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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 05:30

Moi qui ne fume rien du tout (et qui me contrebalance des petits jeux solfériniens du même pas rusé Le Guen), je suis pour la légalisation du cannabis. Je me permets de vous repasser une note à ce sujet publiée en juin 2011.

 

De manière régulière, le problème de la légalisation du cannabis se pose dans notre pays.

 

En Hollande, cela fait bien longtemps que cette herbe se vend dans les bonnes épiceries.

 

http://www.cannabizz.com/journaux-culture/cannabis-culture-image/photo-cannabis/recolte-cannabis1.jpgÀ Marseille, il y a quelques siècles, on s'en procurait rue de la ... Canebière, qui tire son nom du chanvre.

 

En 1968, quelques mois avant le joli moi de mai, j'étais étudiant à l'université d'Amiens. J'avais comme professeur de civilisation britannique le jeune (il avait 31 ans) Bernard Cassen, futur directeur du Monde Diplomatique, futur fondateur d'ATTAC, responsable aujourd'hui du site Mémoires de Luttes.

 

J'ai raconté ailleurs comment, avec Cassen et quelques autres, je me suis retrouvé pleinement dans le mouvement de Mai 68.

 

Un jour Bernard nous fit travailler sur un texte trouvé par lui dans un excellent hebdomadaire de l'époque, New Society. Qui n'existe plus. Je parle d'un temps où Murdoch n'avait pas encore fait main basse sur la presse papier anglaise. Ce texte était intitulé “Should Pot Be Legalized ?” (Faut-il légaliser le cannabis ?). Je n'ai pas de souvenir précis de cette réflexion si ce n'est que la réponse donnée par le journaliste était "oui".

 

Il y a plus de quarante ans, l'argument en faveur de la légalisation était le même qu'aujourd'hui : quand aux États-Unis l'alcool fut interdit, la consommation monta en flèche, ainsi que le pouvoir du milieu.

 

Je comprends parfaitement le point de vue du maire de Sevran qui voit sa ville devenir un centre mafieux comme la France n'en a peut-être jamais connu.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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Jacques LACAZE 20/04/2016 08:37

De 1998 à 20006, j'ai assuré la fonction de médecin de l'ex DDASS dit interface entre le procureur de la république et les structures de prise en charge des "toxicomanes". J'allais donc dans les 8 (ou 9) TGI du département du Nord de l'époque, pour recevoir les personnes interpellées par la police ou la gendarmerie pour usage "de produits illicites" et à qui avait été notifiée une "injonction thérapeutique". Mon boulot consistait à savoir si elles était toxicomanes ou non et donc dans le premier cas de prescrire une consultation d'un médecin spécialiste voire une cure en centre spécialisé.
J'ai pu constater, en regardant en particulier des statistiques antérieures à mon arrivée sur ce poste, puis de l'évolution durant ma période d'activité, qu'il y a eu inversion de la courbe entre le pourcentage de consommateurs d'héroïne et celui des consommateurs de cannabis vus dans les tribunaux. Les premiers était parfaitement connus des forces de l'ordre et des instances judiciaires. Ils passaient très régulièrement par la case prison, centre de détoxication, injonction thérapeutique etc. Les seconds n'étaient pas connus de ces services et étaient des jeunes et souvent des ados. Les premiers - des adultes - représentaient disons dans les années 80 et 90, 70 à 80% des personnes interpellées. Puis peu à peu les consommateurs de cannabis sont devenus majoritaires pour atteindre et et dépasser 80%. Bref, il y a eu criminalisation progressive du cannabis. Selon les témoignages recueillis, antérieurement, se faire prendre à fumer ou être en possession de cannabis entraînait de la part du policier une bonne engueulade, puis peu à peu une interpellation et la présentation au parquet, puis au médecin de la DDASS. J'ai rapidement compris que ce changement d'attitude était lié à l'action du ministre de l'intérieur de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy. Les jeunes l'avait très rapidement remarqué, et ne tarissaient pas "d'éloges" sur son action .....
J'ai été très rapidement convaincu - et je le suis toujours - qu'il s'agissait d'une opération politique parfaitement pensée de criminalisation de la jeunesse. Autant l’attitude des forces de l'ordre étaient familière avec les vrais toxicomanes, pour la raison qu'ils étaient parfaitement connus, autant elles étaient disons, pour ne pas faire écho à de récentes mises en question par voie d'affiche, assez rudes par rapport aux jeunes. J'entendrais régulièrement des témoignages assez surprenants pour ne pas dire plus.
Inutile de dire, qu'avant d'exercer cette fonction, j'étais neutre sur cette question, voir spontanément favorable à la pénalisation. Depuis, je suis pour la dépénalisation de toutes les drogues. Ce n'est pas à la police de régler un problème de société de cette importance. Elle n'a aucun des moyens nécessaires. Par contre instrumentaliser la consommation de cannabis a été une responsabilité très lourde. Les conséquence que j'ai pu observer sur des ados soumis par exemple à des passages dans les prisons de la police ou de la gendarmerie - il faut les appeler par leur nom, et pour des raisons d'action de militantisme politiques je les ai bien connues - laisse des traces parfois lourdes ... sans rien résoudre.
Je précise que je ne fume pas, que je n'ai jamais utilisé un joint ni drogue chimiques comme les tranquillisants ou les neuroleptiques ....

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