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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 05:37

 

Le Grand Soir reprend un article de Nobert Trenkle sur l’islamisme :

 

Il existe un point commun fondamental entre les fanatiques islamistes et leurs adversaires militants de Pegida et du Front National. Dans les deux cas, la force motrice est l’impulsion régressive d’évacuer la pression sociale produite par la crise à travers la discrimination d’un ennemi imaginaire. Face à cela, on s’égare complètement en en appelant à une compréhension « interculturelle » ou « interreligieuse » ; car on n’a pas affaire ici à un conflit entre différentes « cultures », mais à une polarisation agressive entre diverses identités collectives régressives au sein même du système capitaliste mondial, une confrontation qui devient elle-même un facteur de la crise globale, en ce sens qu’elle engendre une sorte d’état de guerre permanent. Il est également vain, dans cette situation, de mettre en avant les valeurs républicaines ou démocratiques de liberté et d’égalité. Ces valeurs ont perdu depuis longtemps leur force de rayonnement parce que l’exclusion sociale et raciste, la monétarisation de tous les domaines de la vie et les incessantes campagnes étatiques de contrôle, y compris dans les démocraties occidentales, les ont vidées de leur contenu.

Revue de presse (176)

Marianne nous informe qu’en ce 26 septembre 2016 s’ouvre le procès de Djemila Benhabib au palais de justice de Montréal, procès intenté par un établissement scolaire privé portant le nom d’Écoles musulmanes de Montréal. Ce procès est cruellement symbolique. D’un côté, des religieux qui encouragent au hijab dès le plus jeune âge dans un pays démocratique. De l’autre une femme libre, militante de l’égalité des sexes et de la laïcité, originaire d’un pays qui a été laminé par l’islamisme. Deux camps, deux visions de la femme, deux conceptions du monde. Beaucoup de féministes, universitaires engagées dans le débat intellectuel et politique, ayant accès à la parole publique, s’expriment très régulièrement dans les médias. Dans ce procès, leur mutisme n’en est que plus révélateur.

 

Cela fait des années que, sur ces thématiques corrélées les unes aux autres – du blasphème à la laïcité, de la liberté de conscience et d’expression à l’égalité des sexes – des féministes envoient des signaux particulièrement dangereux. Où étaient-elles ces derniers mois ? Au nom de l’inclusion et de l’ouverture inconditionnelle à l’Autre, elles défendaient le droit au burkini, caressant les militantes du voile et autres « féministes islamiques » dans le sens du poil. Elles défendaient, par exemple, le droit de la pakistanaise Zunera Ishaq à prêter le serment de citoyenneté canadienne le visage dissimulé conformément à la tradition pachtoune. Le paroxysme de l’incivilité.

 

 

Le site Action Consommateurs Travailleurs  pointe du doigt le manque dramatique de régulations mondiales :

 

Imaginez un policier au carrefour, dépourvu de l’autorité de sanctionner un automobiliste qui passe au feu rouge, n’offrant aucun recours aux piétons renversés et exigeant encore moins réparation auprès du contrevenant… Vous aurez alors un assez bon aperçu de la démission des Etats vis-à-vis du respect des droits de l’Homme par les entreprises qui chapeautent des filières d’approvisionnement internationales. Et on en vient à un jeu de dupe où les entreprises envoient la balle aux Etats nationaux qui à leur tour s’en débarrassent vers des organisations internationales dépourvues de pouvoir de contrainte. Reste alors la sanction du marché : aux entreprises de montrer patte blanche, aux consommateurs de choisir.

 

La mondialisation et la complexification des filières d’approvisionnement diluent le lien de responsabilité entre une enseigne et les travailleurs des usines de confection de vêtements.

 

Plongés dans une économie basée sur la concurrence, les Etats sont à la recherche permanente d’avantages comparatifs. Pour préserver les contrats et les investissements et attirer de nouvelles entreprises, ils sacrifient les normes sociales, environnementales ou fiscales. Ils créent des zones franches d’exportation, qui dans la grande majorité des cas sont synonymes de zones de non-droit défiscalisées. Ils sous-investissent dans l’inspection du travail, avec comme résultat des drames comme l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh. Ou encore, ils refusent d’augmenter le salaire minimum légal au niveau d’un salaire vital, laissant de la sorte les travailleuses et leurs familles vivre dans la pauvreté.

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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