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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 06:37

Pour Serge Halimi, la social-démocratie est en fin de cycle  (« Le temps des colères ») :

Sur fond de crise économique persistante dans la plupart des pays occidentaux, l’émergence de nouvelles forces contestataires témoigne d’une grande impatience politique. Elle se transforme souvent en colère. La gauche gouvernementale constitue dorénavant une de ses cibles principales.

 

Charles Enderlin voit Israël à l’heure de l’inquisition : « 

Un projet de loi approuvé par M. Benyamin Netanyahou entend imposer de nouvelles exigences de transparence aux associations israéliennes. Ce texte qui vise à pénaliser les organisations opposées à la politique du gouvernement s’inscrit dans le climat délétère d’une chasse aux sorcières orchestrée par les partis favorables à la colonisation. »

 

Est-ce la fin de l’état de droit en Pologne (Cédric Gouverneur) ? :

« Vainqueur des élections d’octobre 2015, le parti conservateur polonais Droit et justice (PiS) multiplie les démonstrations d’autoritarisme. La Commission européenne a lancé en janvier une « procédure de sauvegarde de l’Etat de droit ».

 

 

Edward Castleton nous compte l’histoire du banquier, de l’anarchiste et du bitcoin :

« Après l’industrie du livre, chamboulée par le vendeur en ligne Amazon, après l’hôtellerie, bousculée par la plate-forme Airbnb, après les taxis, affectés par le succès d’Uber, la tornade numérique atteint Wall Street. Comme le libraire, qui met en contact éditeurs et lecteurs, le financier n’est au fond qu’un intermédiaire entre prêteurs et emprunteurs : une proie bien alléchante pour les jeunes entreprises qui hybrident finance et technologie. La fintech, contraction des deux termes, ambitionne de remplacer les banques traditionnelles par des plates-formes de marché électroniques disponibles à travers une application. Comme souvent en pareille occasion, la panique se mêle à l’enthousiasme. Les consultants promettent aux acteurs classiques une mort d’autant plus rapide que l’essor des procédures numériques permet de contourner les réglementations. Des milliers d’articles expliquent avec une débauche de détails comment la technologie sur laquelle repose la monnaie électronique bitcoin révolutionne les transactions financières. 

 

 

Dans un formidable article, Nicolas de la Casinière explique pourquoi le soleil ne se couche jamais sur l’empire Vinci : « L’entêtement du gouvernement à vouloir construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes s’explique aussi par la nécessité d’honorer une concession accordée à Vinci, multinationale édifiée aux dépens de l’Etat français. Archétype du prédateur de marchés publics, le géant du bâtiment joue sur deux tableaux pour engranger les profits : le rapide retour sur investissement de son activité de construction et les rentes de gestion à long terme. »

 

 

Alexia Eychenne nous dit pourquoi, au Royaume-Uni, les immigrés peuvent être prisonniers des castes : » Lorsque, au milieu du XXe siècle, ils ont émigré au Royaume-Uni pour tenter d’échapper au système de castes, les intouchables indiens n’imaginaient sans doute pas que la structure sociale oppressive de leur terre natale voyagerait avec eux. Certains estiment désormais que Londres devra légiférer contre ce type de discrimination. »

 

En Irlande, il y a un Murdoch, et il est capricieux (Julien Mercille) : « Les élections générales irlandaises du 26 février dernier se sont tenues dans un contexte marqué par la réémergence de deux démons bien connus de la population : le gonflement d’une nouvelle bulle immobilière et le contrôle de la presse par les grandes fortunes du pays. A commencer par le milliardaire Denis O’Brien, que les accusations de censure n’effraient guère. »

 

Emmanuel Raoul doute que l’on puisse fabriquer un téléphone équitable : « Les minerais qui entrent dans la fabrication des téléphones portables sont souvent extraits au mépris des droits sociaux les plus élémentaires, notamment en Afrique centrale. Sans compter les dégâts causés à l’environnement. Une entreprise a donc tenté de créer un « téléphone équitable ». Mais elle se heurte, entre autres, au marché noir et aux lacunes de la certification. »

 

Le Sahel est désormais entre deux feux djihadistes (Philippe Hugon) : « Six jeunes Sénégalais, soupçonnés de djihadisme, ont été extradés de Nouakchott (Mauritanie) vers Dakar, le 20 février dernier. La menace terroriste s’étend en Afrique de l’Ouest sur fond de concurrence entre Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique. Les interventions militaires au Sahel, y compris l’opération française « Barkhane », ne s’attaquent pas aux racines de la violence. »

 

La Pakistan, quant à lui, cherche sa place dans une région tourmentée (Jean-Luc Racine) : « Qui aurait pu croire il y a quelques années encore que les dirigeants des deux frères ennemis, l’Inde et le Pakistan, se retrouveraient deux fois en l’espace d’un mois ? Et qui aurait imaginé qu’Islamabad prendrait quelque distance avec son allié de toujours, l’Arabie saoudite ? Deux exemples de ce qui change dans ce pays qu’entourent à la fois l’Iran, l’Afghanistan, la Chine, l’Inde et la mer d’Oman. »

 

Au Yémen, l’Ara        bie saoudite s’enlise (Laurent Bonnefoy) : « L’Arabie saoudite et ses alliés peinent à défaire le mouvement houthiste, qui contrôle toujours la capitale du Yémen, Sanaa. Alors que la diplomatie piétine, les dégâts occasionnés par ce conflit s’aggravent et le pays connaît d’ores et déjà un désastre humanitaire. »

 

Dans une France solférinienne où l’on glisse « du droit du travail au travail sans droi » (Hélène-Yvonne Meynaud), Frédéric Lordon prône la république sociale : « est bien l’esprit de Lampedusa qui plane sur l’époque : tout changer pour que rien ne change. Et encore, « tout changer »… A peine feindre. A moins, ce qui serait presque pire, qu’ils ne soient sincères : on ne peut pas exclure en effet que les protagonistes de la « primaire à gauche » soient convaincus de produire une innovation politique radicale, alors qu’ils bafouillent la langue morte de la Ve République. Le comble de l’engluement, c’est bien sûr de ne plus être capable de penser au-delà du monde où l’on est englué. Présidentialisation forcenée, partis spectraux, campagnes lunaires, vote utile, voilà la prison mentale que les initiateurs de la « primaire à gauche » prennent pour la Grande Evasion. Et pour conduire à quoi ? La fusion de la contribution sociale généralisée (CSG) et de l’impôt sur le revenu ? un programme en faveur de l’isolation des logements ? une forte déclaration sur la « réorientation de l’Europe » ? »

 

Aux Etats-Unis, les Démocrates sont envoûtés par la Silicon Valley (Thomas Frank) : « Depuis 2008, les inégalités sociales n’ont cessé de se creuser aux Etats-Unis. Car, bien qu’elle se vante d’avoir fait baisser le chômage, l’administration Obama s’est moins préoccupée du sort des travailleurs pauvres que du confort des innovateurs de la Silicon Valley. »

 

Jacques Bouveresse arbitre le match entre Nietzsche et Foucault : « On a pu dire à propos de Michel Foucault que son principal mérite était de nous avoir enfin débarrassés de l’idée même de vérité. En s’appuyant sur la lecture des premiers écrits de Nietzsche, il a établi qu’elle ne reposerait que sur une distinction entre le vrai et le faux toujours à déconstruire — d’autant plus que cette opposition serait au service de l’ordre en place. La vérité serait-elle donc une variable culturelle ? »

 

John Berger jette un clin d’œil aux fenêtres : « D’immenses vues aériennes qui disent les enchevêtrements de solitudes et d’aliénations de la vie urbaine, mais aussi ses épiphanies et ses moments de grâce — et le tableau tout entier semble alors bruire et s’animer, foisonnant de vie. Une visite dans l’atelier du peintre Rostia Kunovsky, en région parisienne. »

 

Olivier Namias nous parle de l’architecte de l’année, Alejandro Aravena : « Le 13 janvier 2016, à Chicago, l’homme d’affaires Thomas Pritzker dévoilait le nom du 39e lauréat du prix portant son nom. A la surprise générale, il couronnait un architecte chilien, Alejandro Aravena, de l’agence Elemental. Souvent présentée comme le Nobel de l’architecture, la récompense attribuée par la fondation de la chaîne d’hôtels Hyatt, que dirige M. Pritzker, distingue habituellement des professionnels confirmés : le précédent lauréat, Otto Frei, était décédé dans sa 90e année quelques jours avant la proclamation officielle…Âgé de 48 ans, Aravena ne doit pas sa distinction à sa présence sur les couvertures des magazines en papier glacé, mais à des réalisations qui viseraient à l’éradication de la pauvreté et se mettraient au service du plus grand nombre. « Ses constructions procurent un avantage financier aux moins favorisés, atténuent les effets des catastrophes naturelles, réduisent la consommation d’énergie et offrent des espaces publics accueillants », a déclaré M. Pritzker. »

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Frédéric Maurin 05/03/2016 08:15

On notera, dans l'article de Lordon, une nouvelle évocation du film "Merci Patron!'. Enfin, ce n'est pas vraiment un film...
" c'est un clairon, une possible levée en masse, un phénomène à l'état latent. De cet évènement politique potentiel, il faut faire un évènement réel."