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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 07:06

On a beau nous dire que l’inflation tourne autour de 1% par an depuis plusieurs années, dans notre ressenti, mais aussi dans les faits, l’appauvrissement est régulier. Pour les fonctionnaires, les salaires et les pensions sont gelés depuis bientôt six ans, au point que le différentiel avec les salaires du privé est, globalement, de 4%. Ce que nous percevons en terme de supplément familial a baissé, les dégrèvements fiscaux concernant l’impôt sur le revenu sont moins favorables. De nombreux médicaments ne sont plus remboursés (ou plus mal) tandis que croissent certaines franchises médicales.

 

Je reprends ici une étude de la CGT (métallurgie, finances et INSEE) qui explique pourquoi le coût de la vie augmente plus vite que l’indice des prix à la consommation (IPC).

 

Tous les prix n’augmentent pas de la même manière, au même rythme, ce qui signifie que l’augmentation est moyenne ou pondérée. Ainsi, depuis 15 ans, le prix des combustibles a crû de 150% tandis que celui des ordinateurs baissait de 90%. Le problème est que si l’on se chauffe ou si l’on roule tous les jours, on ne change pas d’ordinateur tous les ans.

 

On ne sait pas trop pourquoi (enfin, si, on devine), mais l’IPC la consommation du tabac de ses calculs, ce qui fait baisser l’indice de 0,1% par an. Par ailleurs, l’IPC sous-estime la valeur des logements d’environ 0,2% par an.

 

Le mode de vie contribue également à l’appauvrissement général. Il n’est que de calculer à combien revient pour une famille de trois enfants l’utilisation de téléphones portables, outils quasi obligés aujourd’hui mais qui étaient absents des foyers il y a une vingtaine d’années. L’internet est désormais le passage obligé pour de nombreuses démarches, comme par exemple la déclaration d’impôts.

Indice des prix à la consommation et appauvrissement réel

 

L’INSEE pointe également ce qu’il appelle les « dépenses pré-engagées ». Comme celles de contrats que l’on ne peut dénoncer, du moins à court terme : loyers, impôts, remboursements de crédits, primes d’assurance. En outre, de nombreuses prestations publiques ont augmenté suite au désengagement de l’Etat (cantines, transports scolaires, écoles de musique). Il s’agit là de dépenses incompressibles. Chez les 20% de ménages les plus pauvres, ces dépenses contraintes à court terme représentaient plus de la moitié du revenu courant en 2001 et les trois-quarts en 2010. Il ne leur reste pour vivre que le quart de leur revenu alors qu'il leur en restait la moitié cinq ans plus tôt !

 

Pour la CGT, l’INSEE se réfère à un consommateur moyen qui n’existe pas et il devrait augmenter d’1,5% par an la hausse réelle des prix. Et la centrale pose la question : « Avec les seuls éléments qu'on vient de voir, que serait devenu un salaire moyen de 2 000 € en l’an 2000 ? »

 

Une revendication d'augmentation de 450€ en 2016 correspondrait à un simple maintien du niveau de vie par rapport à 2000. Un salarié qui gagnait 2.000 € par mois en 2000 et qui gagne 2.700 € en fin 2015 a perdu au moins 9,07% de niveau de vie.

 

Le simple blocage des salaires leur a fait perdre 6% en six ans. Si on y ajoute les 9% de niveau de vie, on atteint 15% d’appauvrissement. Pour les retraités, il faut rappeler que leurs cotisations retraites ont augmenté de 2,95% depuis la « réforme » Sarkozy-Woerth.

 

 

En avril 2014, le Premier ministre a annoncé le blocage des retraites pour un an. Depuis avril 2013 donc, elles sont gelées, jusqu'à au moins 2017. L'ITC a augmenté de 1% depuis cette époque, auquel il faut appliquer la méthode: 1,5% par an, pour 3 ans (du 1/4/2013 au 1/4/2016 soit 4,5%. En 3 ans la perte de pouvoir d'achat des retraités est déjà de 5,5%.

 

Une donnée sociologique que l’IPC ne prend pas en compte est la nature et la taille des ménages. On assiste à un accroissement notoire du nombre de personnes vivant seules (célibataires, veufs, divorcés). Ces personnes doivent faire face, seules, à certaines dépenses assumées par des familles plus nombreuses. La CGT estime à 0,9% le différentiel supplémentaire pour cette catégorie de la population.

 

Pour toutes ces raisons, le coût de la vie augmente plus vite que l’indice des prix à la consommation.

 

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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