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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:40

Dans son éditorial, Serge Halimi nous explique que les grandes puissances, démocraties comprises, tendent à être gouvernées par des hommes à poigne :

 

L’échange de compliments a surpris. Le 17 décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine a marqué une préférence pour l’un des candidats de la primaire républicaine américaine, le milliardaire new-yorkais Donald Trump. Le qualifiant d’« homme brillant et plein de talent », il a fait de lui « le grand favori de la course présidentielle ». Loin de récuser un tel hommage, pourtant susceptible de lui nuire dans un parti où les néoconservateurs, nombreux, se demandent s’ils exècrent davantage la Russie ou l’Iran, M. Trump a réagi avec chaleur : M. Poutine « dirige vraiment son pays, c’est un leader énergique, ce qui le distingue beaucoup de ce que nous avons chez nous ». M. Trump a également promis que, s’il devenait président des Etats-Unis, il s’entendrait volontiers avec le dirigeant russe. La sympathie que se portent ces deux hommes à poigne est confortée par leur mépris commun pour l’actuel locataire de la Maison Blanche. M. Poutine « n’aime pas du tout Obama, se réjouit M. Trump, il ne le respecte pas. »

 

 

Pour Philippe Baqué, Alzheimer [« Vous connaissez le prénom d’Alzheimer ? Non. Ça commence comme ça »] est une maladie politique :

 

L’augmentation rapide du nombre de diagnostics de la maladie d’Alzheimer représente un défi inédit pour l’humanité. Misant sur un marché potentiel colossal, l’industrie pharmaceutique recherche frénétiquement – et jusqu’ici sans succès – un médicament ou un vaccin miracle. L’intérêt des personnes malades et de leurs proches invite cependant à repenser les politiques publiques et l’approche thérapeutique d’une affection encore bien mal connue.

 

 

Pour Anne-Cécile Robert, les grands médias nouent jouent la stratégie de l’émotion :

 

Des émissions de divertissement à l’actualité médiatique en passant par les discours politiques, le recours à l’émotion est devenu l’une des figures imposées de la vie publique. Si les émotions, positives ou négatives, enrichissent l’existence, cette forme d’expression peut poser de redoutables défis à la démocratie lorsqu’elle se fait envahissante et tend à remplacer l’analyse.

 

 

 

Le Monde Diplomatique (91)

Article très utile de Benoît Bréville sur ces millions d’Etasuniens qui vivent en mobile home (en maison mobile, comme on dit au Québec) :

 

Aux Etats-Unis, même les pauvres peuvent devenir propriétaires : il leur suffit d’acheter un mobile home, pour un prix qui dépasse à peine celui d’une voiture, puis de lui trouver un terrain. C’est alors que les difficultés commencent…

 

 

Article très utile de Maude Barlow et Raoul Marc Jennar sur le fléau de l’arbitrage international :

 

Jugé frauduleux, l’arbitrage dont avait bénéficié, en France, l’homme d’affaires Bernard Tapie jette le soupçon sur les mécanismes dérogatoires aux procédures judiciaires habituelles. Pourtant, à l’échelle du commerce international, ces mécanismes prévus par les accords de libre-échange – dont le futur grand marché transatlantique – s’imposent partout, au seul bénéfice des multinationales.

 

 

Qu’en est-il des CDR à Cuba (Marion Giraldou) :

 

Alors que La Havane sort lentement de son isolement tant diplomatique qu’économique, l’évolution du rôle et du fonctionnement des comités de défense de la révolution (CDR), longtemps consacrés à une forme de surveillance de la population, illustre la façon dont les Cubains s’adaptent à la nouvelle donne.

 

 

Pour Gérard Prunier, le Burundi est menacé par la pénurie :

 

En un an, la crise politique au Burundi a fait plusieurs centaines de morts et des dizaines de milliers de réfugiés. Fin janvier, les Nations unies détectaient les « signaux alarmants » d’un accroissement de la « dimension ethnique » du conflit. Au-delà de ce petit pays, sous l’effet de facteurs économiques et politiques enchevêtrés, c’est toute l’Afrique centrale qui pourrait s’embraser.

 

 

Gabriel Gorodetsky revient sur les origines du soutien soviétique à Israël :

 

Dans son journal, à la date du 3 février 1941, Ivan Maïsky, ambassadeur soviétique à Londres, relate une entrevue inattendue qui prépara la reconnaissance précoce de l’Etat d’Israël par l’URSS. Ses notes éclairent le revirement de Moscou, qui, après avoir soutenu la création d’une Palestine indépendante, se révéla en définitive plus opposé au mandat britannique qu’au sionisme.

 

 

Peut-on s’attendre à une nouvelle intervention en Libye (Patrick Haimzadeh ) :

 

Après la conclusion d’un accord entre Parlements rivaux, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale ouvre la voie à une action militaire occidentale en Libye. Dirigée contre les forces de l’Organisation de l’Etat islamique, une nouvelle ingérence de forces étrangères risquerait d’aggraver les violences entre factions et de faire échouer le fragile dialogue inter-libyen.

 

 

Il fut un temps où les djihadistes étaient nos amis (Denis Souchon ) :

 

Pendant une période comprise entre la défaite cinglante des Etats-Unis en Indochine (avril-mai 1975) et les craquements en chaîne dans les pays européens satellites de l’Union soviétique (notamment en Pologne, où l’état d’urgence est proclamé en décembre 1981), les Etats-Unis et l’Europe occidentale imaginent – ou font croire – que Moscou a lancé une grande offensive mondiale. En Afrique, l’Angola et le Mozambique, nouvellement indépendants, semblent lui tendre les bras ; en Amérique centrale, des guérilleros marxistes font tomber une dictature proaméricaine au Nicaragua ; en Europe occidentale, un parti communiste prosoviétique oriente pendant quelques mois la politique du Portugal, membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord. L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979, semble marquer une fuite en avant de Moscou. Elle ouvre une nouvelle étape de la guerre froide entre les deux blocs. Le combat des moudjahidins (« combattants de la foi engagés dans le djihad ») afghans va apparaître comme providentiel pour contrer les ambitions hégémoniques prêtées à l’Union soviétique. Et, souvent, être célébré à la façon d’une épopée.

 

 

En Inde, des tribus sont courtisées par les nationalistes (lea Chakraverty ) :

 

Dans les montagnes du Nord-Est indien, en territoire tribal adi, les associations ultranationalistes hindoues s’intéressent de très près au mouvement religieux indigène Donyi-Polo. Un engouement tout sauf anodin à l’heure où l’Inde se bat contre ses démons identitaires.

 

 

Dans ce pays, on peut toujours être lynché au nom des vaches sacrées (Naïké Desquesnes ) :

 

Des centaines de chrétiens ont été menacés l’an dernier en Inde. Plusieurs musulmans soupçonnés d’avoir mangé de la vache ont été battus à mort.

 

 

Pour Bernard Cassen, David Cameron est pris à son propre piège du « Brexit » :

 

Soutien du patronat, appui embarrassé des travaillistes, concessions probables des partenaires européens : à la veille du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, tout devrait rassurer le premier ministre britannique, a priori opposé au « Brexit ». Le sentiment antieuropéen gagne pourtant en puissance, menaçant jusqu’au locataire du 10 Downing Street.

 

 

Susan Watkins se demande si le Parlement européen est une bonne solution au déficit de démocratie :

 

Interpellés sur son déficit démocratique, les partisans de l’Union européenne ont en général une réponse toute trouvée : le Parlement européen. Ils soulignent qu’à chaque extension des prérogatives de la Commission correspond une extension « compensatrice » des pouvoirs l’assemblée de Strasbourg dans le cadre de la « codécision ». Mais de quoi s’agit-il ? La codécision, ou procédure législative ordinaire, vise en fait à cimenter le consensus entre la Commission (seule habilitée à proposer des directives et des règlements européens), le Parlement (qui peut les amender) et enfin le Conseil de l’Union européenne (instance interétatique sans laquelle aucune décision ne peut être adoptée). Mais en réalité, et pour résumer à gros traits, le Parlement ne dispose que de deux options : soit proposer des amendements acceptables, soit se satisfaire de ce qu’on l’ignore.

 

 

Selon Julia Beurq, les Roms sont les laissés-pour-compte de la transition post-communiste :

 

Plus de vingt-cinq ans après la chute de Nicolae Ceausescu, la restitution des logements nationalisés s’éternise en Roumanie. Ayant choisi de rendre les biens plutôt que d’indemniser les propriétaires, les autorités expulsent les locataires, aux premiers rangs desquels figurent souvent des Roms.

 

 

Pour Floran Gautier, Le sport est la nouvelle vitrine du Kosovo :

 

Depuis qu’il a proclamé son indépendance, en 2008, le Kosovo tente de prouver sa viabilité et sa légitimité. Mais ce territoire enclavé, miné par la corruption et maintenu à flot grâce à une assistance extérieure, peine à obtenir une pleine reconnaissance internationale. Pour y parvenir, il a fait du sport sa principale arme.

 

 

Un rapprochement peut-être osé de Daniel Paris-Clavel : Suffragettes et jujitsu :

 

A l’aube du XXe siècle, le combat des suffragettes britanniques pour l’égalité civique coïncida avec l’introduction des arts martiaux japonais en Europe. L’histoire dépassant souvent la fiction, cette concomitance permit de bousculer — au sens propre — l’Etat patriarcal.

 

Frédéric Lordon analyse le film de François Ruffin Merci patron !

 

Comme on ne risque pas d’avoir les studios Universal sur le dos et qu’en réalité il ne s’agit pas tout à fait d’un film à suspense, on peut révéler l’intrigue de Merci patron !, de François Ruffin. C’est l’histoire de Serge et Jocelyne Klur, employés d’Ecce, filiale du groupe LVMH, plus exactement employés de son usine de Poix-du-Nord, jadis chargée de la confection des costumes Kenzo. « Jadis », car, mondialisation oblige, le groupe a cru bon d’en délocaliser toute la production en Pologne. Moyennant quoi les Klur ont été invités à se rendre employables ailleurs. Cependant, ils explorent méthodiquement la différence entre employables et employés. Depuis quatre ans. Evidemment, la fin de droits a été passée depuis belle lurette, on tourne à 400 euros par mois, la maison est fraîche – forcément, il n’y a plus de chauffage, et il a fallu se replier dans la seule pièce habitable. Au rayon des vertus tonifiantes, on compte aussi l’élimination de tout excès alimentaire et l’adoption de saines résolutions diététiques ; on peut même aller jusqu’à parler de rationnement – Noël avec une tartine de fromage blanc, les amis de la frugalité apprécieront.

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