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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 05:32

 

J’en ai un peu ras le bol de dénoncer ce travers politiquement correct (donc de droite), mais je doute que ça leur passe avant que ça me reprenne.

 

Dans le n° 32 des Zindigné(e)s ! (sic) que j’adore, on le sait, un article collectif (dont je partage largement l’argumentaire concernant la nécessité de primaires vraiment citoyennes afin de rompre avec la fausse gauche) signé, entre autres, par une collègue dont j’admire la personne et le combat depuis longtemps. Article bourré d’horreurs. Je cite :

 

« l’irruption active des citoyen.nes »

 

« pour désigner un.e candidat.e »

 

« la vainqueur.e »

 

« un.e leader charismatique »

 

« un.e alter-ministre »

 

« ce.tte candidate »

 

« la guerre des chef.fes »

 

« dénicher un.e sauveur. »

 

 

Lorsqu’on se lance dans une logique aussi crétine, même si on est soi-même quelqu’un d’intelligent, on ne va jamais au bout des choses. On prétend innover en français mais on utilise le mot “ expertise ” dans son sens anglais. Et puis on rate son coup. En dénonçant, par exemple, la figure d’« un monarque républicain », qui ne saurait être féminin ou transsexuel, ou de dix membres « dont chacun aura été préalablement sélectionné ». Les femmes passent alors à la trappe.

 

 

 

Certains mots du français n’ont pas de féminins (d’autres n’ayant pas de masculin). C’est le cas de “ vainqueur ”, encore que le mot “ vainqueresse ” a existé. Dans ce cas, on peut prendre un dictionnaire de synonymes pour les nuls et on trouvera “ la gagnante ”.

 

Marre de ce zèle grotesque, de ce désir du beurre et de l’argent du beurre, de cet accaparement symbolique des attributs virils. Récemment, une universitaire signait un article « X, chercheure ». La chercheuse Marie Curie (qui était une tête) a dû se retourner dans sa tombe.

Les violeur.e.s de langue
Les violeur.e.s de langue

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

BM 06/04/2016 20:49

Et d'ailleurs, comment est-on censé.e prononcer "censé.e" (et autres dadaïsmes tératographiques ejusdem farinae)? Concrètement? Se sont-ils.elles seulement posé.e.s la question?

Comment diable *prononcer* l'horreur que je viens d'écrire? Pourra-t-jamais éclairer ma lanterne sur ce point - bassement matériel au ras des pâquerettes?

Gensane 07/04/2016 06:54

Malheureusement tout est possible, comme lorsqu'au EU on a supprimé (à juste titre) Miss pour les dames adultes et qu'on la remplacé par Ms, ce qui était tout aussi stigmatisant. Ce Ms se prononce un peu comme mz.

jean-jacques clement 06/04/2016 17:52

Et les habitantes de Bellecombe?

maxime vivas 06/04/2016 09:28

Lu sur une banderole géante lors de la manif du 31 mars à Toulouse : "intermittent-e-s et chômeur-e-s".
On me signale aussi l'invention de "illes" (= ils et elles) et j'ai lu ailleurs "lecteur-e-s"...
En général, j'aime à rappeler que j'ai pu garder mes attributs virils quand j'étais une recrue et une sentinelle (vaillante).
Je n'ai JAMAIS lu un article ou un tract où les forcenés du masculin-féminin n'ont pas failli à leur parti pris ("Les salarié-e-s contre les patrons, les citoyen-ne-s contre les dirigeants et les banquiers...).

pschitt 06/04/2016 07:26

Entièrement d'accord depuis le début de cette affaire . Tout texte écrit de la sorte n'apparait plus à mes yeux que comme une caricature . Si ils voulaient nous faire passer pour des abrutis ils ne s'y seraient pas pris autrement ....

Lyonnais 06/04/2016 07:03

Titre incomplet, il fallait écrire : "Les violeurs et violeuses de langue"
Pour moi le plus beau fut "sans-papiers et sans-papières" que je vis un jour écrit sur une porte de squat dans le 7ème arrondissement à Lyon,