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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 05:35

 

Une revue de presse entièrement consacrée au Brésil.

 

Pour le Monde, ce qui s’est passé au Brésil n’est pas un coup d’Etat :

 

« Révolte des classes moyennes, récession économique et retour de l’inflation, partis au pouvoir gangrenés par la corruption et présidente menacée d’une procédure de destitution, au point qu’elle doit annuler un déplacement aux Etats-Unis. Après un début de siècle flamboyant, le Brésil traverse une crise sans précédent, qui eût conduit dans des temps pas si anciens à un coup d’Etat. Mais, justement, ces temps sont révolus et l’heure n’est plus aux dictatures militaires soutenues en sous-main par la CIA.

 

C’est pourquoi la rhétorique utilisée par la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, son prédécesseur, Luiz Inacio Lula da Silva, et le Parti des travailleurs (PT) est fâcheuse. Poursuivis par la justice ou menacés de destitution, acculés politiquement, ils dénoncent un « coup d’Etat », orchestré par les élites, les médias et des juges aux ordres. Certains dirigeants du PT vont jusqu’à parler d’un « coup d’Etat constitutionnel », parfait exemple d’oxymore ou de contradiction dans les termes. »

 

 

En revanche, Politis est accablé par le « triste et indécent folklore » quand une assemblée où 60 % des députés ont des démêlés judiciaires vote la destitution de Dilma Roussef. »

 

Pour le site Investig’actions, « le coup de force est le seul moyen pour la droite de prendre le pouvoir ».

 

Dans les années 1960-1970, la droite latino-américaine prenait le pouvoir par les armes.

 

Sous l’œil bienveillant de Washington qui finançait et organisait de près les opérations, les nouveaux régimes fascistes en profitèrent pour mettre en place des politiques économiques ultra-libérales tout droit sorties des manuels du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale.

 

Le Brésil n’a pas été épargné par cette vague autoritaire qui a déferlé sur le continent. En 1964, les militaires renversaient le président Joao Goulart. Ce dernier était très apprécié par les plus pauvres grâce aux programmes sociaux qu’il avait mis en place.

 

Cinquante-deux-ans plus tard, un autre coup d’Etat d’un nouveau genre vient de frapper la démocratie brésilienne. Les nouveaux putschistes ne portent pas d’uniforme, ils n’ont pas d’armes et ne pratiquent pas la violence physique.

 

Ces nouveaux putschistes ne sont ni plus ni moins que les parlementaires, pour beaucoup corrompus, les grands patrons et les médias plus que jamais défenseurs des riches et des puissants.

 

La droite sud-américaine ne peut aujourd’hui accéder au pouvoir qu’à condition d’enfreindre, et parfois violemment, les règles du jeu démocratique.

 

Mais la droite n’a pas toujours réussi fort heureusement à prendre le pouvoir. Elle a échoué en 2008 en Bolivie, en 2010 en Équateur et elle bute toujours aujourd’hui sur la résistance chaviste au Venezuela.

 

De nombreux facteurs sont à l’origine des difficultés des gouvernements de gauche en Amérique Latine: la crise économique due à la baisse des prix des matières premières et notamment du pétrole, la persistance de la corruption ou encore la difficulté de créer un appareil de production capable de subvenir aux besoins de la population…

Mais cela dit, même face à une conjoncture mondiale extrêmement défavorable qui affecte sérieusement les économies sud-américaines, les gouvernements de gauche de la région continuent à bénéficier d’un appui populaire comme au Venezuela où les bases chavistes restent puissantes et bien ancrées dans la société.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mémoire des Luttes a cité l’acteur Vincent Cassel qui vit au Brésil :

 

« Attention à la désinformation ! Quand Lula, il n’y a pas si longtemps, obtenait les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de foot, le Brésil passait pour le "pays de l’avenir". Aujourd’hui, on noircit le tableau avec la même exagération. Toute la classe politique de ce pays est corrompue. Lula et Dilma ont certainement des casseroles, mais leurs adversaires encore plus. La droite capitaliste, qui a longtemps dirigé le pays après la fin de la dictature, n’a jamais rien fait en faveur du peuple brésilien. Lula, lui, a sorti cent millions de personnes de la misère et a fait émerger une classe moyenne. L’ensemble des médias est détenu par quatre ou cinq familles riches qui manipulent l’information de façon scandaleuse pour reprendre le pays au Parti des travailleurs : les images des manifestations pro-Dilma sont régulièrement légendées par la presse comme des preuves de son impopularité ! La grande majorité ne souhaita pas son départ. »

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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