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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 05:37

 

 

 

Dans son éditorial (“ Le cabinet du Dr Folamour ”), Serge Halimi fait le point sur l’Europe depuis l’élection autrichienne : « Bientôt un domino tombera : trente mille voix ont manqué au candidat d’extrême droite pour devenir président de la République d’Autriche. La veille du scrutin, M. Jean-Claude Juncker avait prévenu : « Avec l’extrême droite, il n’y a ni débat ni dialogue possible.  » Mais pouvait-on faire meilleur cadeau à une formation se prévalant d’être hors système qu’une telle admonestation de l’ancien premier ministre d’un paradis fiscal (le Luxembourg), devenu président de la Commission européenne grâce à un maquignonnage de la droite et des socialistes ? Lesquels ont gouverné ensemble à Vienne trente-neuf des soixante-neuf dernières années, et ont été balayés dès le premier tour de l’élection présidentielle. »

 

 

Renaud Lambert explique pourquoi le “ Brexit ” provoque un malaise chez les travaillistes : « À quelques semaines du référendum sur la sortie de l’Union européenne, la vie politique du Royaume-Uni ressemble un peu à sa gastronomie : elle s’autorise les mariages les plus inattendus. Et d’abord celui unissant le chef du Labour, M. Jeremy Corbyn, issu de l’aile gauche de la formation travailliste, et le premier ministre conservateur David Cameron. Bien qu’en désaccord sur tout (ou presque), les deux hommes s’opposent tous deux au « Brexit ». »

 

 

Eva Joly suggère d’en finir une fois pour toutes avec l’impunité fiscale : « La succession des révélations sur l’évitement de l’impôt à l’échelle internationale fait apparaître l’ampleur de l’impunité fiscale dont jouissent les plus puissants et les plus malins. Loin d’être fatale, celle-ci résulte de choix politiques. En particulier en France, où le verrou du ministère des finances sur les enquêtes, la baisse des effectifs et la culture de la conciliation favorisent la triche. Lutter efficacement contre l’évasion des capitaux supposerait aussi de s’en donner les moyens judiciaires. »

 

 

Quelles sot, pour Astra Taylor, les « deux jambes du militantisme ? « Contre l’ordre actuel, deux types de combats se côtoient, parfois rivalisent. La propagande par le fait recherche une prise de conscience morale et politique. Elle a recours à des techniques spectaculaires, souvent individuelles, mais peine à maintenir l’élan initial. Moins en vogue, l’organisation privilégie un travail de longue haleine, plus collectif, moins ludique. Il arrive pourtant que ces deux fleuves se rejoignent. »

 

 

Gérard Noiriel nous ramène aux origines ouvrières du Front populaire : « Le 3 mai 1936, le gouvernement de Léon Blum parvenait au pouvoir dans une France affaiblie par la crise économique et menacée par la guerre. Cette date constitue le point de départ politique du Front populaire. Mais elle occulte les conditions d’émergence et les racines sociales d’un mouvement de grèves sans précédent, qui permit des avancées considérables. »

 

 

Baptiste Giraux explique pourquoi la grève générale est une invitée-surprise : « Au début du XXe siècle, la grève générale était conçue comme un acte révolutionnaire visant à renverser le système capitaliste. Si, avec le temps, ses objectifs sont devenus plus modestes, les organisations militantes continuent de s’interroger : à quelles conditions doivent-elles appeler à l’arrêt du travail ? ».

 

 

La privatisation des chemins de fer, c’est formidable (“ 36 compagnies pour une ligne de chemin de fer ”, par Julian Mischi et Valérie Solano) : « Bâtiments fermés, quelques graffitis, des horaires affichés qui n’indiquent que les correspondances de cars : la gare de Parchim, une ville de 20 000 habitants du nord de l’Allemagne, est à vendre. Dans l’édifice en brique rouge d’Ashington (nord du Royaume-Uni), une pancarte de guingois surmonte un guichet barré de planches de bois et avertit : « Ne pas s’approcher de la voie ». L’express d’Edimbourg passe trois fois par heure, sans s’arrêter : « Avec le train, on serait à trente minutes de Newcastle, mais il n’y en a plus, regrette un habitant de cette commune de 28 000 âmes. L’autoroute bouchonne à l’entrée de la ville, on n’est jamais certain d’être à l’heure. Mais il n’y a pas d’autre trajet, alors l’autocar aussi doit la prendre. » Il faut compter cinquante-cinq minutes en autocar pour rejoindre Newcastle et environ trente minutes en voiture, à condition que la circulation soit fluide. »

 

 

Pour Vincent Doumayrou, l’Etat franças sabote le train : « Ce n’est pas vrai, d’abord » : la réponse du président de la République française à un journaliste suggérant en janvier 2015 que le train était plus écologique que l’autocar pour se rendre de Paris à Lyon illustre un état d’esprit nouveau. Le dénigrement des chemins de fer est à la mode dans les milieux dirigeants, malgré les qualités de sécurité et de salubrité de ce moyen de transport. M. Emmanuel Macron leur préfère les autocars et Mme Ségolène Royal les voitures électriques, tandis que M. François Hollande interpelle l’humanité sur l’impératif environnemental. Depuis 2012, les trains français voient l’ensemble de leur fréquentation baisser, et la France a perdu la première place dans l’Union européenne pour le nombre de kilomètres parcourus par habitant. »

 

 

Hélène Richard s’est promenée sur les routes russes avec les camionneurs en colère : « La crise sociale peut-elle faire ombrage aux succès diplomatiques de la Russie ? L’automne dernier, les manifestations de camionneurs contre une nouvelle taxe l’ont laissé penser. Le gouvernement a rapidement éteint l’incendie et traité ce mouvement de petits entrepreneurs issu de l’économie grise avec des égards qu’il refuse à d’autres catégories de la population. »

 

 

Pour Delphine Lecoutre, le Tchad est une puissance de circonstance : « Au pouvoir depuis vingt-six ans, M. Idriss Déby Itno a été réélu dès le premier tour de la présidentielle tchadienne, le 10 avril. Cette douteuse victoire, sur fond de répression, n’a pas paru émouvoir le ministre français de la défense, M. Jean-Yves Le Drian, en visite à N’Djamena le 29 avril. En effet, le Tchad a su se rendre indispensable à la lutte contre le terrorisme au Sahel. »

 

 

David Garcia nous emmène au Qatar à la découverte de centaines de milliers de travailleurs esclavagisés : « Soucieux de transformer sa richesse en puissance et influence, le Qatar multiplie les opérations de prestige, comme l’organisation de la Coupe du monde de football en 2022. Mais ces grands chantiers publics et leur lot d’accidents ont révélé l’archaïsme et la brutalité d’un système de parrainage des travailleurs étrangers qui confine au servage. »

 

 

Un conflit dont on ne parle pas assez entre Manille et Pékin pour quelques rochers (Didier Cormorand) : « Saisie par les Philippines, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye doit se prononcer sur le conflit opposant Manille à Pékin en mer de Chine méridionale. Ce n’est pas le seul contentieux dans cet espace maritime où la Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei revendiquent la souveraineté sur tout ou partie des îlots. Les tensions ouvertes deviennent de plus en plus dangereuses. »

 

 

Au Pérou, le choix est désormais entre la droite et la droite (Amanda Chaparro) : « Droite réactionnaire ou droite ultralibérale, parfois inspirée par des intellectuels locaux, tel l’économiste Hernando de Soto ? Verdict le 5 juin. Le premier tour de l’élection présidentielle péruvienne a marqué une nouvelle étape du virage conservateur en Amérique latine. À Lima, la formation pilotée par la fille de l’ancien dictateur Alberto Fujimori dispose déjà d’une écrasante majorité au Parlement. »

 

 

Toujours au Pérou, Raphaël Colliaux nous fait découvrir l’économiste préféré du Point : « Hernando de Soto est un homme très courtisé en cette période électorale au Pérou. Économiste primé à de multiples reprises. il fut un proche conseiller du président-dictateur Alberto Fujimori dans les années 1990, puis s’est impliqué dans la campagne de sa fille, Mme Keiko Fujimori, en 2011. En France, il représente l’« anti-Piketty » préféré de l’hebdomadaire Le Point. Ses travaux font partie des références obligées de l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) et de la Banque mondiale. »

 

 

Anne Désine nous parle jour où la Cour suprême étasunienne inventa le casino électoral : « Rarement la Cour suprême des États-Unis aura autant fait parler d’elle pendant une campagne électorale. Critiquée par MM. Donald Trump et Bernie Sanders pour avoir dérégulé le financement de la vie politique, elle est devenue l’enjeu d’un bras de fer entre républicains et démocrates : qui nommera le successeur du défunt juge Scalia et fera basculer la juridiction dans un camp ou dans l’autre ? »

 

 

Décidément, diriger l’ONU est un drôle de métier (Sashi Taroor) : « La course pour le remplacement de M. Ban Ki-moon au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies a déjà démarré. D’ici à la fin de l’année, le nom du titulaire devrait être connu, au terme d’un processus qui, pour la première fois, a vu se tenir des auditions publiques. L’auteur fut secrétaire général adjoint avant de présenter sa candidature lors de la précédente élection, en 2006. »

 

 

Voilà revenu le bon vieux temps des vignettes sportives (Jérôme Ségal) : « Plus de deux millions de spectateurs et mille fois plus de téléspectateurs sont attendus pour le championnat d’Europe de football, qui aura lieu en France du 10 juin au 10 juillet. En ciblant particulièrement le public jeune, Coca-Cola espère vendre 140 millions de bouteilles et 300 millions de canettes. Son astuce : remettre au goût du jour les vignettes de joueur, à l’histoire édifiante. »

 

 

Florence Delay nous évoque les engagents de Georges Bernanos : « Polémiste ardent, écrivain des orages spirituels, Georges Bernanos (1888-1948) a laissé une œuvre caractérisée par un engagement sans faille, mais non sans ruptures. Au nom de l’honneur, de la nation et des idéaux chrétiens, il sera maurrassien, antisémite, franquiste, avant de quitter l’Action française, de dénoncer le régime espagnol et le soutien que lui apportait l’Église. »

 

 

La révolution bolchevique a-t-elle inventé la joie (Evelyne Pieiller) ?: « Dans les premières années de la révolution russe, une vive effervescence saisit tous les domaines de l’art, et notamment le théâtre. Anatoli Lounatcharski, responsable de la politique culturelle, en fut le garant et l’un des théoriciens. Le réalisme socialiste, promu sous Staline en 1934, y mit un terme. »

 

 

La langue de l’Europe, désormais sacrée, se porte bien (Benoît Duteurtre) : « uand je lui demande pourquoi il emploie continuellement des mots anglais, même ceux qui ont un équivalent français, mon neveu me répond que « l’anglais, c’est plus style  ». Et, lorsqu’un résultat lui donne satisfaction, il s’écrie « Yes ! », les poings serrés, plutôt que « Oui ! » ou « Je suis content ! ».

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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