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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 05:34

 

 

Dans le Huffington Post, Jean-Marie Brohm et Fabien Ollier disent « Non à la diversion sociale de l'Euro 2016, non au foot opium du peuple » :

 

La rénovation des stades grâce à l'argent public (1,6 milliard) et la sécurisation des parcs humains sponsorisés appelés "fans zones UEFA" qui accueilleront chaque jour des dizaines de milliers de supporters dans toutes les villes hôtes à grands renforts d'enveloppes budgétaires n'ont eu d'autre finalité que de permettre la rentabilisation du foot-spectacle, au détriment d'autres priorités sociales : l'aide sociale sous toutes ses formes, l'hôpital public, les transports en commun, l'enseignement supérieur notamment. Le coût global de l'Euro à Bordeaux, sans compter les 359 millions d'euros engagés dans la rénovation du stade, est ainsi évalué à plus de 10 millions d'euros dont 6 millions d'argent public, tandis que la fan zone du Champ-de-Mars, confiée par le Conseil de Paris au groupe Lagardère Sports, aurait un "coût net pour la Ville" d'environ 7,5 millions d'euros (Le Canard Enchaîné). Pour d'autres villes, l'addition est également salée. Le stade de Nice Allianz Rivera a coûté 243 millions, dont 69 millions sur fonds publics. Le plan de financement public-privé oblige la mairie à verser au gérant du stade une redevance de 8 millions par an pendant 27 ans, soit 216 millions (Lemonde.fr, 24 juin 2015). Même scénario à Marseille où la rénovation du stade vélodrome a coûté 268 millions et la collectivité remboursera 12 millions d'euros durant 30 ans, soit 360 millions. Le nouveau stade de Lyon a coûté 405 millions d'euros dont près de 200 millions sur fonds publics. À Lille le stade Pierre Mauroy a coûté 324 millions d'euros (lexpansion.lexpress.fr, "Football : la folie des grands stades", 2 mai 2013). Rien ne semble trop onéreux pour le circus maximus du football dont les retombées économiques seront essentiellement captées par l'UEFA et ses partenaires commerciaux (près de 900 millions d'euros de bénéfice net attendus). Pour « mettre du Bleu dans l'esprit des gens » (dixit Najat Vallaud-Belkacem) le gouvernement qui organise par ailleurs l'austérité ne regarde pas à la dépense. À qui profite alors vraiment le football ?

 

 

Le Monde Diplomatique revient sur les petits secrets des vignettes sportives :

 

Plus de deux millions de spectateurs et mille fois plus de téléspectateurs sont attendus pour le championnat d’Europe de football, qui aura lieu en France du 10 juin au 10 juillet. En ciblant particulièrement le public jeune, Coca-Cola espère vendre 140 millions de bouteilles et 300 millions de canettes. Son astuce : remettre au goût du jour les vignettes de joueur, à l’histoire édifiante.

 

En 2014, à l’occasion de la Coupe du monde de football au Brésil, ce ne sont pas moins d’un milliard de vignettes à l’effigie de joueurs, à coller dans les albums, qui ont été vendues par l’entreprise italienne Panini, dont cent cinquante millions en France, y générant plus de 75 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’Euro 2016 devrait donner lieu au même déferlement. Une nouveauté, cependant : Panini a fourni directement aux enfants de 2 720 écoles primaires françaises 200 000 albums, avec pour les cantines scolaires des sets de table et des posters affichant le calendrier des matchs. « Dans un monde inquiétant, nos vignettes sont rassurantes », a doctement expliqué M. Alain Guérini, président de Panini France.

 

La saga de la marque débute en 1961, mais elle s’inscrit dans une histoire largement méconnue : ce type d’albums a constitué un redoutable outil de propagande au service du régime nazi. Ceux aujourd’hui proposés avec les portraits des milliardaires-mercenaires en maillot véhiculent également une idéologie dont les « affaires » incessantes – de la corruption endémique de la Fédération internationale de football association (FIFA) aux récents scandales mêlant des joueurs comme Karim Benzema ou Serge Aurier – permettent de dresser les contours : le culte de l’argent et le triomphe de l’immoralité.

 

 

Revue de Presse (171)

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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