelques dizaines de milliers. La couleur de peau n’est donc pas opérante pour classer les individus et déterminer leur origine. Et pourtant la lecture raciale de la société française est plus forte que jamais : représentation des minorités visibles à la télévision, statistiques ethniques, quotas dans l’équipe nationale de football… La question raciale est partout.

 

Dans le Monde Diplomatique d’Octobre, Serge Halimi explique pourquoi, dans les luttes, il faut aussi « faire sauter le verrou médiatique » :

Les tentatives de rupture avec les politiques néolibérales se multiplient. Après l’espérance grecque, l’élection de M. Jeremy Corbyn au Royaume-Uni, demain peut-être le réveil de l’Espagne… Ces essais ne sont pas toujours transformés, on l’a mesuré à Athènes en juillet dernier. Mais quelques-uns des obstacles sont dorénavant bien identifiés : les marchés financiers, les multinationales, les agences de notation, l’Eurogroupe, le FMI, la BCE, la politique monétariste allemande et ses caudataires sociaux-libéraux. La puissance de ces agents ainsi que la convergence de leurs préférences expliquent pour partie les prudences et les capitulations des uns, les souffrances et les hésitations des autres. Bien que pertinent, un tel diagnostic est incomplet. Car y manque un élément décisif : cet élément a révélé sa nocivité à Athènes ; il s’est d’emblée déchaîné à Londres contre le nouveau dirigeant travailliste  ; on l’observera à Madrid si Podemos l’emporte en décembre prochain. Enfin, depuis six mois, il se reconfigure méthodiquement à Paris. De quoi s’agit-il  ? Du perfectionnement d’un verrou médiatique susceptible de disqualifier tout projet contraire au pouvoir des actionnaires.

 

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