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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 05:51

 

 

Dans la livraison de mai 2016, Serge Halimi voit dans les manifestations, en France et ailleurs, un même refus du libre échange : « Les méandres des accords commerciaux découragent souvent les mobilisations, tant il est difficile de comprendre quelle étape surveiller de près, quelle disposition d’apparence technique dissimule une bombe sociale. Pourtant, malgré le matraquage des milieux dirigeants, du patronat et des médias en leur faveur, l’hostilité à ces traités s’étend. Les mobilisations contre le grand marché transatlantique (GMT, Tafta en anglais) sont puissantes en Allemagne et en Belgique. »

 

 

On attend toujours la taxe Tobin (Frédéric Lemaire) : « Il est certaines réformes dont l’éternel report ne suscite pas de hauts cris. Ainsi de la taxe Tobin sur les transactions financières, qui attend sa mise en œuvre depuis… dix-neuf ans. Au sein de l’Union européenne, la France, soucieuse de favoriser ses grandes banques, s’est longtemps opposée à ce projet de prélèvement sur les mouvements spéculatifs. »

 

 

Mouvement anticorruption ou coup d’Etat déguisé au Brésil (Laurent Delcourt) ? : « A lire une partie de la presse, le processus de destitution de la présidente Dilma Rousseff, enclenché le 17 avril par un vote du Parlement, témoignerait de la vigueur de la jeune démocratie brésilienne. C’est tout le contraire. En renonçant à réformer le système politique du pays, la gauche a armé le piège qui se referme aujourd’hui sur elle. »

 

 

Pour Pierre Rimbert, il faut contester sans modération : « En France, l’opposition à la réforme du code du travail et l’occupation des places par le mouvement Nuit debout ont convergé dans le refus d’une vision étriquée de la politique : évanouissement des espérances collectives dans le trou noir électoral, aménagement à la marge de l’ordre social. Assiste-t-on à la fin d’un cycle marqué par des revendications toujours plus limitées et jamais satisfaites ? »

 

 

Dans le Nord, l’emploi est en miettes (Gilles Balbastre) : « Contestée par une large part des forces syndicales et de la jeunesse, la loi El Khomri entend poursuivre — et accélérer — la déréglementation du marché du travail. Flexibilité, travail le dimanche, horaires décalés : dans ce domaine, le nord de la France fait figure de laboratoire. Une évolution dont seul le Front national semble tirer profit, comme lors des élections régionales de décembre 2015. »

 

 

Tiens donc, les Etats-Unis seraient fatigués du monde (Benoît Bréville) : « Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre 2016 sera vraisemblablement moins favorable aux interventions militaires que son adversaire démocrate — une situation inédite depuis la seconde guerre mondiale. Mais la tentation du repli, qui hante la politique étrangère de M. Barack Obama depuis 2009, concerne désormais les deux grands partis. »

 

 

En Amérique latine, au travail les enfants ! (Robin Cavagnoud) : « En décembre 2013, de violents affrontements ont opposé les forces de police boliviennes à des enfants descendus dans la rue pour exiger le droit de travailler. Se disant « à leur écoute », le président Evo Morales, célébré comme l’un des dirigeants les plus progressistes du continent américain, a décidé d’abaisser l’âge légal du travail de 14 à 10 ans. C’est peu dire que la décision a surpris… »

 

 

Pour Sébastien Gaubert, l’Ukraine est livré aux maladies infectieuses : « La santé publique ? Cela n’a jamais été une priorité en Ukraine. Nous n’avons jamais perçu une volonté politique forte d’œuvrer au bien-être de la population. Alors, quand il s’agit de maladies considérées comme “socialement dangereuses”, telles que le VIH-sida ou la tuberculose, je peux vous assurer que notre travail est loin d’être facile… » Sur le visage de Mme Svitlana Moroz se dessine un sourire amer, de ceux dont on se fait une carapace contre l’adversité. Affalée sur le canapé à fleurs délavé du local de l’association Noviy Den (« nouveau jour » en russe), entre des piles de documents jaunis et de cartons de préservatifs, la jeune femme semble perdue. »

 

 

Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin estiment que la Macédoine est à la dérive : « Depuis le 12 avril, des milliers de citoyens manifestent chaque soir dans les rues de Skopje contre l’amnistie accordée à une cinquantaine de personnalités impliquées dans un vaste système d’écoutes illégales. En dépit de la crise ouverte, le pouvoir entend organiser des élections législatives le 5 juin. L’opposition n’y participera pas, et la médiation européenne court vers l’impasse. »

 

 

Où va donc la colère, demande Georges Didi-Huberman ?: « Soulèvement, insurrection, révolte : le feu de la colère suscite un événement imprévisible, qui, entre fête et violence, entre allégresse et ressentiment, est toujours susceptible de bifurquer ou de se dévoyer, s’il n’est pas simplement écrasé ou canalisé par l’autorité contre laquelle il s’est dressé. C’est dire que révolte n’est pas synonyme d’émancipation. »

 

 

Le Sahara algérien est devenu un eldorado de la tomate (Pierre Daum) : Le sud-est des hauts plateaux algériens connaît un développement spectaculaire de la culture de tomates sous serres. Obéissant à une logique de profit à court terme, cette production permet d’alimenter les marchés d’un pays longtemps éprouvé par les pénuries. Mais elle met en danger les palmeraies et les ressources aquifères fossiles, et pose de graves problèmes de santé publique en raison de l’usage intensif de pesticides. »

 

 

Le changement en Iran est-il un simulacre ? (Shervin Ahmadi et Philippe Descamps) : « Le second tour des élections législatives du 29 avril en Iran a consacré le recul des ultraconservateurs et l’élection d’un nombre record de femmes, avec 17 députées. Selon les résultats officiels, la liste « Espoir » obtiendrait au total 133 sièges. Ces élus modérés soutenus par les réformateurs auront davantage de voix que les ultraconservateurs, qui n’obtiennent que 125 élus contre 200 dans l’assemblée sortante, mais qui demeurent très bien représentés dans d’autres instances du régime. Aucune tendance ne disposant de majorité, les députés indépendants joueront un rôle inédit dans un système politique où les différences idéologiques restent toutefois limitées. »

 

 

Pour Tanguy Lepesant, Taïwan est en quête de souveraineté économique : « Elue triomphalement, Mme Tsai Ing-wen, issue du Parti démocrate progressiste (indépendantiste), prend ses fonctions de présidente de la République de Chine (Taïwan) à la fin du mois. Inutile de dire que Pékin voit son arrivée sans enthousiasme, si ce n’est avec une certaine hostilité. La nouvelle présidente devra également faire face aux aspirations sociales des Taïwanais. »

 

 

Taïwan qui semble lâchée par l’Amérique centrale  (Guillaume Beaulande) : « Longtemps les gouvernements anticommunistes d’Amérique centrale ont offert à Taïwan certains de ses plus fidèles alliés. L’évolution politique de la Chine et le renforcement de ses liens commerciaux avec la région ont toutefois modifié la donne… Les deux rivaux du détroit de Formose ne luttent pas à armes égales et, pour Taipei, l’isolement diplomatique menace. »

 

 

A Londres, L’art est pour tous, l’argent pour quelques-uns (Evelyne Pieiller et Marie-Noël Rio) : Symbolisée dans les années 1960-1970 par une mise en forme de l’esprit de révolte, de la minijupe au mouvement punk, Londres définit à nouveau une certaine avant-garde. Non seulement elle a mis l’art contemporain à la mode, mais cet art qui semblait réservé à l’élite est désormais présenté sans frémir comme un agent de changement social. »

 

 

A lire également “ Raoul Ruiz ou le refus des normes ” par Guy Scarpetta : « A Paris, la Cinémathèque française présente jusqu’à la fin mai la première grande rétrospective mondiale consacrée au cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz, avec une soixantaine de films, dont plusieurs inédits et dont beaucoup ont été restaurés pour l’occasion. Cette œuvre foisonnante fut bâtie sans jamais obéir aux règles imposées par l’industrie et le marché du cinéma. »

 

 

 

Sachez enfin que votre percepteur est coté en bourse (Christian de Brie) : « a fuite de documents financiers (plus de onze millions) d’un cabinet panaméen, Mossack Fonseca, a provoqué « le tournis, le vertige et la nausée », selon les termes d’un éditorial du Monde (5 avril 2016). Une diffusion plutôt sélective, centrée sur les hommes politiques et les dictateurs, les vedettes du sport et du spectacle et les milliardaires célèbres ; moins sur les entreprises multinationales et les grandes fortunes anonymes, clientes du cabinet, où leur argent côtoie celui du crime organisé et du terrorisme ; moins encore sur les banques, cabinets d’avocats et de gestion de fortunes, intermédiaires obligés au service des bénéficiaires pour un blanchiment et un recyclage anonymes. »

 

 

Serge Halimi voit dans les manifestations, en France et ailleurs, un même refus du libre échange : « Les méandres des accords commerciaux découragent souvent les mobilisations, tant il est difficile de comprendre quelle étape surveiller de près, quelle disposition d’apparence technique dissimule une bombe sociale. Pourtant, malgré le matraquage des milieux dirigeants, du patronat et des médias en leur faveur, l’hostilité à ces traités s’étend. Les mobilisations contre le grand marché transatlantique (GMT, Tafta en anglais) sont puissantes en Allemagne et en Belgique. »

 

 

On attend toujours la taxe Tobin (Frédéric Lemaire) : « Il est certaines réformes dont l’éternel report ne suscite pas de hauts cris. Ainsi de la taxe Tobin sur les transactions financières, qui attend sa mise en œuvre depuis… dix-neuf ans. Au sein de l’Union européenne, la France, soucieuse de favoriser ses grandes banques, s’est longtemps opposée à ce projet de prélèvement sur les mouvements spéculatifs. »

 

 

Mouvement anticorruption ou coup d’Etat déguisé au Brésil (Laurent Delcourt) ? : « A lire une partie de la presse, le processus de destitution de la présidente Dilma Rousseff, enclenché le 17 avril par un vote du Parlement, témoignerait de la vigueur de la jeune démocratie brésilienne. C’est tout le contraire. En renonçant à réformer le système politique du pays, la gauche a armé le piège qui se referme aujourd’hui sur elle. »

 

 

Pour Pierre Rimbert, il faut contester sans modération : « En France, l’opposition à la réforme du code du travail et l’occupation des places par le mouvement Nuit debout ont convergé dans le refus d’une vision étriquée de la politique : évanouissement des espérances collectives dans le trou noir électoral, aménagement à la marge de l’ordre social. Assiste-t-on à la fin d’un cycle marqué par des revendications toujours plus limitées et jamais satisfaites ? »

 

 

Dans le Nord, l’emploi est en miettes (Gilles Balbastre) : « Contestée par une large part des forces syndicales et de la jeunesse, la loi El Khomri entend poursuivre — et accélérer — la déréglementation du marché du travail. Flexibilité, travail le dimanche, horaires décalés : dans ce domaine, le nord de la France fait figure de laboratoire. Une évolution dont seul le Front national semble tirer profit, comme lors des élections régionales de décembre 2015. »

 

 

Tiens donc, les Etats-Unis seraient fatigués du monde (Benoît Bréville) : « Le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de novembre 2016 sera vraisemblablement moins favorable aux interventions militaires que son adversaire démocrate — une situation inédite depuis la seconde guerre mondiale. Mais la tentation du repli, qui hante la politique étrangère de M. Barack Obama depuis 2009, concerne désormais les deux grands partis. »

 

 

En Amérique latine, au travail les enfants ! (Robin Cavagnoud) : « En décembre 2013, de violents affrontements ont opposé les forces de police boliviennes à des enfants descendus dans la rue pour exiger le droit de travailler. Se disant « à leur écoute », le président Evo Morales, célébré comme l’un des dirigeants les plus progressistes du continent américain, a décidé d’abaisser l’âge légal du travail de 14 à 10 ans. C’est peu dire que la décision a surpris… »

 

 

 

Le Monde Diplomatique (94)

Pour Sébastien Gaubert, l’Ukraine est livré aux maladies infectieuses : « La santé publique ? Cela n’a jamais été une priorité en Ukraine. Nous n’avons jamais perçu une volonté politique forte d’œuvrer au bien-être de la population. Alors, quand il s’agit de maladies considérées comme “socialement dangereuses”, telles que le VIH-sida ou la tuberculose, je peux vous assurer que notre travail est loin d’être facile… » Sur le visage de Mme Svitlana Moroz se dessine un sourire amer, de ceux dont on se fait une carapace contre l’adversité. Affalée sur le canapé à fleurs délavé du local de l’association Noviy Den (« nouveau jour » en russe), entre des piles de documents jaunis et de cartons de préservatifs, la jeune femme semble perdue. »

 

 

Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin estiment que la Macédoine est à la dérive : « Depuis le 12 avril, des milliers de citoyens manifestent chaque soir dans les rues de Skopje contre l’amnistie accordée à une cinquantaine de personnalités impliquées dans un vaste système d’écoutes illégales. En dépit de la crise ouverte, le pouvoir entend organiser des élections législatives le 5 juin. L’opposition n’y participera pas, et la médiation européenne court vers l’impasse. »

 

 

Où va donc la colère, demande Georges Didi-Huberman ?: « Soulèvement, insurrection, révolte : le feu de la colère suscite un événement imprévisible, qui, entre fête et violence, entre allégresse et ressentiment, est toujours susceptible de bifurquer ou de se dévoyer, s’il n’est pas simplement écrasé ou canalisé par l’autorité contre laquelle il s’est dressé. C’est dire que révolte n’est pas synonyme d’émancipation. »

 

 

Le Sahara algérien est devenu un eldorado de la tomate (Pierre Daum) : Le sud-est des hauts plateaux algériens connaît un développement spectaculaire de la culture de tomates sous serres. Obéissant à une logique de profit à court terme, cette production permet d’alimenter les marchés d’un pays longtemps éprouvé par les pénuries. Mais elle met en danger les palmeraies et les ressources aquifères fossiles, et pose de graves problèmes de santé publique en raison de l’usage intensif de pesticides. »

 

 

Le changement en Iran est-il un simulacre ? (Shervin Ahmadi et Philippe Descamps) : « Le second tour des élections législatives du 29 avril en Iran a consacré le recul des ultraconservateurs et l’élection d’un nombre record de femmes, avec 17 députées. Selon les résultats officiels, la liste « Espoir » obtiendrait au total 133 sièges. Ces élus modérés soutenus par les réformateurs auront davantage de voix que les ultraconservateurs, qui n’obtiennent que 125 élus contre 200 dans l’assemblée sortante, mais qui demeurent très bien représentés dans d’autres instances du régime. Aucune tendance ne disposant de majorité, les députés indépendants joueront un rôle inédit dans un système politique où les différences idéologiques restent toutefois limitées. »

 

 

Pour Tanguy Lepesant, Taïwan est en quête de souveraineté économique : « Elue triomphalement, Mme Tsai Ing-wen, issue du Parti démocrate progressiste (indépendantiste), prend ses fonctions de présidente de la République de Chine (Taïwan) à la fin du mois. Inutile de dire que Pékin voit son arrivée sans enthousiasme, si ce n’est avec une certaine hostilité. La nouvelle présidente devra également faire face aux aspirations sociales des Taïwanais. »

 

 

Taïwan qui semble lâchée par l’Amérique centrale  (Guillaume Beaulande) : « Longtemps les gouvernements anticommunistes d’Amérique centrale ont offert à Taïwan certains de ses plus fidèles alliés. L’évolution politique de la Chine et le renforcement de ses liens commerciaux avec la région ont toutefois modifié la donne… Les deux rivaux du détroit de Formose ne luttent pas à armes égales et, pour Taipei, l’isolement diplomatique menace. »

 

 

A Londres, L’art est pour tous, l’argent pour quelques-uns (Evelyne Pieiller et Marie-Noël Rio) : Symbolisée dans les années 1960-1970 par une mise en forme de l’esprit de révolte, de la minijupe au mouvement punk, Londres définit à nouveau une certaine avant-garde. Non seulement elle a mis l’art contemporain à la mode, mais cet art qui semblait réservé à l’élite est désormais présenté sans frémir comme un agent de changement social. »

 

 

A lire également “ Raoul Ruiz ou le refus des normes ” par Guy Scarpetta : « A Paris, la Cinémathèque française présente jusqu’à la fin mai la première grande rétrospective mondiale consacrée au cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz, avec une soixantaine de films, dont plusieurs inédits et dont beaucoup ont été restaurés pour l’occasion. Cette œuvre foisonnante fut bâtie sans jamais obéir aux règles imposées par l’industrie et le marché du cinéma. »

 

 

 

Sachez enfin que votre percepteur est coté en bourse (Christian de Brie) : « a fuite de documents financiers (plus de onze millions) d’un cabinet panaméen, Mossack Fonseca, a provoqué « le tournis, le vertige et la nausée », selon les termes d’un éditorial du Monde (5 avril 2016). Une diffusion plutôt sélective, centrée sur les hommes politiques et les dictateurs, les vedettes du sport et du spectacle et les milliardaires célèbres ; moins sur les entreprises multinationales et les grandes fortunes anonymes, clientes du cabinet, où leur argent côtoie celui du crime organisé et du terrorisme ; moins encore sur les banques, cabinets d’avocats et de gestion de fortunes, intermédiaires obligés au service des bénéficiaires pour un blanchiment et un recyclage anonymes. »

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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