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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 05:36

 

 

Dans Politis, Jérôme Duval revient sur la loi El Khomri :

 

« Dans toute l’Europe, de nouvelles offensives portent atteintes aux droits du travail. Sur injonctions d’institutions, non-élues, au service du capital transnational, se poursuit la mise en place de mesures législatives.

 

Celles-ci facilitent les licenciements sans motif et les rendent moins coûteux pour les employeurs, organisent la baisse des salaires ou le recours au travail précaire, affaiblissent la négociation collective au profit d’accords d’entreprises quand ce n’est pas selon le bon vouloir du patron. À titre d’exemple, rappelons qu’une des premières mesures de la Troïka en Grèce avec le 1er mémorandum de 2010 consistait à restreindre les conventions collectives aux dépens des travailleurs dans un pays où le salaire minimum a chuté de 751 à 580 euros.

 

En France, dans une « recommandation » officielle datée du 14 juillet 2015, le Conseil de l’Union européenne somme le gouvernement de Manuel Valls de « faciliter, au niveau des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail ». Un mois et demi plus tard, est publié le projet de loi Travail qui reprend l’essentiel des exigences du MEDEF et obéit aux injonctions de la Commission européenne. Cette dernière en profite alors pour critiquer, dans un rapport annuel, un marché du travail trop « rigide », et s’empresse d’encourager la réforme à venir. Et c’est bien à une démolition méthodique permettant de déstructurer les liens entre salariés et employeurs régis par les conventions collectives et le Code du travail à laquelle nous assistons. Au lieu de défendre les droits humains dans l’entreprise, on fait exactement l’inverse : on subordonne les droits humains aux droits de l’entreprise et de ses actionnaires. Il s’agit d’une véritable contre-révolution au service des financiers. »

 

 

 

Dans Le Grand Soir, Robert Charvin explique comment le capitalisme est en train de liquider le droit international :

 

« Aujourd’hui, à l’instigation surtout des États-Unis, qui ont tous les moyens à leur disposition, le droit international fait l’objet de manipulations : il est instrumentalisé pour des causes qui lui sont contraires. Il est même victime d’une tentative de liquidation, du moins dans tous les secteurs qui handicapent la liberté de manœuvre des grandes puissances, particulièrement les EU.

 

C’est ainsi, par exemple, que la « non ingérence » dans les affaires intérieures des États et des peuples, disposition centrale de la Charte des Nations unies, devient par la grâce « étasunienne » son contraire avec l’ingérence dite « humanitaire » et le « devoir de protéger » les peuples contre leur propre État. La pratique de quelques puissances, désireuses de produire à elles seules un « droit coutumier », devient une source fondamentale en lieu et place de l’accord entre États.

 

 

Cette pratique présente les caractères les plus arbitraires, les plus discriminatoires et les plus contradictoires : elle ne relève d’aucun principe, quel que soit le discours officiel, mais d’une simple évaluation des rapports de force et des possibilités qu’ils ouvrent. C’est qu’en effet dans tous les États, y compris ceux se réclamant haut et fort de la démocratie, la politique étrangère est entre les seules mains des chefs d’État et de gouvernement, assistés de leurs services plus ou moins spéciaux, en collaboration avec les ministres de la Défense et des Affaires étrangères.

 

Les peuples et leurs représentants sont réduits à n’être que des sujets : malgré les discours sur la « mondialisation heureuse ». Seules les organisations populaires peuvent prendre en charge le Droit international, après avoir pris conscience de l’importance politique de ses principes et de ses normes aptes à limiter tous les pouvoirs publics et privés.

 

 

 

Enfin, dans Res Publica, Philippe Hervé consacre une longue analyse à l’uberisation de nos sociétés : « Nous sommes au début d’un processus, sans d’ailleurs savoir si cette forme de rapport social peut être efficiente pour le capital à long terme. Nous assisterions, peut-être, à l’émergence du monde « bio politique » annoncé par Michel Foucault. Ainsi, l’extorsion de la plus-value serait intériorisée grâce à la disparition progressive du salariat et de son caractère coercitif archaïque. Cette forme d’aliénation impliquerait une sorte d’évaporation du concept même de travail, conduisant d’ailleurs à l’émergence d’un travail gratuit, dont la plate-forme serait la seule bénéficiaire en terme de profit. »

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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