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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 06:09

On peut tenter d’infléchir une dynamique historique et trouver les moyens de s’y adapter, mais cela implique de ne pas en nier l’existence et de l’appréhender de manière rationnelle en se fondant sur les travaux scientifiques. La question de l’immigration est de celles où ces principes sont les moins respectés, au point d’occulter toutes les autres dans la vie politique de la plupart des pays européens.

Les images des réfugiés dont les bateaux font naufrage en Méditerranée ou qui, en longues colonnes, tentent de rejoindre un pays d’accueil provoquent des réactions contradictoires dans les opinions publiques : compassion et solidarité dans certains secteurs ; peur panique d’une « invasion » dans d’autres. Dans le premier cas, le discours dominant – implicite ou explicite – qui est celui d’une partie de la gauche, mais pas exclusivement, consiste à dire que l’accueil de millions de nouveaux immigrants ne pose pas de problèmes majeurs et que les frontières européennes doivent rester ou redevenir ouvertes. Dans le second cas, qui se généralise, l’accent est mis exclusivement sur les mesures sécuritaires : installation de barrières de barbelés ; renforcement drastique des contrôles pour l’accès aux Etats membres de l’Union européenne (UE) et singulièrement ceux de l’espace Schengen ; expulsion des réfugiés en situation irrégulière (immigrés économiques sans papiers, déboutés du droit d’asile, etc.).

L’Europe, terre d’immigration, par Bernard Cassen

Ni la première de ces attitudes (angélisme bien intentionné, mais à courte vue) ni son opposée (dramatisation tout aussi myope de la situation) ne permettront de faire face dignement et pacifiquement à un phénomène que toutes les données rendent inéluctable : l’impossibilité, pour l’Europe, d’empêcher des arrivées massives d’immigrants dans les décennies à venir.

Les énormes écarts démographiques et économiques entre pays de départ et pays d’arrivée sont parfaitement connus. Pour simplifier, on peut dire que l’Europe est un continent riche et à la population vieillissante et stagnante, alors que les populations de l’Afrique et du Proche-Orient sont plus jeunes, plus pauvres et en forte croissance. Même au péril de leur vie, les jeunes de ces régions voudront fuir la misère et l’insécurité pour rejoindre ce qu’ils croient être un Eldorado qui, pour beaucoup d’entre eux, a autrefois été leur puissance coloniale. A cela s’ajoutent les millions de réfugiés des zones de guerre et des Etats en faillite et, sur une échelle encore plus vaste, les futurs réfugiés climatiques.

 

Lire la suite sur le site de Mémoire des Luttes

 

 

Illustration : Vasco Gargalo

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

pschitt 12/02/2016 07:09

L'illustration est grandiose .